CHAPITRE VI
Cette expérience fournit le triple tracé (fig. 37).
Analyse des tracés. — On peut voir tout d'abord que le tracé fourni par les cavités droites présente sensiblement les mômes caractères que dans la figure 35, seulement, l'amplitude des mouvements qui expriment la systole de l'oreillette dans le tracé supérieur est un peu plus faible que dans l'expérience précédente ; cela tient à une moindre sensibilité de sondes manométriques employées dans la seconde expérience. Si l'on compare, au point
dirigeant du côté où l'ampoule est inclinée. Cette tige servira de point de repère pendant l'expérience.
L'extrémité libre de la sonde est mise en rapport avec un tube gv, qui transmet à un des leviers du cardiographe les mouvements du cœur gauche.
Manuel opératoire. — Lorsqu'on a introduit dans les cavités droites du cœur d'un cheval la sonde à double courant, comme cela a été décrit à propos de l'expérience précédente, on passe à l'introduction de la sonde destinée au ventricule gauche.
Pour cela, on fait une incision du côté opposé à la première, et l'on met à nu la carotide vers la base du cou. On applique une ligature sur ce vaisseau, le plus haut possible, puis on saisit l'artère avec les doigts, près de l'extrémité supérieure de l'incision. Celle-ci doit être assez longue pour que le vaisseau offre une étendue de 4 à 5 centimètres entre le point que l'on comprime et celui où la ligature a été placée tout à l'heure.
On fend alors l'artère longitudinalement, et, à travers cette fente, on introduit l'ampoule de la sonde préalablement mouillée. On laisse glisser cette ampoule entre les doigts qui compriment le vaisseau, puis, quand elle est assez engagée, on étreint avec les doigts les parois de l'artère, pour qu'elles soient bien accolées au tube et que le sang ne puisse s'échapper autour de celui-ci. On enfonce alors doucement la sonde; celle-ci franchit la carotide et l'aorte antérieure et vient enfin butter contre un obstacle. Cet obstacle est produit par les valvules sigmoïdes de l'aorte; on en a la certitude en voyant la sonde se soulever à chaque fois que le ventricule donne une systole.
A ce moment, on pose une nouvelle ligature sur la carotide, afin de l'adapter assez exactement sur le tube de la sonde, sans toutefois empêcher cette dernière d'exécuter des glissements.
Il s'agit enfin de faire pénétrer l'ampoule dans le ventricule gauche. Le hasard fait quelquefois que cette introduction a lieu d'elle-même, et que l'ampoule, au lieu de butter contre les valvules sigmoïdes, trouve celles-ci ouvertes et les franchit du premier coup. Ma.s le plus souvent il n'en est pas ainsi, et l'ampoule est arrêtée par les valvules. Il faut alors ép.er le moment d'une systole ventriculaire. Cela est facile, si l'on regarde le levier que le ventricule droit met en mouvement et dont l'ascension correspond, comme on sait, à la systole.
On prend dans la main l'extrémité de la sonde, qui porte comme point de repère la petite tige aterale e dont nous avons parlé, et l'on tourne cette tige en bas, puis, au moment précis où a systole du ventricule est arrivée à son maximum, on pousse la sonde; celle-c. pénètre alors à coup sûr dans la cavité ventriculaire gauche, et l'on peut I y engager a une profondeur variable. Le tube métallique seul traverse donc l'orifice aortique; les valvules viennent s'appliquer sur lui d'une manière exacte, à cause de son peu de volume. On peut s'assurer que les bruits du cœur s'exécutent d'une manière normale et que l'animal n'accuse aucun trouble
J!ZZlTotlCnT6 ^ k SOndC 'e lUhC V* - «nd au levier de l'enre- Kisireur, et i on obtient le trace suivant (fig. 37).
de vue de leurs rapports chronologiques, les phases systoliques des deux ventricules, on constate que toutes deux commencent et finissent en môme temps ; il y a donc synchronisme parfait entre les systoles des deux ventricules.
Quant aux systoles des oreillettes, on voit, dans les deux tracés ventriculaires, leur effet accusé par un petit soulèvement qui pré-
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. Tracés simultanés de l'oreillette droite (Or. cf.), du ventricule droit (Vent, d.) ventricule gauche (Vent, </.), recueillis sur le cheval.
cède légèrement la systole des ventricules. Or les deux soulèvements produits par le retentissement de la systole des oreillettes sont parfaitement synchrones; il est donc démontré qu'au point de vue chronologique les deux moitiés du cœur agissent d'une manière simultanée, ainsi qu'on l'admettait généralement, en raison de la fusion des bruits des valvules homologues en un bruit unique produit par leurs clôtures simultanées.