‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 36 sur 431 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

gée de sang et passivement distendue, ne présentait pas de mouvement, tandis que les autres parties conservaient leur action.

Mais en reprenant ces expériences, d'autres auteurs ont obtenu des résultats tout différents. Gaskell1 en Angleterre, J. M. Ludwig et Luchsinger2 en Allemagne ont vu dans certaines conditions cette pointe, physiologiquement séparée du reste du cœur, entrer en mouvement.

Gaskell ayant sous les yeux la pointe du cœur remplie de sang, et immobile comme l'avait vue Bernstein, vit que s'il comprimait la bulbe de l'aorte, cette région entrait bientôt en mouvement. Plus tard, cet auteur, en distendant les cavités du cœur au moyen d'injections veineuses, provoquait également des mouvements de la pointe, et cela, non seulement avec des injections de sang, mais aussi en injectant dans le cœur un sérum artificiel.

Ainsi le cœur paraît être un organe qui réagit par des mouvements rythmés à des excitations continues. Nous avons vu dans le précédent chapitre, § 30, des faits qui tendent à faire admettre cette conclusion.

Nerfs extrinsèques du cœur.

g 34. — D'anciennes expériences de Legallois3 avaient montré que l'ablation du cerveau laisse subsister les mouvements du cœur pourvu qu'on pratique la respiration artificielle, mais que les mouvements sont supprimés si, au moyen d'une' tige de fer, on écrase la moelle dans le canal vertébral. L'auteur conclut que la force qui fait contracter le cœur émane de la moelle. Cette conclusion était contredite par ce fait bien connu, que le cœur isolé continue à battre; elle était en opposition avec les expériences de Zimmermann et de Spallanzani qui avaient vu les mouvements du cœur continuer après l'ablation de la moelle épinière*. L'expérience de Legallois devait s'expliquer plus tard par cette théorie : qu'une excitation portée dans les centres avait atteint l'origine de filets nerveux centrifuges dont le rôle est d'arrêter les mouvements du cœur.

1. Gaskell, Royal Society London, mars 1880, et Journ. of Physiol., t. III, n» 1.

2. Ludwig et Luchsinger, Cenlralblat fur d. Med. Wiss., n° 23, 1879.

3. Legallois, Expériences sur le principe de la vie. OEuvres, 1. 1, p. 152.

4. Voir, pour l'historique de ces questions, Milne Edwards, Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparées de l'homme et des animaux, t. IV, p. 120 à 168.

Branches émanant du pneumogastrique et provoquant l'arrêt

du cœur.

g 35. — La découverte de celle singulière propriété qu'a le pneumogastrique de produire l'arrêt du cœur a élé attribuée tantôt aux frères E. et H. Weber1, et tantôt à Budge2. Le fait remarquable est celui-ci: quand le pneumogastrique est soumis à des courants induits successifs, pareils à ceux qui produisent le tétanos lorsqu'ils sont appliqués à des nerfs moteurs, ces courants provoquent un arrêt du cœur en diastole3. Ce résultat, en apparence paradoxal, à savoir que l'excitation d'un nerf provoque le repos d'un muscle, a été longtemps contesté, mais est aujourd'hui parfaitement établi.

Comme le pneumogastrique est un nerf mixte, en l'excitant dans sa continuité, on s'exposerait à produire des effets complexes; il faut donc, pour étudier son action centrifuge, couper ce nerf à la partie moyenne du cou et en exciter le bout périphérique.

On constate alors que la section du nerf produit, au moment où elle a lieu, un ralentissement ou un arrêt passager du cœur; puis que le rythme cardiaque s'accélère pendant un certain temps. Quand on excite le bout périphérique du nerf coupé, on obtient suivant la force de l'excitation, soit un ralentissement du cœur soit un arrêt complet durant quelques secondes*. Mais cet arrêt n'est que temporaire, et lors même qu'on prolonge l'exci- ' tation électrique du pneumogastrique le cœur, au bout de quelques instants, reprend ses mouvements rythmés

Pendant toute la durée de son arrêt, le cœur est en relâchement; ses ventricules sont flasques et l'organe tout entier se laisse dis-

i F pt H Weber Congrès des naturalistes italiens, Naples, 1845.

I' Ldge', Broche Mittkeilung iiber die Her^egung. (Multer's Arckn, fur

"T^Z^riL^, Pagliani (SuHo state altuale deUa fto. interne 3. Dans deux mémo, es »a , s ,Conlrib. aile studio dex mevimenh

alsistema nervoso, Turin, 1873) et banquir. co ^ Va formation que

del cuore [Giorn. d. R. Acad. d. Tonne, n°' 4 et 5, 1880]), on trouve a// Galvani connaissait déjà cette influence du pneumogastrique sur le cœur.

1 On ne peut rien aire d'absolu sur le degré d'intensité nécessa.re pour produn l'ar^ d Tcœur ca beaucoup de circonstances rendent le pneumogastrique plus ou Lis exciUble; d" ce nombre sont les variations de .a température, l'action des Poisons, etc.

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