CHAPITRE IV
Il y aurait un retard , toujours considérable , qui varie de
amenés de la moelle aux ganglions par les rameaux communiquants émanant des nerfs rachidiens correspondants : c'est ainsi qu'on a pu dire que les derniers nerfs cervicaux et les premiers nerfs dorsaux contiennent les nerfs accélérateurs du cœur.
Mais la moelle fournit-elle seule des nerfs accélérateurs du cœur? Le bulbe rachidien n'en émet-il pas qui descendraient le long des nerfs du cou pour gagner les plexus cardiaques où ils se confondraient avec ceux qui viennent de la moelle cervico-dorsale? Cette opinion a été surtout défendue par Schiff qui admet la présence de fibres accélératrices à la fois dans le tronc du pneumogastrique et dans les nerfs laryngés supérieurs.
1° Pour le nerf pneumogastrique, un certain nombre de faits peuvent autoriser en effet à croire qu'il renferme des fibres accélératrices ; citons seulement l'expérience qui consiste à supprimer par l'atropine l'action modératrice de ce nerf sur le cœur et à
Fig. 26. Schéma de François-Franck sur le trajet des fibres accélératrices entre la moelle et le cœur
en exciter ensuite le bout périphérique} ôti vèrrait dans cês Conditions le cœur s'accélerer.
La présence de fibres accélératrices dans le tronc môme du pneumogastrique, admise d'une façon exclusive par Schiff dans ses premiers travaux, semble avoir été établie en 18e0 par Wundt (Verhandl. d. Nalurhist. med. Vereins. Heildelberg). Wundt mettant a profit l'act.on paralysante du curare sur les terminaisons cardiaques des nerfs modérateurs a observé l'accélération en excitant le bout périphérique du pneumogastrique quand toute influence modératrice avait disparu
Enfin dans ces derniers temps, Schiff, convenant que le nerf pneumogastrique" renferme bien des nerfs d'arrêt pour le cœur, pensa pouvoir y démontrer la présence de fibres aceeleratnees par le moyen suivant: Après la section du pneumogastrique «M, les nerfs modérateurs dégénèrent plus rapidement que les nerfs accélérateurs' aussi peut-on, à un moment donné, mettre en évidence l'action de ces derniers le, autres étant dégénérés (Schiff, Pfliigcr's Arck., 1878). C'est le trajet de ces EÏÏJ
7 dixièmes de seconde à une seconde et demie entre le moment de l'excitation d'un nerf accélérateur et l'instant où apparaît l'accélération du rythme cardiaque; cette durée s'exagère encore par le refroidissement des animaux, par le curare et les aneslhésiques.
L'intensité de l'accélération est d'autant plus grande que le cœur présentait un rythme plus lent au moment où l'excitation a été produite. Quand le cœur a des battements fréquents, l'excitation des accélérateurs semble incapable d'en augmenter le nombre.
A ces nerfs, il faut ajouter les filets qui cheminent à l'intérieur du pneumogastrique lui-même et qui, d'après Schiff, proviendraient de la partie bulbaire du spinal.
Sous l'influence de l'accélération de son rythme, le cœur a moins de temps pour se remplir et lance probablement des ondées plus petites; le fait est que la tension des artères n'augmente pas sous l'influence de l'accélération ainsi provoquée l.
Nerfs sensibles du cœur.
§ 41. — Il est un petit filet nerveux qui chez le lapin et quelques autres animaux8 accompagne le grand sympathique au cou et aboutit au pneumogastrique par deux branches, au niveau du nerf
lératrices qui a élé figuré par le trait pointillé (acc) accompagnant, dans la figure 26, les nerfs modérateurs du pneumogastrique (mod. Png.)-
2° Quant à la présence de libres accélératrices dans les nerfs laryngés supérieurs, elle paraît tout à fait discutable. Schiff, qui a émis celte opinion, fait passer les nerfs accélérateurs du pneumogastrique dans le laryngé supérieur ; de celui-ci dans l'anastomose de Galien, de là dans le récurrent, et pense qu'ils se détachent du récurrent pour se rendre aux plexus cardiaques. Or l'excitation du bout inférieur du laryngé, de 1 anastomose de Galien ou du récurrent lui-même, n'est suivie d'accélérat.on du cœur que quand il se produit en même temps des manifestations de sensib.lité qui doivent laisseï subsister le doute sur l'action accélératrice directe des nerfs excités (François-Franck. Comptes rend.'Acad. des sciences et Trav. lab., IV, 1879.)
1 Hering savait déjà que si le nombre des battements du cœur augmente, la quantité de sang lancée par chaque systole est moins considérable que si les systoles sont plus lentes Donders (Nederland's Arch. II, p. 139) a émis l'opinion que 1 acce eral.on du cœur se fait surtout par le raccourcissement des phases diastol hques.Baxl (Arch £. Anal und Phvs. 1878) a signalé le même fait. François-Franck (Trav. lab. III, 1878) pie que dans l'accélération le cœur n'a pas le temps de se remplir et verse des ondées
"retmann a décrit en 1878 (Arch. f. Anal. Enlu-ickeluna., ^ et Braun) un nei d presseur chez le chien et chez l'homme.; Ad. Finke st ™™^ôeju^ ls le même recueil (4- et 5- fascicule, 1880) un travail ^^l^T il décrit comparativement le nerf dépresseur chez l'homme, le lapin, le chien, le chat
et le cheval.