‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 95 sur 431 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

part dans un tube rigide et d'autre part dans un tube élastique.

Toulefois, quelques physiologistes ayant remarqué que le sang coule dans les artères d'une manière continue, quoique saccadée, et comprenant que c'est l'élasticité des artères qui pousse le sang dans les moments où le ventricule se repose, avaient considéré l'élasticité artérielle comme une force qui s'ajoute à celle du cœur. Mais la question étant ainsi posée, leur déduction était fausse. Bérard1 fit remarquer avec raison que cette force élastique qui pousse le sang pendant le repos du cœur n'est que « la restitution d'une force empruntée à l'action du cœur lui-même »; et que, par conséquent, il n'y a rien d'ajouté par l'élasticité des artères à la somme des forces impulsives qui poussent le sang vers la périphérie du corps.

Est-ce à dire que l'élasticité des artères soit inutile, au point de vue de la quantité de sang que la force du cœur pousse dans les vaisseaux? Non, car si l'élasticité des artères n'ajoute rien à la somme des forces impulsives, elle diminue les résistances que au^ le sang éprouve à pénétrer dans les artères 2. Constatons tout d'abord par une expérience, que si deux tubes, l'un inerte et l'autre élastique, reçoivent du liquide par l'une de leurs extrémités, sous forme d'afflux intermittents semblables en force et en U^*+L durée, le tube élastique débitera une quantité de liquide plus grande que le tube inerte.

Expérience. — Reprenons l'appareil déjà décrit figure 80. Si l'on ouvre le robinet et qu'on laisse l'écoulement s'établir d'une manière continue, la quantité de liquide versé par les deux tubes sera égale si les deux ajutages d'écoulement sont égaux. Mais si l'on ouvre et ferme alternativement les deux branches d'afflux, en élevant et en abaissant tour à tour le levier compresseur, on rendra les afflux intermittents et le tube élastique versera beaucoup plus de liquide que le tube inerte. Cela tient à ce que, pendant les afflux, le liquide pénétre plus abondamment dans le tube élastique que dans l'autre. ÇL .

On doit conclure de ce fait, que l'élasticité des artères permet ' à ces vaisseaux de recevoir plus facilement et plus abondamment le sang que le cœur leur envoie. En d'autres termes, que le cœur

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