‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 46 sur 431 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

circulation continue qui durera parfois pendant plusieurs jours, et permettra de faire, sur la force du cœur, sur son rythme et sur son débit, les expériences les plus variées1.

Or, si l'on place un manomètre à mercure de très fin calibre m à l'origine du tube artériel, de manière à constater la pression du gang dans ce conduit, on verra qu'en comprimant plus ou moins le tube en aval du manomètre la pression accusée par l'instrument s'élèvera en raison de l'obstacle apporté au cours du sang; et si l'on comprime le tube de manière à empêcher entièrement le cours du sang, l'effort ventriculaire agira exclusivement sur le manomètre, et le fera monter jusqu'à 11 ou 12 centimètres, chiffre que n'atteint pas la pression du sang chez la tortue dans les conditions physiologiques.

De la force du ventricule anx divers Instants de la systole.

§ 45. — Les développements qui ont été donnés plus haut sur la proportionnalité de l'effort du cœur à l'étendue de la surface intérieure du ventricule permettent de conclure que si la pression artérielle était constante, le cœur aurait besoin d'un effort de moins en moins grand pour la surmonter, à mesure qu'il serait arrivé à un degré plus avancé de son resserrement*. Mais l'expérience

1. Celle disposition se rattache à la grande méthode des circulations artificielles dont on trouve les premières tentatives dans les expériences de Legallois, de Poiseuille, de Brown-Sequard, de J. Millier, méthode si habilement développée par Ludwig et son école, et destinée à rendre les plus grands services à la physiologie. L'illustre professeur de Leipzig, après avoir séparé un organe du corps d'un animal, fait circuler du sang défibriné ou du sérum à travers les vaisseaux de l'organe, et l'on voit celui ci accomplir sa fonction ordinaire : un muscle fait du travail; un poumon dégage de 1 acide carbonique, tandis que l'oxygène est absorbé par le sang qui le traverse; une glande sécrète; le cœur enfin effectue son travail intermittent avec une régularité admirable. La disposition ci-dessus indiquée d'un cœur de tortue faisant circuler du sang défibr.nc dans un système de tubes représentant les vaisseaux constitue donc un des procédés de la méthode générale des circulations artificielles.

2. On enseigne, en mécanique, que si des sphères creuses faites d'une même matière et d égale épaisseur, mais présentant des dimensions différentes, sont soumises à une même pression graduellement croissante, la plus grande se rompra la première et la plus petite résistera le plus longtemps. L'effort qui tend à produire la rupture est, pour une même pression, sensiblement proportionnel au rayon, si l'on agit sur des vases sphériques. Or cet effort à la ruplure est de même nature que la résistance que doit vaincre la paroi du cœur lorsqu'elle se contracte sur le san~

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montre qu'il n'en est pas ainsi; cela lient à ce que deux facteurs interviennent pour constituer la force du caiur, et que ces deux facteurs varient en sens inverse l'un de l'autre. En effet, tandis que le ventricule se resserre et que la diminution de sa surface intérieure lui permet de surmonter avec un moindre effort la pression du sang artériel, sa fibre musculaire s'affaiblit et perd d'autant plus de sa force qu'elle est déjà plus raccourcie. Cette diminution de la force musculaire du cœur fait plus que compenser les avantages de la diminution de capacité du ventricule, de sorte que la pression explorée au moyen du manomètre, aux <JSff& rentes phases de la systole, se montre de moins en moins forte, du début à la fin de celle-ci.

L'expérience se fait au moyen de l'appareil représenté figure 28. Le cœur de la tortue a des mouvements assez lents pour qu'on puisse comprimer à volonté le tube artériel, soit au début de la systole ventriculaire, soit à une autre phase plus ou moins avancée de cette systole. En fermant le tube d'écoulement A, en aval du manomètre, au moment où les ventricules vont commencer leur mouvement systolique, on constate que l'élévation du manomètre atteint sa hauteur maximum, Il centimètres, par exemple. En fermant le tube au milieu de la phase systolique, l'effort maximum du ventricule n'est plus que 8 centimètres; plus tard, il n'esl plus que 5 centimètres; vers la fin de la systole, il est plus faible encore.

On trouve dans cette expérience une preuve manifeste de l'affaiblissement du muscle cardiaque à mesure que ses fibres ont subi un raccourcissement plus prononcé.

Comment s'utilise la force du cœur.

I 46. — Lorsque l'on compare la grande surface du ventricule à l'aire beaucoup plus restreinte de l'orifice aortique par lequel le sang passe dans le système artériel, on est porté à croire qu'une o-rande partie de la force que développent tous les points de la paroi du ventricule est inutilisée. 11 semble que, dans le cylindre d'une pompe ordinaire, un piston h étroite surface qui pousse devant lui le liquide agisse dans des conditions plus favorables.

II est vrai qu'avec un piston qui se mouvrait dans un cyhndn' de section égale à celle de l'orifice aortique, on pourrait pousser

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