‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 370 sur 431 · SES · texte numérisé non relu

SES

On ne connaît pas encore les modifications que le rétrécissement mitral peut imprimer à la pulsation du cœur. Il semble que la phase de réplétion diastolique devra être plus longue, que le flot de l 'oreillette devra être supprimé et que le ventricule, moins rempli que de coutume, devra envoyer dans les artères une plus

llw ^ I sait par la poinle du cœur. Que fûl-il arrivé si l'on eût poussé l'eau dans le ventricule

^^avec la force que déploie la systole de cet organe :' Et même dans ce cas, s'il ne se fut , r- l'as produit de retlux, on eût pu objecter que la valvule mitrale d'un cœur en flaccidité peut se fermer hermétiquement, tandis que, pendant la vie, la contraction des jyrv^^M* colonnes charnues qui s'insèrent à ses Lords eût pii la rendre insuflisante. Si nous nous élevons formellement contre cette opinion écleclique, c'est que risn ne nous semble plus inadmissible que l'existence d'un courant allant de l'oreillette au ventricule pendant la systole de celui-ci. En présence d'une impossibilité physique, il faut nécessairement admettre qu'une erreur se sera glissée dans l'observation du malade ou dans l'examen cadavérique.

CHAPITRE XLII. 693 petite ondée'. Toutes ces suppositions sont à vérifier au lit du malade. ûfi

Les caractères du pouls artériel dans le rétrécissement mi Irai sont pour ainsi dire négatifs. En effet, le pouls est régulier et la forme en est peu altérée si l'on en juge par la figure 337 qui représente une série de sphygmogrammes recueillis sur des malades atteints de. rétrécissement mitral. Le souffle était exclusivement iliastolique. Sur deux de ces malades, n,,s 2 et 3, on a pu reconnaître à l'autopsie l'existence d'un rétrécissement mitral biencaractérisé et sans insuffisance appréciable.

Il m'a semblé que le rétrécissement, quand il venait s'ajouter à l'insuffisance mitrale, tendait à faire disparaître l'irrégularité du pouls; mais ces observations ont été faites à une époque où la cardiographie au lit du malade n'était pas encore réalisée. Il y a donc lieu de soumettre des cas de ce genre à ce nouveau moyen de contrôle.

Lésions «le l'orifice tricuspide.

2 501. — Signes physiques de Virisuffisùûnçe tricaspidë. — Un souffle systolique dont le maximum est à la pointe du cœur est le signe commun des insuffisances mitrale et tricuspide; mais dans cette dernière lésion le reflux qui se fait du côté de l'oreillette retentit

Fig. 338. l'unis des veines de hrjambe dans un ras d'insuffisance tricuspide avec rupture

des valvules veineuses.

d'ordinaire assez loin dans le système veineux pour qu'on puisse tout au moins le percevoir nettement dans le pouls des jugulaires.

L'œil pourrait aisément confondre les pulsations veineuses de h- <~n ' l'insuffisance tricuspide avec ces battements qu'on observe aux, ^ jugulaires chaque fois qu'il y a une gêne de la circulation dans les ' poumons avec accumulation du sang dans les cavités droites du cœur. Le pouls veineux de la circulation gênée consiste en aflais-

1. Voir, chap. xi.m, le résultat des expériences faites sur le schéma pour éclairer celle question. — W?^Y

biU LA CIRCULATION DU SANG.

sèment des veines au moment des diastoles des oreillettes et des ventricules. Celui ,1c l'insuffisance tricuspide consiste en gonflements synchrones aux systoles de ces cavités du cœur. La puisalion des veines se fait en deux temps : un léger soulèvement du tracé répond à la systole de l'oreillette; un soulèvement plus fort arrive au moment de la systole du ventricule.

La figure 338 représente le premier tracé du pouls veineux d'insuffisance tricuspide que j'aie eu l'occasion de recueillir. La lésion était très avancée, et les reflux veineux qu'elle provoquait depuis longtemps avaient rompu des valvules des veines; aussi des pulsations se faisaient-elles sentir, non seulement aux veines jugulaires, mais jusque dans les veines de la cuisse gauche, de la jambe et du pied qui étaient variqueuses. Mes collègues Yerneuil et Gubler, qui me fournirent l'occasion d'examiner ce cas remarquable d'insuffisance tricuspide, avaient noté que ces pulsations veineuses étaient produites par un reflux, attendu qu'on les supprimait en comprimant les veines à la racine du membre, La forme du pouls veineux inscrit avec le sphygmographe direct (fig. 338) éclaira plus complètement la nature de ces reflux en montrant que chacun d'eux était double, ce qui s'expliquait par les influences successives de la systole de l'oreillette et de celle du ventricule droit.

Friedreich1, appliquant le sphygmographe sur les veines jugulaires dans le cas d'insuffisance tricuspide, a obtenu des tracés qui montrent un reflux énergique du sang à chaque systole du cœur. Dans ces courbes on distingue parfois les influences successives de l'oreillette et du ventricule. Mais le sphygmographe direct se prête mal à l'inscriplion de ces battements veineux, et M. Raynaud2 suppose avec raison qu'on risque de celte façon de recueillir à la fois les pulsations veineuses cl celles de la carotide qui se trouve ainsi comprimée.

Potain a rassemblé un grand nombre de tracés du pouls veineux de l'insuffisance tricuspidienne, tracés recueillis au moyen du polygraphe et enregistrés simultanément avec la pulsation du cœur et avec le pouls artériel. Celte méthode est la seule qui permette d'interpréter avec certitude la cause des ondulations du pouls

1. Friedreich, Deulsch. Arch. /'. Klin, mcd., 1865-1866, et antérieurement Die Krankh. d. Herzens, 1861.

2. M. Raynaud. art. Cœuh. Dictionnaire de méd. et chir. pratiques. 1868.

Page 1