‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 80 sur 431 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

doit renvoyer dans tin système de conduits élastiques représentant l'aorte et ses branches. Un autre tube VA émane du ventricule et communique avec un gros conduit élastique ramifié qui figure l'aorte et ses branches1.

Supposons que le ventricule V se resserre, il expulsera le liquide qu'il renferme; à ce moment, la valvule auriculo - ventriculaire VM se fermera; le liquide ne pourra donc s'échapper qu'en VA et passera dans l'aorte. .Mais il faut empêcher, à ce moment, le reflux du sang dans le ventricule. Pour cela, ou a placé dans le tube VA une valvule semblable à celle de VM, mais tournée en sens inverse.

Il fallait imiter les mouvements de systole et de diastole du ventricule; voici comment ce résultat a été obtenu.

L'ampoule V (fig. 57 représentant l'ensemble de l'appareil) est enfermée dans un ballon de verre v dont le goulol s'adapte hermétiquement au bouchon métallique muni de deux tubulures. Si l'on foule de l'air dans le ballon v, le ventricule V est comprimé dans lous les sens, se resserre et expulse le liquide par le seul orifice qui en permette la sortie, grâce à l'orientation de ses valvules (VA orifice aortique).

Pour fouler de l'air dans le ballon v et imiter ainsi la systole du ventricule, on se sert

d'une boule B de caoutchouc épais, munie d'un tube qu'on adapte a la tubulure latérale p du ballon de verre. Chaque fois que l'on comprime avec la main la boule de caoutchouc, l'air est foulé dans le ballon et provoque une systole du ventricule; dès que la

Fig. 57. —Disposition de l'expérience par laquelle on imilo les bruits valvulaires du cœur.

1. Les deux tubes VM et VA traversent un cylindre métallique formant bouchon à deux tatralares el autourduquel l'ouverture de l'ampoule V est liée solidement.

main cesse décomprimer la boule B, celle-ci reprend son volume, l'air comprimé dans le ballon de verre se délend, en môme temps le ventricule se laisse remplir par le liquide qui descend de l'oreillette et devant lequel s'ouvre la valvule VA.

Quand on comprime et relâche tour à tour l'ampoule de caoutchouc B qui représente la pompe à air, on voit la poche ventriculaire se resserrer et se gonfler alternativement , expulsant dans les artères le sang qu'elle conlenait, puis, recevant de l'oreillette un sang nouveau qu'elle expulsera encore. Pendant ce temps, l'oreille appliquée sur la machine, directement ou mieux à l'aide d'un stéthoscope à long tuyau, perçoit deux bruits. Comme à travers les parois du verre, l'œil peut suivre les mouvements des valvules, on constate aisément que l'un des bruits coïncide avec le resserrement du ventricule et la clôture de la valvule auriculovenlriculaire , tandis que l'autre répond à la fin du resserrement ventriculaire et coïncide avec le claquement des valvules sigmoïdes qui se ferment sous la pression du sang artériel. En empêchant, par l'interposition de petits tubes de métal , l'accolement des valvules contre les parois du tube, on empêche la tension de ces membranes et l'on supprime les bruits auxquels celte tension donnait naissance auparavant. Celle expérience est l'imitation de celle que les médecins du comité anglais § 86 avaient instituée sur l'animal vivant.

En rapportant celte expérience, nous avons tenu surlout à faire connaître par avance un appareil qui rendra des services véritables pour l'étude des bruits anormaux du cœur.

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