‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 34 sur 431 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ludwig détachant, par une section transversale, la pointe du ventricule du cœur de la grenouille, vit qu'elle cessait de battre, tandis que le reste du cœur conservait ses mouvements; il en conclut que la présence des ganglions du cœur est la cause du rythme cardiaque. Ces ganglions agiraient comme des centres nerveux, se chargeant et se déchargeant à intervalles réguliers, pour provoquer le mouvement dans les fibres musculaires du cœur.

Le rôle des ganglions se compliqua bientôt. Stannius1 annonça que si l'on place une ligature serrée sur le sinus veineux de l'oreillette (au niveau des ganglions de Remak), le cœur s'arrête tout entier; il vit, en outre, que si, par une autre ligature, on étreint le cœur au niveau du sillon auriculo-ventriculaire, on rétablit les battements du cœur.

La conclusion de Stannius fut qu'il y avait deux sortes de ganglions, les uns présidant à l'arrêt, les autres au mouvement du cœur; qu'en posant une ligature sur le sinus veineux, on irrite le ganglion de Remak qui préside à l'arrêt du cœur; tandis qu'en liant le cœur au niveau du sillon auriculo-ventriculaire, l'irritation porte sur les ganglions de Ludwig et provoque l'action.

L'attention des physiologistes une fois attirée sur ce sujet, les expériences se succédèrent rapidement; la plupart des auteurs confirmèrent les résultats obtenus par Stannius, mais quelquesuns en modifièrent l'interprétation.

§ 33. — Eckhardt2 posa cette question : Que fait-on en appliquant une ligature au niveau d'un ganglion nerveux, l'excite-t-on ou au contraire le détruit-on? L'auteur que nous citons se rattacha à cette dernière hypothèse, c'est-à-dire admit qu'une ligature détruit les ganglions ou, tout au moins, en intercepte les communications avec le cœur.

De ce jour, les expérimentateurs se partagèrent en deux camps que l'on peut définir, les partisans de l'excitation des ganglions, et les partisans de la suppression du rôle de ces organes par la ligature3.

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