CHAPITRE XXXIX
que les vaisseaux seront moins larges. Les bruits de souffle qui se produisent dans ces tumeurs lorsqu'elles 'offrent de larges communications entre les vaisseaux artériels et les vaisseaux veineux sont un élément important de diagnostic; nous en parlerons au chapitre prochain.
Évolution et traitement des anévrysmes.
g 464. — Si une tumeur anévrysmale n'acquérait pas une résistance de plus en plus grande, elle tendrait à s'accroître rapidement et à se rompre à bref délai. En effet, par cela seul que la tumeur présente un diamètre plus grand que l'artère d'où elle émane, ses parois supporteront un effort dilatant plus grand, § 45. La valeur de cet effort est proportionnelle au rayon de la tumeur , de sorte que, par le fait qu'elle est volumineuse, une poche anévrysmale tend à grossir encore. Mais, dans les anévrysmes des membres, les tissus environnants, refoulés et condensés par le développement de l'anévrysme, ajoutent leur propre résistance à celle des parois du sac, et cela limite souvent le développement de la tumeur. Il n'en est point ainsi, ordinairement, des anévrysmes de l'aorte qui se développent jusqu'à leur rupture, soit au dehors, soit à l'intérieur des cavités splanchniques.
Puisque c'est la pression du sang de l'artère afférente qui, mul- n . —a— tipliée par l'étendue de la poche, constitue l'effort tendant à dilater l'anévrysme, il est évident que si l'on diminuait la près- h^y, j^sion sous laquelle le sang pénètre dans la tumeur, celle-ci trouverait dans la force élastique de ses parois le moyen de revenir sur elle-même. En vertu de ce retrait, ses parois s'épaissiraient et prendraient plus de résistance. De là résulterait une tendance régressive, conduisant peu à peu l'anévrysme à la guérison. C'est ainsi que s'expliquent les remarquables résultats de la compression indirecte dans le traitement des anévrysmes dont l'artère afférente est accessible. On comprime l'artère en amont de la ^ tumeur, le plus complètement et le plus fréquemment possible, et l'on obtient une réduction graduelle du volume de l'anévrysme; r souvent la guérison arrive en peu de temps. Or, à mesure que la tumeur diminue de volume et gagne en épaisseur, les changements qu'elle imprime au pouls deviennent de moins en
moins prononcés, do sorte qu'on peut suivre les progrès de la guérison, d'après le retour du pouls à son type normal1. Ce moyen d'estimer les progrès obtenus semble précieux pour soutenir la patience du malade et la persévérance du chirurgien.
]. Segay, du Spliygmographe dans la cure des anévrysmes, Bordeaux (Bulletin de l'Association française pour V avancement des sciences, 1872).