CHAPITRE XL
mettent d'accord avec la nouvelle nature de l'anévrysme, le thrill disparaît et le souffle devient intermittent1.
Pour justifier l'interprétation qui vient d'être donnée du mécanisme des souffles dans l'anévrysme artério-veineux, on recourt utilement à l'emploi du schéma. La figure 315 montre la disposition à laquelle j'ai recouru avec succès.
Un tube artère a a se continue par un capillaire étroit c avec un tube veine v v. Entre ces deux tubes est une ampoule de caoutchouc qui communique par un petit orifice o o'avec chacun d'eux. Lorsque la circulation s'effectue dans l'appareil, on constate sur l'anévrysme les phénomènes suivants :
Le bruit continu avec renforcements qui s'entend sur la tumeur
Fi
yffy 315. Disposition schématique employée pour imiter les phénomènes de
artério-veineux.
anevrysme
peut se dissocier en un bruit intermittent dont le siège est au point o, au niveau duquel pénètre le sang artériel, et un bruit continu avec thrill au point o', c'est-à-dire à l'orifice veineux Le bruit intermittent semble- plus prolongé que dans un anévrysme artériel, ce qui s'explique par ce fait, que la tension dans la tumeur met plus de temps à s'élever à cause de la quantité de sang qui s'échappe constamment par l'ouverture veineuse.
Si l'on comprime la veine au point o, on supprime le thrill et le souffle continu, l'anévrysme devenant exclusivement artériel.
1 . La môme transformation des bruits de l'anévrysme artério-veineux s'observe aussiquand la tumeur siège à un membre et que ce membre est tenu en élévation. Nélaton {de l'Influence de la position dans les maladies chirurgicales, thèse de concours Paris, 1851, p. 40) a signalé cet effet de l'attitude élevée. On 'l'explique aisément' maintenant que l'on connaît les changements qu'éprouve la circulation dans les parties élevées. D'une part le sang n'arrive que difficilement dans l'anévrysme et n'y pénètre avec vitesse que dans les instants correspondant à l'arrivée de l'onde (voir la forme du pouls dans l'artère d'un membre en élévation, fig. 142); d'autre pari, la tumeur moins remplie n'a plus sur le sang veineux l'excès permanent de pression oui Mi I. condition d'un souffle continu. q la
marey, Circulation.
L'élévation de la poche anévrysmale rend le souffle intermittent comme cela s'observe sur les anévrysmes artério-veineux véritables.
§ 473. — Les tumeurs cirsoïdes, quand elles sont formées de larges communications entre les artère» et les veines, donnent naissance souffles continus avec renforcements plus ou moins prononcés suivant le volume des artères qui entrent dans leur formation. La continuité du souffle s'explique, dans cet anôvrysme comme dans les deux formes précédentes, par la rapidité du courant sanguin qui passe, par de larges anastomoses, de la forte pression artérielle à la faible pression veineuse. Dans certains cas , la tumeur consiste principalement en dilatation des artérioles, et les communications avec les veines ne sont pas largement établies. C'est à ce type que correspondent probablement les cas où manque le thrill et où le souffle est intermittent comme dans un anévrysme artériel.
Le souffle utérin a été attribué à des causes très différentes par les médecins qui l'ont étudié; mais deux théories seulement sont soutenables : l'une qui attribue ce souffle à la compression de ...^l'aorte par le globe utérin, l'autre qui assimile le souffle à celui T^TZ d'une tumeur vasculaire.
Contre l'hypothèse d'une compression de 1 artère on peut învo- A V^ff/quer ia persistance du souffle utérin dans les attitudes où cette Jtr ^Wj^^.; compression serait difficile à admettre. En outre il est des cas où ' le souffle est continu avec renforcements; un tel caractère n'appartient qu'aux bruits qui résultent d'une large communication entre les artères et les veines, § 468. t/i^r^^M~* Ajoutons que le maximum d'intensité du souffle paraît être sur les parties latérale de l'utérus, c'est-à-dire au lieu où les artères utérines se réunissent en pénétrant dans l'organe. P. Dubois, à qui l'on doit cette théorie du souffle utérin, dit avoir constaté, par des injections cadavériques, de larges communications artério-veineuses dans les parois de la matrice.
Des bruits de souffle -veineux.
g 474. — Dans mes premières études sur les bruits de souffle l,
1. Physiologie médicale de la circulation du sang, 1863, p. 466 à 496.