‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 75 sur 431 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Rapports «le» bruits du cœur avec les phases d'une révolution

cardiaque.

g 84. — Si l'on ausculte le cœur d'un animal en même temps qu'on inscrit la courbe de la pression du sang dans les cavités venlriculaires, on constate que chacun des bruits arrive à un in- ^ j,^^) slant déterminé de la production des courbes : le premier, au moment où la systole des ventricules provoque l'ascension du tracé; le second, au moment où la diastole ventriculaire s'accuse par une / .^À~ A —

chute de la courbe de pression. Cette expérience montre que si , le premier bruit correspond au début de la systole, le second correspond, non moins exactement, àlafînde cette systoleetau commencement du relâchement ventriculaire. Pour donner à l'expérience plus de certitude et pour la rendre plus démonstrative, on

Fîg. 55. — Tracé de la pression ven'lriculaire d'un cheval, VD. Au-dessous, sont les signaux du premier et du second bruit du cœur.

place au-dessous du levier qui inscrit la pression ventriculaire un autre tambour à levier conjugué avec une capsule à air1. Au moment où l'on entend chacun des bruits du cœur, on frappe un coup sec sur la membrane de la capsule; le levier-signal exécute une brusque vibration et marque ainsi l'instant du bruit par rapport aux variations de la pression du sang dans le ventricule8. On oblient ainsi la figure 55, dans laquelle le premier et le second / bruit correspondent aux instants extrêmes de la systole ventriculaire, de sorte que le petit silence mesure exactement la durée de .cette systole. ' Â4u it*-4-~*y*.

1. Voir les signaux transmis par l'air, U&ih. graph., p. 478. ^%c^Xjn^ 2 T. C. Donders, De Rhythmus der HaHsloonen.

Dans la pratique, il est souvent intéressant d'estimer la durée relative de la systole ventriculaire : cette mesure s'obtient assez exactement d'après la durée du petit silence, c'est-à-dire d'après l'intervalle qui sépare le premier bruit du second1.

Cause des bruits du cœur.

§ 85. — Parmi les différentes théories qui ont été émises sur la cause immédiate des bruits du cœur2, il en est un certain nombre qui doivent être éliminées sans discussion, parce qu'elles sont contraires aux principes de la physique; d'autres, plus nombreuses encore, sont en opposition avec ce qui est rigoureusement démontré au sujet de la succession des mouvements du cœur, de sorte qu'il ne reste debout qu'une seule théorie des bruits du cœur : celle qui en attribue l'origine à la clôture des valvules et qui est connue sous le nom de théorie de Rouanet.

L'idée d'attribuer chacun des bruits du cœur à la clôture des valvules avait déjà été émise par Carswell, mais Rouanet5 a démontré d'une manière si ingénieuse et si convaincante le rôle des valvules dans la production des bruits du cœur, que cette théorie // * /lfH/t*/w/ lui appartient d'une manière légitime.

D'après Rouanet, le premier bruit, arrivant au début de la systole des ventricules, serait du au claquement des valvules auriculo-ventriculaires qui se ferment au moment où le sang, comprimé dans les ventricules, tend à s'en échapper dans toutes ol-cA*"^ les directions. Le second bruit, arrivant au début de la diastole

^ ou relâchement ventriculaire, serait dû au claquement des val-

1. Toutes les estimations faites au moyen des sens sont passibles d'une cause d'erreur, à savoir que nous ne signalons l'instant où un phénomène se produit qu'un certain temps après sa production. Cet intervalle, qu'on nomme l'erreur ou l'équation personnelle n'est guère moindre d'un dixième de seconde, même chez les observateurs les plus exercés II s'ensuit que le signal du bruit retarde toujours un peu sur l'instant de «.a production; on doit donc tenir compte, sur le tracé, de ce léger retard Mais l'erreur personnelle, étant sensiblement constante et se reproduisant pour chacun des bruits du cœur, n'en altère pas le rythme, de sorte que l'inscription des signaux correspondants à chacun des bruits du cœur est un bon moyen d en déterminer le rythme et de faire voir combien sont variables les rapports de durée du grand au petit silence, c'est-à-dire de la diastole à la systole des ventricules du cœur.

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