‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 354 sur 431 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

j'ai complètement méconnu ceux qui se passent dans les veines du ' j cou. En effet, en explorant cette région, on entend souvent des ^y^t^l^. bruits artériels, ceux qui naissent dans les artères so-Jo la com- Cvv^Tc L » pression du sthétoscope ou ceux qui, produits à l'orifice aorlique, se propagent dans les carotides, en suivant la direction du courant sanguin. Mais il est d'autres bruits qui se passent réellement dans les veines, comme l'avait pensé Ward *, Les cliniciens français Aran, Barlh et Roger, Monneret, Béhier et Hardy se sont rangés à cette opinion. Chauveau2 l'a appuyée par des expériences faites P(A«— ' sur les animaux. Enfin Potain 3, en combinant l'auscultation avec l'inscription du soulèvement des jugulaires, a explique les différents types que peuvent revêtir les souffles veineux.

Et d'abord, on peut constater chez certains sujets que si l'on ?^ ^^T^^T' ausculte la région du cou au niveau de la jugulaire, on perçoit un >r?A^i ^ souffle continu. Le doigt appliqué sur la veine sent parfois un fré- ^~~^V rj^, missement léger. Le souffle s'exagère dans les inspirations; enfin J^T[^ quand il présente des renforcements, ces derniers, au nombre de deux, sont rythmés avec les mouvements du cœur; leur maximum , d'intensité coïncide avec la diastole de l'oreillette et avec celle des ' 7 U ventricules. Tout bruit cesse quand on comprime la veine en amont ^C^°- 1

du sthétoscope. d^A-û ôu^vV-

Si le bruit dont il est question se produisait dans les artères, il ^Jr : serait intermittent et synchrone aux systoles ventriculaires; l'in- ^ spiration, au lieu de l'exagérer, en diminuerait plutôt l'intensité, ^J

Laproductiond'unsouffleauxjugulaires trouve sa condition dans ^ ^ le brusque changement de pression qui existe à la limite de la ré-^ r' gion où se fait sentir l'aspiration thoracique. Un courant rapide f^'fr s'ensuit et fait vibrer les parois de la veine. On crée ces conditions d^/Ly^en un point quelconque des jugulaires, soit par la pression du & doigt, soit par celle du stéthoscope. Cu,^^' . ,

Quant à la raison qui produit les maxima d'intensité du souffle "^t^ f ^ veineux au moment de la diastole de l'oreillette, nous l'avons précédemment indiquée, § 281, à propos du pouls veineux des jugu- Uf. yUA laires. Ce pouls consiste en un affaissement de la veine qui slW j Jt , V1de dans l'oreillette aussitôt que celle-ci entre en reZZl^tZl*

1. Ward, On the Bruit de diable {London Mcd. Gaz t XX 18171 u.

2. Chauveau Mécanisme et théori générale Is nÙ^ îuLits de ïB, « " ' (Comptes rendus de VAcad. des sciences, t. XLVI, p. 859 à 933) ^

^3 Potai„ Bulletin et Mémoires de la Soc. méd. des i^,,^ , Iy

Après la syslole ventriculaire (2, flg, 316), un nouvel affaissement veineux se produit quelquefois par la pénétration du sajig dans le ventricule, ce qui retentit de proche en proche jusqu'aux jugulaires.

Potain a représenté par la figure 316 les deux affaissements successifs du pouls de la jugulaire dans le cas où le souffle redoublé se produit dans cette veine; on y voit deux chutes successives de la pression veineuse correspondant aux diastoles successhede l'oreillelle et du ventricule.

Fig. 316. P.J. Pouls jugulaire sans insuffisance tricuspidienne. On voit que le premier affaissement 1 coïncide avec le début de la systole ventriculaire (P.C., pulsation du cœur), c'est-àdire avec le rehkliement brusque de l'oreillette.

Des bruits de souffle dans les maladies du cœur.

§ 475. — C'esl aux lésions valvulaires que se rattache le plus souvent l'existence des bruits de souffle cardiaque; parfois aussi ces bruits tiennent à la communication anormale des deux venw£ tricules1, à la persistance du canal artériel, etc. Dans tous ces cas, il

t| . se fait un courant sanguin rapide, en tout semblable à ceux dont il a été question précédemment. Le sang, fortement pressé \^ en un point, s'échappe par un orifice plus ou moins étroit, et sM^f^ s'élance, sous forme de jet, dans une cavité où la pression est

moindre. Ces conditions existent toujours lorsqu'un bruit de

souffle se produit.

Ainsi, pendant la systole des ventricules, deux causes pourront

1. Cette communication constitue une des affections congénitales du cœur qui se rencontrent le plus fréquemment. Elle consiste en une interruption de la cloison audessous des orifices artériels aorlique et pulmonaire; le sang des deux ventricules se mélange en ce point et il en résulte une cyanose assez prononcée. Mais un caractère important de cette affection consiste dans une déformation des doigts et des orteils qu. ' présentent un gonflement en spatule très prononcé.

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