‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 337 sur 431 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

jours en diminuant, tandis que pour la collatérale c, clic ira en augmentant avec le calibre mémo de cetlc artère, § 45.

Enfin, les changements de calibre des vaisseaux anastomotiques s'arrêteront quand leurs diamètres seront devenus suffisants pour laisser passer le courant sanguin sans créer, au-devant de lui, plus d'obstacles qu'il n'en existait avant la ligature d'une des branches.

Des modifications qu'éprouve le pouls au-dessous d'une oblitération artérielle.

§ 449. — Le pouls ne disparaît dans une artère oblitérée qu'en raison de la difficulté que le sang éprouve à revenir par les collatérales en aval de l'obstacle. A mesure que les voies anastomotiques s'élargissent, la pulsation réapparaît et prend une intensité croissante. Le sphygmographe, plus sensible que le doigt à ces pulsations, en indique l'amplitude graduellement croissante, et permet ainsi de suivre pas à pas les progrès du rétablissement de la circulation.

On a vu g 447, que ce rétablissement se fait avec une grande % > rapidité dans la carotide du cheval puisque, dix minutes après la ligature, les pulsalions inscrites au sphygmoscope avaient repris une amplitude assez grande et commençaient k présenter dans leur forme les détails normaux de la pulsation carotidienne.

Mais il ne faudrait pas s'attendre à trouver sur toutes les artères liées un retour aussi rapide de la pulsation. Chez le cheval, en effet, les deux carotides communiquent, sous la base du crâne,'par un riche plexus anaslomotique à travers lequel le sang passe facilement d'un côté k l'autre. Mais lorsqu'on lie sur l'homme un A— tronc artériel volumineux, ou bien lorsque ce tronc est oblitéré ! ; par un caillot qui le ferme entièrement, il arrive souvent que les anastomoses sont insuffisantes pour rélablir la circulation ; le malade est alors exposé à une gangrène des parties où le sang ■' n'arrive plus en quantité suffisante. Aussi dans ces circonstances les médecins explorent-ils anxieusement le vaisseau oblitéré, cherchant chaque jour si quelque pulsation légère ne leur annoncera pas que le cours du sang se rétablit.

La faiblesse et la forme particulière des pulsations récurrentes font qu'elles échappent au toucher pendant longtemps, et que par* * lois on ne les sent pas encore lorsque déjà le retour de la chaleur

el delà coloration delà peau annoncent que le danger d'une gangrène est conjuré. Le sphygmographe perçoit, longtemps avant le doigt, le retour de ces pulsations récurrentes dont la période d'expansion souvent extrêmement lente n'éveille aucune sensation tactile, fJ 179.

Ainsi, le sphygmogramme 299 est pris sur la radiale droite d'un homme qui, à la suite d'une lésion de la valvule milrale, avait eu

Fig. 29!). Modifications du pouls au-dessous de l'embolie de l'artère numérale. (Pouls insensible

au doigt.)

une embolie de l'artère humérale ; l'embolie datait d'un mois, etil y avait eu des menaces sérieuses de gangrène du membre. La radiale gauche donnait un pouls d'un tout autre caractère et très sensible au toucher, tandis que le pouls du côté droit n'était pas perceptible au doigt. L'amplitude était cependant plus grande pour la pulsation qui ne se sentait pas; nous avons dit, § 179, que c'est la

Fig. 300. Retour graduel du pouls radial après une ligature de l'humorale, (t, côté sain, — 1, côté opéré, huit jours après la ligature, — 3, onze jours après, — 4, dix-sept jours après).

forme de la pulsation caractérisée par une période d'expansion lente qui la rend insensible au tact.

Sur un malade à qui l'on avait pratiqué la ligature de l'artère humérale à cause d'un anevrysme, je pus assister à toutes les phases de la dilatation des branches anastomoliques et au rétablissement de la circulation.

Le premier examen ne fut fait que dix jours après la ligature de

Page 1