‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 96 sur 431 · Bérard, Traité de physiologie, t. III. ^f-p^ t~«u · texte numérisé non relu

Bérard, Traité de physiologie, t. III. ^f-p^ t~«u

1. Marey, Recherches sur la circulation sanguine. [Gaz. méd. de Paris, 1858.) *^ju^^^, i/' *£~n.

^LMdt^ï 166 LA CIRGUIjATI0N DU SANG-

éprouve moins de peine à se vider dans los artères quand celles-ci sont très extensibles que si elles ont perdu leur extensibilité1.

Comparaison du rôle de 1 élasticité artérielle à eelui de 1 élasticité

musculaire.

I 104. — Toutes les fois qu'une force mécanique de courte durée doit déplacer des masses solides ou liquides, il y a grand avantage, au point de vue de l'utilisation de cette force, à la trans- ! ^J' ^ mettre Par l'intermédiaire d'un corps élastique destiné à en pro-

longer la durée d'application. On supprime ainsi les chocs qui sont des causes de perte de travail2. Or, dans l'organisme vivant,

1 Pour démontrer directement l'avantage des tubes élastiques au point de vue de la pénétration du liquide à leur intérieur, il faut avoir un moyen de constater, à chacun des afflux, quelle est la quantité de sang qui entre dans les tubes.

Ce moven nous est donné par l'emploi du vase de Mariotle comme source d afflux. Ce vase/en effet, ne laissant écouler du liquide qu'à la condition qu'il rentre a son intérieur une quantité d'air proportionnelle à celle de l'eau qui en sort, indique assez exactement, d'après le nombre des bulles d'air rentrantes, l'abondance plus ou moins grande de l'eau qui s'échappe à chaque instant dans les tubes. Or, en faisant arriver l'eau d'une façon intermittente dans l'un et dans l'autre tube, on constate que les choses se passent bien différemment dans les deux cas.

Si l'on fait commencer l'écoulement par le tube inerte seul, en pinçant la bifurcation nui se rend au tube élastique, on voit des bulles d'air rentrer dans le vase de Manolte, une à une, à des intervalles réguliers (soit une seconde), et cela, jusqu au moment ou on arrête l'afflux, ce qui supprime à la fois l'écoulement du liquide et la rentrée des

kirautntraire, fermant la bifurcation qui porte le liquide au tube inerte on ouvre celle qui se rend au tube élastique, on voit aussitôt unebouffeede bulles dur rr> pressées arriver dans le vase de Mariette, témoignant a.ns, qu'il entre dans le tube élastique une grande quantité de liquide; puis les bulles d'air deviennent de plu n plus rares et se succèdent à intervalles réguliers d'une seconde jusquà ce quoi arrête l'afflux. 11 est alors évident que le tube élastique a reçu, de plus que e tube ' ine toi a quantité de liquide qui correspondait à cette bouflée de bu les d'axr qui s ntr e dans le vase de Mariette au moment où l'afflux dans le tube élastique a on m net D'autre part, après que l'afflux du liquide dans le tube «^^J^ on voit que l'écoulement continue jusqu'à ce que le liquide qui s e.afl . or dans e tube en le distendant ait été rejeté par le retrait élastique des panus Cri excès - * ment par le tube élastique se reproduira à chaque fois qu'un nouvel afflux de liquide ««provoqué puis arrêté. Plus seront longues les périodes de

n ûs îè tube élastique se videra complètement, ce qui augmentera l'excès de son débit

fournis par les deux tubes. rf.» Qcieraces 4' ses-

2. Voir Bulletin de l'Association française pour l avancement des sciences,

CHAPITRE XI. 167 les forces mécaniques sont toujours engendrées d'une manière intermittente et la durée de leur production est très courte; aussi, l'appareil générateur du travail, le muscle, est-il doué d'une élasticité qui transforme les raccourcissements soudains qu'éprouvent certaines parties de sa fibre en une force élastique prolongée et capable par conséquent de développer une traction durable contre les obstacles qu'elle doit vaincre. C'est l'élasticité des muscles qui éteint les saccades par lesquelles s'engendre la force musculaire et qui donne à la contraction l'apparence d'un raccourcissement continu, lorsqu'en réalité c'est une incessante vibration formée de petits raccourcissements successifs dont les effets s'ajoutent et se fusionnent entre eux1.

La secousse que produit dans un muscle chaque excitation portée sur le nerf moteur dure à peine quelques centièmes de seconde; elle n'aurait pas la force d'imprimer, en un temps aussi court, un mouvement sensible aux masses que nos muscles doivent mouvoir et que l'inertie empêche de se déplacer aussi soudainement. Cette force, pour ainsi dire instantanée, tend la fibre élastique comme un ressort qui, réagissant lentement, exécute le travail voulu.

Avec la force limitée des ventricules du cœur, § 44, et avec une durée d'appiication aussi brève que la phase de systole, de ces ventricules (1/3 de seconde environ), si la masse entière du sang contenu dans les vaisseaux devait passer du repos au mouvement, elle éprouverait des résistances énormes, tant par suite de l'inertie que par les autres causes que l'on appelle frottements-. Mais, grâce à l'élasticité des artères, le cœur n'a pas à vaincre toutes ces résistances au moment même de la systole, mais il ' loge dans les vaisseaux distendus une partie de son ondée et celle-ci continuera à progresser même pendant le repos du ventricule. vlJJ

Nous aurons à revenir sur cette comparaison de l'élasticité des artères avec celle des muscles, quand nous parlerons des variations de la tension artérielle.

sion. Lille, 1874. Marey, Moyen d'économiser le travail moteur de l'homme et des animaux, — et Trav. lab., t. I, p. 1.

1. Marey, Du mouvement dans les fonctions de la vie, p. 465. Paris. Germer Baillière, 1868.

2. Les résistances d'inertie et de frottement du liquide sont proportionnelles au carré de la vitesse.

Force élastique ou tension des artères; sa mesure sur l'animal

vivant.

g 105. — Le sang, contenu dans les parois distendues des artères, transmet, également et dans tous les sens, la pression de ces parois. Quand une ouverture est faite à une artère, c'est la force élastique ou tension de ces vaisseaux qui fait jaillir le sang à une grande dislance. Dans l'intégrité du système circulatoire, la seule issue au sang artériel étant le système capillaire, c'est du côté des petits vaisseaux que se porte toute l'action de cette force élastique. Par le fait de l'écoulement du sang artériel dans le système veineux, les artères se vident constamment et leur tension tend continuellement à décroître, mais le cœur la répare incessamment, en envoyant dans les artères de nouvelles ondées. Il résulte de là d'incessantes variations de la tension des artères; les physiologistes ont cherché à les mesurer.

Des manomètres.

g 106. — En 1744, un physiologiste anglais,Hales imagina d'appliquer à une artère d'un animal vivant un piézomètre semblable à ceux de Bernouilli, § 8. C'était un long tube de verre dans lequel on vit le sang s'élever jusqu'à une hauteur de 8 à 9 pieds. La pression du sang, ou tension artérielle, faisait donc équilibre à cette haute colonne de liquide. Arrivée au summum de sa course, la colonne de sang ne restait pas immobile, mais oscillait continuellement sous l'influence de l'action intermittente du cœur.

Au tube encombrant et fragile de Haies, Poiseuille substitua le manomètre à mercure des physiciens, c'est-à-dire un tube en U (l'fig. 81) dont une des branches est introduite dans le bout central d'une artère coupée transversalement. La pression du sang faisait baisser le mercure dans l'une des branches et l'élevait dans l'autre; on mesurait la valeur de la pression d'après la dénivellation produite entre les deux colonnes de mercure.

Dans le manomètre adopté par Poiseuille, chacune des deux branches de l'instrument n'exprimait que la moitié de la dénivellation totale. Guettet imagina une disposition qui augmente

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