CHAPITRE XXXVII
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§ 437. — L'œdème, ou infiltration séreuse du tissu conjonctif, est souvent lié à des troubles circulatoires dont il paraît être un - ' 1 *\' effet mécanique. Bouillaud1 a démontré qu'un obstacle à la circulation veineuse peut, à lui seul, produire l'œdème. Il semble que A* le mécanisme de cet accident soit assez simple. La pression du ./ /. sang s'élève dans les veines en amont de l'obstacle, et sous JU^.^k l'influence de cette pression intérieure excessive les veines laissent exsuder au dehors une partie de la sérosité du sang. Dès " que l'obstacle est enlevé, ces mêmes veines, devenant le siège IXZTuL^ d'un phénomène osmotique de sens inverse, résorbent la séro- ij*»^'^^ sité épanchée. a^^ù
Des expériences nombreuses deRanvier,2 de Boddaert5 et de f plusieurs auteurs allemands ont montré que la ligature d'une A*-*^ veine ne suffit pas toujours pour amener un œdème dans la région où la stase sanguine se produit, tandis que, si l'on combine avec cette ligature la section des nerfs vaso-constricteurs, on voit l'œdème apparaître. Ainsi, le relâchement des vaisseaux est une condition pathogénique de l'œdème; du reste, cela s'accorde avec ce que l'observation clinique révèle, à savoir que les tissus voisins d'un phlegmon sont presque toujours envahis par un œdème plus ou moins prononcé.
. § 438. — Le relâchement vasculaire semble devoir être rapproché de l'obstacle à la circulation veineuse, au point de vue des effets mécaniques qui en résultent. De part et d'autre, les petites veines et les capillaires veineux sont le siège d'une élévation de la pression du sang et, par conséquent, se trouvent dans les conditions favorables à une exosmose de sérosité.
Au chapitre xxn, § 235, où ont été indiquées les variations de la pression du sang dans les vaisseaux capillaires, on a vu que, selon que ces petits vaisseaux sont resserrés ou relâchés, la pression
1. Bouillaud, de l'Oblitération des veines et de son influence sur le développement des hydropisies partielles (Arch. de Méd., 1823).
2. Ranvier, Recherches expérimentales sur la production del'œdème [Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1869).
3. Boddaert, Note sur la pathogénie du goitre exophthalmique. Gand, 1869.
s'abaisse ou s'élève du côté veineux, suivant en cela une variation tout inverse de celle qui se produit du côté artériel. Ainsi, un Relâchement vasculaire (fig. 201) élève la pression dans les capillaires veineux et dans les veines. Il se produit donc un effet commun sous l'influence de deux étals qui semblent d'ailleurs totalement opposés : un obstacle veineux qui ralentit le cours du sang, et un relâchement capillaire qui accélère ce cours. Cet effet commun, ce serait l'élévation de la pression dans les radicules veineuses; c'est sous l'influence de cette élévation de la pression du sang que la sérosité tendrait à s'épancher dans le tissu conjonctif.
Outre ces causes, l'œdème en reconnaît un grand nombre d'autres; ainsi, un obstacle à la circulation lymphatique, une altération du sang comme dans l'albuminurie, parfois môme un obstade à la circulation artérielle. Les maladies du cœur, principalement dans leur phase dite asystolique, amènent l'œdème. Serait-ce, comme on l'a supposé, par une exagération de la pression veineuse? Cette augmentation de pression est réelle, mais semble trop peu prononcée pour amener l'œdème à elle seule. Il y a donc lieu de faire des réserves au sujet des différentes formes de l'œdème, et de ne pas discréditer, en la généralisant présentement, la théorie de l'accroissement de la pression dans les veines.