‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 332 sur 431 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Si l'on cherche, dans les Bulletins de la Société anatomigue, quel était l'état du cœur dans l'altération sénile des artères, et quel était l'état des artères dans les hypertrophies du cœur qui ne dépendaient pas d'une lésion des orifices, on trouve un certain nombre d'observations où la coïncidence de l'ossification artérielle avec l'hypertrophie du ventricule gauche est signalée.

Mais, depuis que mon attention a été attirée sur cette liaison nécessaire de l'ossification artérielle avec l'hypertrophie du ventricule gauche, j'ai souvent cherché l'occasion d'en vérifier

l'existence dans les autopsies, et ne l'ai jamais vue manquer, ni sur les vieillards, ni sur les jeunes sujets atteints prématurément d'ossification artérielle.

L'altération sénile des artères s'accompagne de dilatation

de ces vaisseaux.

§ 441. — Tout le monde sait que les artères sont ordinairement ^ ; volumineuses chez les vieillards; elles forment de gros cordons £ que l'on sent rouler sous le doigt à travers les parties molles. En outre, les artères s'allongent et deviennent flexueuses à mesure qu'elles perdent leur élasticité. La dilatation des artères péri- X pheriques est encore surpassée par celle que l'aorte présente, surtout au niveau de sa crosse, au point d'où émergent le tronc '^^^^ ? brachio-céphalique et la carotide gauche.

Il est vraisemblable que l'hypertrophie du cœur contribue fortement à cette dilatation aortique, de sorte que les deux lésions organiques s'influenceraient réciproquement. Ce qui prouve que la pression du sang est la cause immédiate de cette dilatation, c'est que les points les plus dilatés sont précisément ceux contre / lesquels le sang fait le plus grand effort. Ainsi, la crosse de l'aorte ^T^JT se gonfle en ampoule du côté de sa convexité, c'est-à-dire dans le jA* sens du courant sanguin produit par la systole ventriculaire. c-^^ Celle ampoule acquiert souvent un développement très grand et peut se rompre comme un anévrysme; c'est toujours du côté de la convexité que la rupture se produit. La direction du courant sanguin explique aussi pourquoi les carotides et les sous-clavières <■ sont ordinairement très dilatées, tandis que les iliaques le sont très peu. Enfin, des raisons physiques font que cette dilatation tend toujours à s'accroître, car plus un vaisseau est large, plus est grand l'effort que doit supporter sa paroi, § 45 (note).

Troubles fonctionnels produite par 1 altération sénile des artères.

g 442. — Tous les avantages de l'élasticité des artères, % 102 et 103, disparaissent peu a peu par l'ossification sénile de ces vaisseaux; la régularisation du cours du sang devient de moins en moins parfaite, ce qui se traduit chez les vieillards par des pulsations artérielles plus fortes. Ces écarts plus grands entre les vpT~'maxima et les minima de tension sont encore augmentés à mesure que l'hypertrophie ventriculaire gauche s'accentue davantage; et comme, d'autre part, les artères ainsi altérées ont moins de résistance à la rupture, on conçoit qu'il en résulte une prédisposition aux hémorrhagies.

Diagnostic de l'altération sénile des artères d'après les caractères

du pouls.

§ 443. — La gravité des accidents auxquels expose cette altération des artères en rend le diagnostic très important. Le signe r»lvW caractéristique, la dureté et la rugosité des artères superficielles, manque souvent; à son défaut, la force et la brusquerie du pouls ont une certaine valeur, mais sa forme sphygmographique toute

Fig. 291. Schéma pour montrer l'analogie du pouls sénile avec la pulsation cardiaque.

particulière mérite une mention spéciale : c'est à coup sûr le caractère le plus important. Cette forme rappelle beaucoup celle de la pulsation du cœur lui-même, pour des raisons que nous allons exposer.

Plus les artères sont élastiques, plus elles transforment le mou- U*~ ^2 vement imprimé au sang par la systole ventriculaire, et plus la vv^. forme du pouls s'éloigne de celle de la pulsation du cœur. Lorsj k que, au contraire, l'élasticité artérielle disparait, le pouls doit^

Page 1