S. KO
CHAPITRE IX. 133 sigmoïdes sous la pression du sang artériel, était totalement absent1.
Interprétation des signes fournis par l'auscultation du cœur à l'état physiologique.
g 88. — La parfaite connaissance de la cause des bruits du cœur et de l'instant de la révolution cardiaque auquel se produit chacun d'eux permet, lorsqu'on ausculte le cœur, de savoir, à chaque instant, ce qui se passe dans cet organe- Tous les signes extérieurs que l'on perçoit en appliquant l'oreille sur le cœur d'un homme sain se rapportent à l'action des ventricules ; c'est eux qui, au début de leur systole, ferment les valvules auriculo-venlriculaires, se tendent et produisent, par le durcissement soudain de leurs parois, le premier bruit et la pulsation qui l'accompagne. C'est le relâchement des ventricules qui permet au sang artériel de fermer brusquement les valvules sigmoïdes en produisant le second bruit. Les signes d'auscultation révèlent donc le début et la fin de la systole ventriculaire, mais ne traduisent rien de plus. La réplétion des cavités du cœur est silencieuse, à l'état normal; la systole des oreillettes l'est également.
Si Ton cherche à se rendre compte de ce qui se passe dans les ventricules, au moment des deux bruits et pendant les silences qui les séparent, on arrive à représenter ainsi la succession des mouvements.
1er bruit. 2" bruit. I" bruit. T bruit. 1" bruit.
| Systole
Veî^r- I verSL. S*st0,e' ■ Diastole-
laire.
Cl. aur.-v. Cl. sigm. Cl. aur.-v. Cl. sigm. Cl. aûr.-v.
Ou autrement, en figurant l'état des ventricules pendant les deux silences.
I Petit silence Grand silence I Petit silence Grand silence I 011 I ou ou | ou
systole. diastole. systole. diastole.
1. Ludwig et Dogiel ont varié leurs expériences de diverses manières ; ils ont opéré sur un chien curarisé, et après avoir vidé le cœur du sang qu'il renfermait, ils ont continué à entendre le premier bruit. [Arbéitcn aus physiolpgisch. Anstalt zu Leipzig,
Il est impossible d'ausculter le cœur d'une manière utile et de reconnaître la signification des bruits anormaux qui se produisent par suite des lésions de ses orifices, si l'on n'arrive tout d'abord, en appliquant l'oreille sur la poitrine d'un malade, à se représenter clairement le jeu des ventricules avec leurs alternatives de resserrement et de réplélion. Alors seulement on peut se rendre compte des durées relatives des périodes d'action et de repos des ventricules, d'où l'on tire d'importantes conclusions sur la manière dont s'effectue la fonction cardiaque.
Il n"est pas toujours facile de saisir cette succession des mouvements ; mais, avec un peu d'exercice, on acquiert cette première notion qui est le premier pas dans l'étude de l'auscultation du cœur.
Dédoublement normal des bruits du cœur.
g 89. — Les deux moitiés du cœur agissent, avons-nous dit, d'une manière synchrone, § 58; il en résulte que les claquements des valvules homologues de droite et de gauche se confondent en un seul bruit. C'est pour cela que l'auscultation du cœur ne fait entendre que deux bruits pour quatre clôtures valvulaires.
Toutefois, une oreille exercée distingue souvent dans ce synchronisme apparent une succession à très courts intervalles. C'est 7) siO~<- à Potain1 qu'on doit l'étude la plus précise de ces dédoublements normaux des bruits du cœur; il les a observés chez 1/5 environ des sujets qu'il a examinés : le dédoublement était tantôt très manifeste et tantôt à peine perceptible.
Le dédoublement du second bruit donne à l'oreille ^impression de la mesure de prosodie grecque appelée dactyle ; il tient à ce qu'une des valvules sigmoïdes se ferme avant l'autre. D'après Potain, la valvule sigmoïde de l'orifice aortique se ferme la première dans les cas de dédoublement du second bruit. Celte occlusion prématurée s'explique par un excès delà pression artérielle sur la pression dans l'artère pulmonaire, excès plus grand que celui qui
1858.) - Gultmann fait observer que, dans les expériences précitées, le premier bruit ne se présenle plus avec ses caractères ordinaires. {Wirchow's A, ch., XLY1, p.
Ainsi le premier bruit du cœur est un phénomène plus complexe que le second puisqu'il est constitué non seulement par la tension des valvules aur.culo-ventr.cula.res, mais aussi par celle des parois des ventricules eux-mêmes.