‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 312 sur 431 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

tension suffit pour diminuer lu force du pouls, § 185. Ajoutons que les artères elles-mêmes participent à la contraction, et nous aurons une raison de plus pour expliquer l'affaiblissement du pouls. C'est pour cela que, dans l'état algide très prononcé, le pouls devient le plus souvent insensible à la radiale, et qu'il faut, pour le sentir, explorer un vaisseau d'un plus gros volume. La diminution de la fréquence des pulsations est encore un effet secondaire de la tension augmentée, § 223. L'ensemble des phénomènes circulatoires est donc bien complètement inverse

Fig. 281. Trois types du pouls dans l'algidité. Ligne i, mal de mer; ligne 2, nausées; ligne 3, après un vomissement.

dans l'état de fièvre et dans celui d'algidité. Ainsi, un pouls rare faible, presque entièrement dépourvu de dicrotisme s'observe dans l'état algide. La figure 281 en montre trois types recueillis dans des algid ités de causes différentes : le n° 1 est le pouls du mal de mer; le n° 2 a été pris sur un sujet qui avait des nausées; le n» 3 a été recueilli sur le même sujet, immédiatement après le vomissement'.

1 l.c vom.ssement amène l'algidité. On peut dire que cet effet est constant, car tout individu qui, sous une influence quelconque, est pris de nausées, pâlit subitement; ,1 a les ma.ns froides, le pouls ralenti et plus faible que de coutume- il présente, en un mot, tous les signes de la contraction vasculaire. Mais, dans cet état de a c.rcu ation, il peut exister des degrés très variés. En général, plus la durée et Intensité de 1 état nauséeux sont considérables, plus l'algidité est prononcée. L'ingestion de certaines substances, et particulièrement celle du tartre stibié, peut produire une aHd.te auss, complète que celle du choléra, ce qui a fait donner à cette intoxication le nom de choiera shbie. Certaines plantes de la famille des solanées possèdent la propriété nauséeuse et amènent également l'état algide. Enfin, le mal de mer en même temps qu'il cause des vomissements et des nausées, produit l'étal algide àvt, tous les caractères que nous connaissons.

Quelquefois pendant les efforts du vomissement, il survient, dans l'étal de la circulalion, des changements qui sont les conséquences mécaniques de l'effort et ne durenl pas plus que lui. Ainsi la face se congestionne parfois sous l'influence de la stase du marby. Circulation.

Dans ces cas, l'algidilé se monlre, pour ainsi dire, isolément; il est vrai qu'après celle période de froid la circulation s'accélère légèrement; mais ni la force, ni la fréquence du pouls, ni l'élévation de la température superficielle, n'excèdent beaucoup le degré normal. Dans les maladies à deux stades, l'algidité est, au contraire, suivie d'un étal fébrile très prononcé. Le pouls, de

Fig. 282. Série de sphygmogrammes recueillis aux différents stades d'une fièvre intermittente.

(Dr Imans.)

faible et rare, devient fort et fréquent; et si l'on suit, à courts intervalles, les modifications que présentent les sphygmogrammes, on assiste à toutes les phases de la transformation de l'état circulatoire.

Voici quelques exemples de cette transformation du pouls. La figure 282 montre les caractères du pouls dans les stades de froid, de

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sang veineux; les battements du cœur se précipitent pendant ces mômes efforts, mais, -bientôt après, ils reprennent la lenteur qui est le caractère ordinaire de l'algidité.

J. Hunter (ïoc. cit., liv. III, p. 377) avait été frappé de cette coïncidence de l'abaissement de la température avec le vomissement. Il en avait tiré celle conclusion que le siège de la calorification réside probablement dans l'estomac. Aujourd'hui que l'action du grand sympathique est connue, on comprend qu'une môme influence de ce nerf s'exerce à la fois sur l'estomac, sur l'intestin et sur les vaisseaux.

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CHAPITRE XXXV. 579 chaleur et de sueur d'un accès de fièvre intermittente. Cette figure est extraite d'une série des sphygmogrammes qui m'a été adressée en 1863, par le Dr Imans, d'Utrecht. Les nus 1 et 2 Correspondent à des jours d'apyrcxie; le n° 3 est recueilli pendant un stade de l'roid, à 6 heures et demie du soir. A 9 heures, le malade était dans le stade de chaleur (ligne 4), à il heures,, dans le stade de *ueur(hgne 5). On administra du sulfate de quinine et le lende-

Fig. 283. Série de sphygmogrammes recueillis aux différentes phases d'une lièvre i„te„mlleule.

main le pouls avait repris les caractères de l'apyrexie (lignes 6

La figure 283, empruntée à Lorain, montre (ligne l) le pouls dans lapyrexie; (ligne 2), un stade de froid; (ligne 3 et 4), chaleur et sueur; (ligne 5), apyrexie ; (ligne 6), nouveau stade de froid

Enfin la figure 284 correspond aux changements du pouls cli^z

malÎdfe iqUC ^ ^ ****** et de r4aotion fébrile de !»

Hn comparant entre eux les différents types du pouls qui viennent dôfre représentés, on aperçoit certaines différences. Ainsi,

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à égale faiblesse des pulsations, on n'observe pas toujours une égale diminution de leur nombre : c'est que l'état algide peut tenir à des causes diverses qui n'ont de caractère essentiel que la diminution de la circulation périphérique.

Fig. 284. Série de sphygmogrammes recueillis aux différente stades du choléra. Algidité extrême, ligne 1 ; l'algidilé décroit peu à peu, lignes 2, 3 et 4; la réaction fébrile se voit ligne 5; nouvelle algidité, ligne 6. (P. Lorain.)

Des différentes sortes d algidité.

§ 410. — Dans le corps tout entier, comme dans un organe isolé, la circulation peut être ralentie par deux causes : par la contraction ^ ryv^ excessive des petits vaisseaux, ou par la diminution de l'afflux du

l*o<s>~*~<* sang. Les mêmes effets se produisent sur la circulation d'un

;£vwww membre, soit qu'on galvanise les branches du grand sympathique

'M-U^ qui s'y rendent, soit que l'on comprime l'artère afférente, car

o, U~ dans les deux cas la pression du sang est trop faible pour lutter fji^ U< ' contre le resserrement des vaisseaux. De même, l'algidite pourra se ^yyJ^- (/v 1.^' produire dans deux conditions opposées : soit qu'un spasme vasculaire généralisé entrave la circulation, soit que la quantité de sang que contiennent les artères soit insuffisante à les remplir. Une hémorrhagie abondante donnerait naissance à cette dernière sorte d'algidité, mais alors, indépendamment de la cause évidente de cet état algide, certains signes objectifs permettraient de le

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