‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 56 sur 431 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ce petit soulèvement de la courbe qui se trouve sur le prolongement de la ligne ponctuée A, laquelle marque, dans tous les tracés, l'instant de la systole de l'oreillette. Suivons cette ligne prolongée jusque dans le tracé des battements, nous verrons qu'elle y ren- jb, contre un soulèvement analogue à celui du tracé ventriculaire. al.- Il y a donc un petit battement cardiaque au moment où l'oreillette envoie son ondée dans le ventricule, mais ce phénomène, presque^' insensible au toucher, ne correspond pas à ce qu'on appelle le choc du cœur. Celui-ci arrive à l'instant B où la pression du sang s'élève soudainement à son plus haut degré dans l'intérieur du ventricule. C'est le début de la systole ventriculaire. Cette sys- (ole a beaucoup plus de durée que celle de 1 'oreillette ; en effet, la ^-^'^ pression reste longtemps élevée dans le ventricule et ne tombe fr^***qu'à l'instant C. La longue durée de la systole du ventricule et là u brièveté de celle de l'oreillette sont en rapport avec ce que nous ^~</v~'- u" avons vu du caractère propre à la secousse de ces deux organes musculaires, § 14. Laissons de côté les ondulations multiples qui annoncent que pendant la systole du ventricule la pression du sang dans cette cavité éprouve des variations nombreuses, et voyons ce qui se passe pendant ce temps dans le tracé des battements. Nous avons constaté que le choc coïncide en B avec le début de la systole ventriculaire ; or la courbe qui le traduit montre que pendant tout le temps de la systole l'ampoule manométrique placée au-devant du ventricule éprouve une pression assez forte, qui varie, il est u~ vrai, mais dure autant que cette systole elle-même et finit avec ■ elle en C, au moment du relâchement du ventricule.

Il n'est pas nécessaire de pousser plus loin l'analyse de ces traces cardiographiques pour y trouver la réponse aux questions « quils devaient résoudre; ils prouvent, en effet, que Voreillette entre en systole avant le ventricule et ne produit pas le choc du CSZltz. e* cœur; celui-ci, au contraire, a lieu au moment précis où débute la A systole ventriculaire. j*^^. v~~*

La théorie d'Harvey est donc confirmée, et le médecin qui * ausculte un malade n'hésitera plus à admettre que le bruit qui coïncide avec le choc est un bruit du début de la systole des ventncules; ce bruit, dans la théorie valvulaire de Bouanet, ne peut ^expliquer que par la clôture des valvules auriculo-ventricu-

L'expérience ci-dessus décrite n'a pas seulement fourni la conhrmahon absolue de la théorie d'Harvey et donné à l'auscultation

une signification précise1; elle a montré des faits inattendus que

nous analyserons dans le chapitre prochain.

Synchronisme d'action des deux moitiés du cœur.

g 58. Nous avons promis de démontrer que les deux ventricules et les deux oreillettes sont synchrones dans leurs mouvements, bien que ce synchronisme fût, pour ainsi dire, la conséquence nécessaire de la structure du cœur; en effet, des bandelettes musculaires communes unissent les deux oreillettes entre elles, et de puissantes couches de muscles enveloppent les deux ventricules ; mais comme certains auteurs ont pu croire qu'à l'état sain, ou tout au moins à l'état pathologique, les deux moitiés du cœur peuvent agir séparément, nous avons cru, Chauveau et moi, qu'il était nécessaire de prouver expérimentalement le synchronisme des deux moitiés du cœur.

Pour les deux ventricules, l'expérience est facile ; après avoir introduit la sonde cardiaque dans les cavités droites du cœur d'un cheval en passant par la veine jugulaire, on introduit une autre sonde, par la carotide et l'aorte, dans le ventricule gauche du cœur2.

1. Gavarret, Les appareils et expériences cardiographiques de MM. Cliauveau et Marey. (Rapport fait à l'Académie de médecine. 21 avril 1863.)

2. Cette sonde cardiaque gauche a besoin d'être décrite, car elle sert dans un grand nombre d'expériences. Elle est formée d'un tube de métal af (fig. 36) de 3 a 4 m.ll.mètres de diamètre extérieur. Ce tube doit être assez rigide ; sa longueur est d environ 0-,60. A l'une de ses extrémités est une carcasse métallique qui doit serv de support à une ampoule élastique analogue à celle qu'on introdu.t dans le ventncule

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Fig. 36. Sonde cardiaque gauche.

i -, Pp..* écoule n'a que trois arêtes de métal, au lieu de quatre; chacune d'elles est Lu e de7ç n que' 'ampoule est assez large à sa partie moyenne (12 nnlhm )

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