LÉSIONS ORGANIQUES DES ORIFICES ARTÉRIELS DU CŒUR
Du rélrécissement aortique. — Signes d'auscultation dans le rétrécissement aortique. — Des bruits qui se passent à l'orifice de l'artère pulmonaire. —Caractères distinclifs des bruits aorliques ou pulmonaires. — De l'insuffisance aortique. — Insuffisance de l'artère pulmonaire.
Les orifices par lesquels les ventricules s'ouvrent dans les artères sont situés tous deuxFun au-devant de l'autre, à la base du cœur. L'orifice pulmonaire est en avant de celui de l'aorte, et l'artère pulmonaire est en ce point tellement superficielle que, chez certains sujets, on la sent battre sous le doigt. Cette disposition est extrêmement favorable à l'inscription des pulsations de l'artère pulmonaire, mais la rareté des lésions de ce vaisseau fait que les médecins ont rarement intérêt à en étudier les pulsations.
Les lésions de l'orifice aortique intéressent seules directement la circulation générale, de manière à donner au pouls une forme caractéristique; celles de l'orifice pulmonaire ne se révèlent guère que par les bruits de souffle qu'elles produisent. Or-, la synergie d'action des deux ventricules fait que les bruits qui se passent aux orifices artériels sont absolument synchrones; il ne faut donc pas espérer les distinguer les uns des autres d'après l'instant où ils se prodmsent, mais seulement d'après le siège du maximum d'intensité de chacun d'eux, d'après le sens dans lequel ils se propagent et d'après les influences qui les font paraître ou disparaître.
Da rétrécissement aortique.
§ 481. - Les causes les plus variées peuvent donner lieu au rétrécissement de l'orifice aortique : tantôt ce sont des végétations polypeuses qui flottent à l'entrée de l'aorte, tantôt les valvules
sont indurées et s'ouvrent incomplètement. Il est souvent difficile de distinguer ces cas les uns des autres, mais l'essentiel est de déterminer qu'il existe un obstacle à la libre pénétration du sang dans l'aorte. Quand le rétrécissement se fait d'une manière graduelle, il entraîne peu de désordres; le cœur s'hyperlrophie peu à peu et maintient la circulation dans un état suffisant. La lésion toutefois donne naissance à un bruit de souffle, souvent très prononcé, qui se renouvelle à chaque systole ventriculaire et se pro- - page plus ou moins loin dans l'aorte et dans les artères du cou. L'intensité de ce bruit contraste parfois avec l'absence de tout - /w> oU^a^— désordre apparent dans la circulation. J <uX~. Dails certains cas, cependant, on peut constater un changement
a^, (/tO v"v~ c'ans ^a manière dont le sang pénètre dans le système artériel : al^v\ l'ondée sanguine franchit péniblement et lentement l'étroit orifice qui lui donne passage, cela se traduit dans le tracé du pouls par une ascension lente de la courbe. Celle-ci, au lieu de s'élever brusquement, s'arrondit en un arc dont la convexité est tournée vers le haut.
§ 482. — En expérimentant sur le schéma, on reproduit les signes physiques du rétrécissement aortique, soit en pinçant le tube-
Fig. 318. Forme du pouls dans le rétrécissement aortique (schéma).
aorte, soit en obstruant au moyen d'un corps quelconque une partie de l'orifice aortique.
On obtient alors, à l'auscultation, un souffle systolique dont l'apparition coïncide avec le moment précis où commence la systole ventriculaire; ce bruit va en s'éteignant, mais se prolonge d'autant plus que le rétrécissement est plus prononcé; il peut occuper, dans les cas extrêmes, toute la durée de la systole ventriculaire.
En même temps, le sphygmographe appliqué à une artère du schéma donne la forme représentée figure 318 et qui exprime la pénétration lente du liquide; l'absence de dicrotisme est une preuve de plus en faveur de cette lente pénétration.