CHAPITRE XXXVIII
cille gauche présente, dans l'altération sénile des artères, des ca-
ractères particuliers. La figure 296 est formée de trois cardiogrammes obtenus sur des vieillards : ligne 1, 76 ans; ligne 2, 89 ans; ligne 3, 88 ans. Dans tous ces tracés, la systole vcntriculaire débute par une brusque ascension suivie d'une chute légère qui précède un sommet arrondi. Il semble que, dans l'énergique soulèvement de la pulsation du cœur à son début, on puisse reconnaître l'effet ^ j^w^ %U«up de l'iiyperlrophie du ventricule gauebe ; mais il faut attendre, pour u^J^ lyf^ se prononcer sur la valeur de ce caractère, que les observateurs aient rassemblé de plus nombreux documents sur la forme sénile de la pulsation du cœur.
Oblitération «les artères.
§ 446. — Lorsqu'une artère est oblitérée par un caillot qui la remplit, par une ligature, ou par une compression qui y arrête le cours du sang, la portion du vaisseau située au-dessous de l'obstacle revient sur elle-même, en vertu de son élasticité, et se vide en partie du sang qu'elle renfermait. Le doigt, en explorant celte région de l'artère, n'y perçoit pas de battements; cependant, au-dessous de l'obstacle, le vaisseau contient encore du sang,'
car si on l'ouvre, un courant rétrograde s'établit et produit une ^ hémorrbagie; de légères saccades dans le jet du sang qui s'écoule prouvent qu'il doit rester en ce point un vestige de la pulsation. C'est par les anastomoses collatérales que le sang arrive dans le tronçon inférieur de l'artère; plus ces voies sont étroites, plus la pression est basse au-dessous de l'obstacle, et plus les pulsations y sont éteintes. ,
Au bout d'un certain temps la circulation se rétablit dans l'ar- 1ère et celle-ci reçoit, par ses anastomoses avec les vaisseaux & voisins, assez de sang pour fournir à la circulation des organes auxquels elle se distribue. Le pouls reparaît alors et si des troubles fonctionnels s'étaient produits, immédiatement après l'oblitération du vaisseau, on les voit disparaître. Ces troubles consistent d'ordinaire en pâleur, refroidissement et quelquefois paralysie de la sensibilité et du mouvement dans les parties où la circulation était insuffisante
Si nous cherchons comment le sang est arrivé à se frayer des voies nouvelles, nous voyons que les lois physiques rendent
. compte de ce qui s'est passé. Une augmentation de la pression du smg s'est produite dans les artères collatérales, et sous cette pression plus forte, ces vaisseaux se sont dilatés.
Dilatation des collatérales après l'oblitération d'une artère.
§447. — Toutes les fois qu'un vaisseau donne naissance à plusieurs branches, si l'on ferme l'une d'elles, la pression augmente dans les autres, § 121. C'est cette pression intérieure plus forte qui dilate peu à peu les branches restées perméables, de sorte que si l'on injecte au bout de quelque temps un membre dont l'artère principale a été liée, on voit que des branches de second ou de troisième ordre sont devenues des artères volumineuses, à
Fig. 207. Réparation graduelle de la pression artérielle dans le bout supérieur d'une carotide de cheval après ligature. — Ligne l, pouls avant la ligature; lignes 2, 3, 4, pouls du tronçon périphérique recueilli dans une série d'instants successifs après la ligature.
travers lesquelles la circulation s'est rétablie. Celle dilatation des branches collatérales tend à se produire à partir du moment où le tronc principal a été oblitéré.
Or, à travers ces voies élargies les pulsations se transmettent dans le bout inférieur de l'artère; leur force augmente à mesure que les collatérales se dilatent, de sorte que si l'on dispose d'un moyen délicat d'apprécier les pulsations artérielles, on pourra suivre les progrès de la réparation du cours du sang, d'après la forme et l'amplitudedu pouls qui réapparaît au-dessous de l'obstacle. Cette réparation est extrêmement rapide dans certains cas-