CHAPITRE XI
tité de sang qui sera distribuée aux différents organes; c'est par leur contraction plus ou moins forte que les artères règlent la quantité de sang qui les traverse.
La découverte de J. Hunter a trouvé sa confirmation dans l'histologie qui montre l'élément contractile (fibre-cellule) très abon- '
dant dans les petits vaisseaux artériels et dans les gros vaisseaux , capillaires qui leur font suite, tandis qu'il est plus rare dans o^J^ les artères voisines du cœur: dans celles-ci, comme dans l'aorte, -\\ t le tissu élastique prédomine.
Effets produits sur la circulation par le resserrement ou le relâchement des artères»
§ 110. — Il est parfaitement démontré aujourd'hui que les différents organes ne sont pas traversés par un courant sanguin de vitesse invariable. Une glande, lorsqu'elle fonctionne, possède une circulation plus abondante que pendant son état de repos. Ce fait, déjà entrevu par les médecins du siècle dernier, a reçu de Cl. Bernard son explication complète : ce savant a montré que certains nerfs tenaient sous leur dépendance la contractilité des vaisseaux. Le nom de vaso-moteur donné par Stilling à cette sorte de nerfs en V<a-a*> explique le rôle. C'est par des modifications du calibre de ses i vaisseaux que l'estomac a une circulation plus abondante pendant la digestion, que sa muqueuse rougit, que ses glandes sont préparées à la sécrétion du suc gastrique. C'est par l'action des nerfs vaso-moteurs que se produisent la rougeur et la pâleur du visage sous l'influence d'émotions, etc.
Pour comprendre comment les changements de la contraction des artères augmentent ou diminuent le calibre de ces vaisseaux et par conséquent la quantité de sang qui les traverse en un temps donné, il faut admettre avec J. Hunter1 et Henle* que, dans l'état normal de la circulation, les artères sont contractées avec une certaine énergie (tonus), ce qui leur assigne un calibre moyen; que si la contraction diminue plus ou moins, les vaisseaux, cédant à la pression intérieure du sang, se laissent plus ou moins dilater, et que si leur contraction cesse entièrement, la distension des artères
1. J. Hunter, Traité du sang et de l'inflammation, trad. de Richelot, p. 198