‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 326 sur 431 · CHAPITRE XXXVil · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVil

I plus gros calibre des artères auxquelles s'étend le relâchement.

Si l'on demande à la physiologie d'expliquer les conditions si diverses dans lesquelles l'hypérémic se produit, on tire encore quelques lumières du rapprochement des observations cliniques et des résultats de l'expérimentation physiologique. En effet, tandis que dans certaines hypérémies il semble que la contractilité vasculaire ait été épuisée sur place, comme cela arrive par l'action d'une chaleur excessive ou par des excitations trauma tiques trop fortes ou trop longtemps répétées, on voit d'autres fois l'hypérémie se produire d'une manière réflexe, pour ainsi dire. Il semble, comme le supposait Plenle, qu'une impression sensitive amène un relâchement réflexe des vaisseaux. Beaucoup d'hypérémies physiologiques ont cette origine : c'est ainsi que se produit la dilatation des vaisseaux de la glande sous-maxillaire, à la suite d'une impression sapide s'exerçant sur la muqueuse delà langue ; le même mécanisme s'observe pour la plupart des glandes.

Les hypérémies pathologiques paraissent reconnaître quelquefois une pareille origine. Ayant observé que si l'on plante un clou dans la patte d'un chien, ce traumatisme amène une violente congestion suivie d'inflammation de la partie blessée, et parfois d'une fièvre intense, Cl. Bernard répéta la même expérience après avoir coupé les racines nerveuses sensitives du membre, et vit qu'il ne se produisait plus ni congestion, ni inflammation, au voisinage de la blessure. Des injections de sable dans l'artère crurale provoquent une inflammation violente et quelquefois la gangrène du membre ; après la section des nerfs, elles ne donnent lieu qu'à des accidents faibles et limités. J'ai moi- ' même observé des effets de ce genre. Après avoir coupé sur un lapin le nerf sciatique et le crural d'un seul côté, je fis aux deux pattes des injections d'ammoniaque. Le lendemain, la patte dont les nerfs avaient été coupés ne présentait pas de réaction inflammatoire, tandis que sur celle dont les nerfs étaient intacls un phlegmon volumineux s'était développé. w^Li tJ

D'après Chalvet1, cette donnée physiologique aurait été appli- A-~5' quée en médecine vétérinaire. Dans les inflammations du pied qui se produisentsouventchezle cheval, la section des nerfs abolirait la douleur que provoque la marche, et de plus amènerait la guérison rapide des inflammations, si elles se sont déjà produites.

t. Chalvet, Physiologie pathologique de l'inflammation. Paris, 1869.

Que de fois n'observe-t-on pas chez l'homme que la douleur causée par la présence d'une épine dans les lissus provoque une hypérémie qui s'élend plus ou moins loin autour du point léséj l'extraction du corps étranger fait disparaître à la fois la douleur et les troubles circulatoires qui l'accompagnaient. Rien plus, nous avons vu, § 252, comment, après l'ablation de la cause irritante, les tissus traduisent par leur pâleur qu'un pesserremeni vasculaire a succédé au relâchement.

Quand l'irritation est intense et persiste longtemps, elle peut amener un relâchement vasculaire beaucoup plus généralisé, la fièvre traumatique. La section des nerfs sensibles empêcherait également la production de cette fièvre.

De l'anémie locale.

§ 429. — Si la pathologie offre des exemples de relâchement vasculaire local accompagné de tous les phénomènes circulatoires qui suivent la section du grand sympathique, elle en offre aussi de tout contraires. Il y a des cas de resserrement vasculaire plus ou moins localisé, amenant dans la partie qui en esl le siège tous les effets que provoque la galvanisation du grand sympathique.

L'anémie ou Vasphyxie locale, pour employer une expression introduite par Boyer, consiste en un resserrement des vaisseaux qui porte ordinairement sur une région restreinte, sur les doigls ou les orteils principalement.

Parfois, le resserrement vasculaire s'étend jusqu'aux artères afférentes qui cessent alors de battre. La région atteinte par cette anémie locale est pâle, exsangue, froide, insensible aux attouchements et même aux piqûres Dans certains cas, il semble que le resserrc-| ment ne porte que sur lesvaisseaux artériels ; les veines sont alors gorgées d'un sang noir et donnent aux tissus l'apparence d'une cyanose locale. Raynaud1, qui a rassemblé un certain nombre d'observations de ce trouble circulatoire, en montre l'analogie ave le resserrement vasculaire que produit l'action du froid. En effet,

1. M. Raynaud, de V Asphyxie locale et de la gangrène symétrique des extrémités, thèse, Paris 186.!, el Nouvelles recherches sur la nature cl le traitement de l'asphyxie locale des extrémités [Arch. gén. de méd., janv. 1874).

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