CHAPITRE XXXVI
coïncidait avec un pouls extrêmement rapide; cela s'observe souvent aussi dans le choléra. Celle accélération du rythme cardiaque semble liée à l'élévation de la température centrale. La chaleur, en eflet, accélère les mouvements du cœur, § 29.
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Fig. 290. Courbes des températures dans la fièvre algide pernicieuse.
Rapports entre la température centrale et la fréquence du pouls.
§ 423. — Depuis que l'usage du thermomètre s'est répandu en clinique, on a souvent constaté que la fréquence du pouls augmente et diminue avec la température. Quelques médecins ont même pensé que l'emploi du thermomètre dispensait de compter le pouls, mais d'autres ont signalé des contradictions marquées entre la fréquence du pouls et la température; ce désaccord a été observé principalement dans les états algides.
La contradiction en effet est formelle, si l'on considère comme ayant une température basse tous les malades qui ont la peau froide. Mais si l'on tient compte des deux états opposés dans lesquels la surface des téguments se refroidit, et si l'on distingue l'algidilé profonde de l'algidité superficielle, on verra disparaître en partie la contradiction apparente entre la fréquence du pouls et la température. On trouvera le pouls rare dans les cas où la f uJL^ t, ^4^production de chaleur diminuée refroidira le corps jusque dans sa profondeur : il en est ainsi dans l'inanition1 et dans les em- ^ .
l. Chez un Arabe qui mourait d'inanition dans la dernière famine d'Algérie, la tem- eu *— pérature axillaire étant tombée à 36°, le pouls ne battait plus que 58 fois par minute. (Hulinel, les Températures basses centrales. Thèse agrég., Paris, 1880, p. 35.)
poisonnements dont il a été question au g 417. Le pouls sera fréquent, au contraire, quand le froid superficiel sera accompagné d'élévation de la température profonde.
Ce qui a été dit au chapitre xxi, relativement aux causes qui modifient la fréquence du pouls, montre la complexité de ce problème où interviennent l'état de la tension artérielle, celui de la circulation pulmonaire, et la température à laquelle le cœur est ° T soumis.
Des sensations de chaleur et de froid chez les malades.
kJfj / ' § — Une autre contradiction a frappé les médecins : c'est
que les malades accusent souvent une sensation de froid tandis qu'on leur trouve la peau très chaude, et qu'ils se plaignent d'une chaleur ardente tandis qu'ils ont la peau glacée. Hufeland a dit que souvent le > frisson c/ît plutôt dans la sensation qu'il ne tient à un abaissement réel de la température. Souvent, en effet, quand un malade éprouve un frisson et accumule sur lui les couvertures, si nous touchons sa peau nous la trouvons brûlante. Mais il est d'autres cas où les malades semblent avoir conscience d'une production excessive de chaleur dans leurs organes : on en voit qui s'exposent nus à l'air extérieur ou se jettent dans l'eau pour enlever à leur corps cet excès de chaleur dont ils souffrent.
A quoi tiennent ces différentes appréciations faites par le malade ? La sensation de frisson se produirait-elle au moment où la chaleur, arrivée à un très haut degré, commence à s'éliminer par une circulation plus rapide? Cette sensation accuserait-elle une prédominance de la perle sur la production de chaleur? On obtiendra peut-être la solution de ces questions en déterminant avec deux thermographes les variations des températures superficielle et profonde chez les malades.
Les malades qui ont la peau chaude accusent tantôt un froid intérieur et tantôt une chaleur profonde. Gela doit tenir à des différences réelles dans leur température centrale. En effet, nous avons déjà vu, § 419, que les malades dont la peau est froide sont parfaitement renseignés, par leurs sensations, sur l'état de leur température intérieure. En effet, le cholérique algide qui nous semble froid a parfaitement conscience de la température élevée qui règne à l'intérieur de son corps et que le thermomètre y révèle,