CHAPITRE XI
classiques. Suivant notre méthode ordinaire, cherchons a étudier cet effet de l'élasticité artérielle, en le reproduisant dans un appareil hydraulique. cUv^r^^^
Prenons un vase de Mariotte (fig. 80), élevé sur un support. ^ yr De ce vase se détache un tube flexible (mais non élastique) muni o . d'un robinet. Ce tube se bifurque, et chacune de ses branches se continue par un long conduit. De ces deux prolongements, l'un jjzjCJ1 est inerte, il est formé d'un tube de verre; l'autre est élastique, c'est du caoutchouc mince. Ces deux tubes se terminent par des r^y^4 ajutages étroits qui versent le liquide dans deux éprouvettes.
La bifurcation qui donne naissance aux deux tubes, l'un inerte
bïg. 3«. Expérience destinée à montrer comment l'élasticité des artères modifie le mouvement du sang
et l'autre élastique , est formée de tissu compressible ; on en oblitère les deux branches à la fois en abaissant avec la main un levier compresseur, ce qui supprime en même temps l'afflux dans les deux tubes. Quand on soulève le levier, l'afflux recommence dans l'un et l'autre tube. Si on crée des afflux intermittents ••n élevant et abaissant tour à tour le levier compresseur on voit :
1° Que le tube inerte émet à son orifice d'écoulement des jets de liquide intermittents comme les afflux eux-mêmes ;
2» Que le tube élastique donne un écoulement continu et régulier, c'est-à-dire qu'il a transformé, par suite de l'élasticité de ses parois, le mouvement intermittent qu'il avait reçu.
La même chose se produit dans les vaisseaux sanguins ; mais, ^Lu-v^ entre les deux points extrêmes du système artériel, entre l'orifice
aortique et les capillaires, le mouvement du sang passe, pour subir sa transformation, par une série de types intermédiaires ^-rv- entre l'intermittence franche et l'uniformité parfaite. Il suffit, £*££ " pour s'en convaincre, d'ouvrir sur un animal vivant des artères
plus ou moins éloignées du cœur: le jet obtenu est d'autant moins saccadé que l'artère est plus éloignée du cœur.
Cette décroissance des saccades, entre l'origine et la fin du système artériel, a besoin, pour être bien comprise, d'expériences délicates dans lesquelles on inscrit les phases de la dilatation d'une série de tronçons égaux et successifs d'un même tube élastique.
Nous aurons occasion de rapporter plus tard ces expériences1; il suffit, pour le moment d'établir que, sous l'influence de l'élasticité des artères, le courant sanguin se régularise graduellement, du commencement à la fin du système artériel.
I. élasticité artérielle favorise Faction du cœur en diminuant les résistances que cet organe doit surmonter.
8 103 — Cet effet de l'élasticité des artères avait été contesté par tous les physiologistes. Les uns tranchaient la question à priori, disant avec Bichat que si les artères étaient des tubes rigides et inextensibles, la circulation se ferait absolument comme dans des vaisseaux élastiques, sauf qu'on ne sentirait pas le pouls en palpant ces artères rigides. Les autres, se basant sur des expériences, niaient l'influence favorable de l'élasticité des artères sur la quantité de sang qui peut les traverser. Ces auteurs, en effet, ava.ent vu que si l'on fait passer un courant continu de liquide, sous une certaine pression, à travers un tube élastique et à travers un tube inerte, tous deux de même calibre, le tube élastique ne verse pas plus de liquide que l'autre.
Le fait est vrai pour le cas où l'afflux du liquide est produit par une source constante, mais il cesse de l'être si le liquide arrive par afflux intermittents, ainsi que cela se passe dans la circulation du sang. Or, personne n'avait fait d'expériences comparatives en poussant du liquide à intervalles réguliers, d une
1. Voir au chapitre xvi le transport des ondes liquides dans les conduits élastiques.