CHAPITRE XXXIX
Il en sera autrement si l'anévrysme siège en deçà de l'origine du ffc.'e^ tronc brachio-céphalique, ce qui influencera égalementle pouls de nAJ^j-*^ toutes les artères et en exagérera le retard. Les anévrysmes de l'aorte ^ ^ descendante, s'ils s'ouvrent au-dessous de l'origine de la sous- j ^j^^/oû^n*^ clavière gauche, n'accroîtront pas le retard du pouls des radiales 1 ni des carotides, mais seulement celui des artères des membres inférieurs: On entrevoit le nombre considérable des variétés qui peuvent se produire suivant le siège, le volume et l'élasticité des ^ "[/"^ tumeurs anévrysmales, suivant que le développement de ces tumeurs intéresse l'origine de certaines artères, ou en comprime certaines autres. L'expérience seule permettra d'établir les éléments du diagnostic de ces différentes formes d 'anévrysmes; il appartient aux cliniciens de réunir les documents nécessaires à cet ésrard *.
g 462.— Influences exagérées de la respiration sur le pouls, dans les cas d'anévrysme de V aorte. — La théorie des influences de la respiration sur le pouls faisait prévoir que si l'aorte porte une poche ané- ^
Fig. 310. Influences exagérées de la respiration sur le pouls radial dans un cas d'anévrysme volumineux de l'origine de l'aorte. (I, inspiration; E, expiration.)
vrysmale volumineuse, les alternatives de pression accrue ou diminuée autour de cette poche, aux différentes phases de la respiration, se traduiront, du côté du pouls, par une ondulation de la ligne d'ensemble du sphygmogramme, ondulation beaucoup plus prononcée que celle qu'on. observe à l'état normal. L'expérience a vérifié ces prévisions ; on voit (fig. 310) un sphygmogramme obtenu dans un cas d'anévrysme de l-'aorte.
La théorie indique également qu'un anévrysme de l'aorte abdominale devra présenter, sous l'influence de la respiration, des
1. Des essais dans cette direction ont été faits par François-Franck avec le concours deplus.eurs médecins des hôpitaux de Paris. Deux mémoires de cet auteur ont été publiés : Recherches cliniques et expérimentales sur la valeur comparée des sionrs fournis par l'examen du pouls radial,etc. [Journ. de l'anal, et de la physiol t XIV) et Recherches sur le diagnostic du siège des anévrysmes de l'aorte (ibid>, t XV 1879)
effets inverses de ceux de l'anévrysme aortique. C'est-à-dire que l'inspiration élèvera la ligne d'ensemble, et que l'expiration la fera ij baisser. Je n'ai pas eu l'occasion de vérifier la réalité de cette
supposition, mais il ne me semble pas douteux qu'il n'en soit ainsi. L'expérience devra se faire en inscrivant à la fois le pouls avec le sphygmographe, et la respiration avec le pneumographe.
L'effort produirait, dans le cas d'anévrysme aortique inclus dans la cavité thoracique, des effets plus prononcés qu'à l'état normal, et ces effets seraient les mêmes, quel que soit le siège de la tumeur. Mais il pourrait être dangereux pour le malade de chercher à vérifier cette prévision.
Des auévrysmcs cirsoïdes et des tumeurs érectiles.
§ 463. — On appelle ainsi des tumeurs formées par des artérioles devenues assez volumineuses pour être le siège de mouvements d'expansion isochrones au pouls des artères. Dans ces tumeurs, le mouvement d'expansion total peut être très considérable, car il
Fi". 3U. Pulsations totalisées des petils vaisseaux recueillies à la surface d'un fongus hén.atode
du tibia.
résulte de la somme des expansions d'un grand nombre de vaisseaux qui, non seulement relâchés, mais définitivement élargis, éprouvent des variations de pression semblables à celle des artères. La figure 311 montre les pulsations d'une tumeur qui préfsjjj3~- sente des effets analogues à ceux des cirsoïdes ; il s'agissait d'un
U^-j , fongus hématode du tibia. Les caractères de la transformation t^- du pouls par l'anévrysme s'observent dans ce tracé.
Plus les vaisseaux qui forment la tumeur seront volumineux, , plus les pulsations [présenteront le caractère du pouls normal ; fl/T^l'étroilesse des vaisseaux éteindra, au contraire, les variations de IW~ pression, et donnera à chacune des inflexions de la courbe la forme d'un arc de cercle dont le rayon sera d'autant plus grand