CHAPITRE VI. fi
comme le sang lui-même et traduiront au dehors la valeur de cette compression. C'est pourquoi nous les avons appelées am-^j poules manometnques.
Exploration de la pression dans les cavités du cœur. — Sondes
cardiaques.
§ 54. — Les cavités droites du cœur sont facilement accessibles à des instruments introduits par les veines jugulaires; c'est cette voie qui nous a servi à porter des ampoules manométriques, l'une dans l'oreillette droite, l'autre dans ie ventricule droit, tandis qu'une troisième ampoule introduite dans un espace intercostal, au lieu môme où le cœur fait sentir son battement, recevait l'impulsion du choc du cœur.
Pour s'appliquer aisément aux besoins de la cardiographie, les ampoules manométriques ont subi une modification particulière;
Fig. 32. Sonde cardiaque droite; détails de sa construction.
elles ont été adaptées sur une sonde à double courant qui s'enfonce dans la veine jugulaire. Cette sonde est représentée figure 32.
L'ampoule manométrique V, destinée au ventricule droit, communique avec son ampoule terminale par le tube TV; l'ampoule 0, destinée à l'oreillette, communique avec son ampoule terminale par le canal annulaire située entre les deux tubes concentriques dont la sonde est formée. La longueur qui sépare les ampoules 0 et V est calculée de telle sorte qu'il suffit d'enfoncer celte sonde par la jugulaire, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus pénétrer davantage, et l'on peut être sûr que les deux ampoules manométriques occupent la position qui leur est' assignée.
Tambour a levier.
g 55. — Quant aux ampoules terminales, elles avaient subi une modification dont l'idée appartient à Buisson; elles étaient transformées en capsules métalliques dont la face supérieure,
formée par une membrane de caoutchouc, transmettait à un levier inscripteur ses mouvements de soulèvement et d'abaissement. C'est cet instrument, perfectionné dans sa construction, qui est représenté figure 33 ; nous le désignerons à l'avenir sous le nom de tambour à levier*.
Appareil cardiographique.
§ 56. — L'appareil se compose de trois ampoules manométriques reliées chacune par un tube spécial à un tambour à levier. Il est représenté dans son ensemble (fig. 34) ; ou y voit trois tambours à levier Zo, Zt>, Zc, dont les pointes sont exactement superposées et qui écrivent sur un papier entraîné par un rouage d'horlogerie H. Les leviers Zo et Iv, qui écrivent les mouvements de l'oreillette et ceux du ventricule, sont reliés chacun à l'une des deux ampoules de la sonde cardiaque ; le levier le qui inscrira le choc du cœur est relié à une ampoule manométriqùe spéciale.
Après avoir placé l'ampoule manométriqùe destinée à recevoir le choc du cœur dans le quatrième espace intercostal, à l'intérieur d'une cavité pratiquée par le décollement des muscles intercostaux externe et interne5, on introduit par la veine jugulaire