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ie — 63 — liers. Les relations directes avee l'Inde se modernisent, lesstatistiques révèlent déjà l'arrivée de vapeurs indiens. Des agents commerciaux très actifs ont été institués par la Colonie à la Réunion, à Maurice, à Durban et à Zanzibar. Pour organiser nettement ce
mouvement d'affaires, une foire Commerciale est préparée pour 1923 à laquelle sont convoqués tous les
pays riverains de l'Océan Indien du Cap à Singapour.
Il est probable que le développement de ces relations entrainera une certaine autonomie économique de l’Ile, qui jusqu'à présent regardait surtout Ja France. Il soulèévera des questions douanières et financières complexes, car les pays riverains sont en pleine période de transformation économique el ont des organisations douanières, monétaires et bancaires très différentes.
Au premier rang commercial, parmi les pays voisins se trouve la Réunion. Géographiquement, c'est le point le plus rapproché ; historiquenent, Bourbon a créé en quelque sorte Madagascar, elle a fourni des colons tenaces et a été la base solide de notre action
politique et économique dans l'Ile: elle a envoyé des.
volontaires qui ont participé aux diverses expédilions entreprises. Actuellement, à Madagascar, la moitié
de l'élément français, soit environ 9.000 habitants,
est d'origine réunionnaise.
Economiquement, la Réunion est, comme Maurice, appliauee à la monoculture de la canne-à-sucre : malgré ses efforts méritoires pour le développement des cultures vivrières, des plantes à parfum et des autres cultures coloniales, cette île très peuplée devra toujours demander des produits alimentaires ; Madagascar est placée dans des conditions particulièrement favorables pour les lui fournir. Les relations
2 Que maritimes assurées entre Tamatave et la Pointe-des- . Galets, toutes les deux semaines par les Messageries Maritimes et fréquemment par des vapeurs de la Havraise, permettent un mouvement constant d'échan-
ges. Un navire est équipé spécialement pour le transport des bœufs vivants sur les Mascareignes.
Sous le régime hova les trailants bourbonnais venaient vendre à Madagascar, surtout du rhum, et ils emportaient en échange des bœufs. En 1900, le commerce avec la Réunion s’établissait par 731.000 fr. aux importations, 375.000 fre. aux exportations. Pendant la guerre, le ravitaillement en riz et maïs fut assuré par un service officiel créé à Madagascar, opérant pour le compte de la colonie voisine, qui en échange cédait du sucre. Un contingentement très équilibré assura aux deux pays ainsi unis des ressources alimentaires très suffisantes. Les relations se maintiennent aussi étroites après la disparition des organes administratifs de ravitaillement. En 1920, les statistiques conftatent 16 millions aux importations, 24 millions aux exportations, alors que le total des échanges avec l'Angleterre ne dépasse pas, nous l'avons vu,la valeur de 30 millions. Ces relations économiques intenses, l'absence de toute barrière doua- . bière, ont fait naître des projets d'union politique par incorporation de la Réunion au Gouvernement Général de Madagascar ; cette union qui soulève de nombreuses difficultés administratives ne paraît guère convenir aux colons de Madagascar. Quoi qu'il en soit, les relations économiques ne peuvent que s'ac-. croître et des raisons budgétaires seules ont fait supprimer le poste de délégué économique de la Réunion à Tananarive, mais Madagascar a un agent com-
M ps mercial à la Réunion, et cette sorte de consulat intercolonial est d'une grande utilité.
En 1920, Madagascar a reçu de sa voisine, 1.800 tonnes de sucres et 618.000 litres de rhum. Pour l'avenir, il semble que ces deux importantes denrées seront produites de plus en plus sur place, à Tamatave
et à Nossi-Bé. On note ensuite une importation appré-
ciable de sparteries, de meubles et d’alambics. La Réunion a réexporté, en outre, près de 110 tonnes de
sacs généralement usagés et 120 tonnes de cotonnades
provenant principalement des Indes. Elle a acheté à Madagascar, 3.000 animaux de boucherie, 250 tonnes de viandes, 600 tonnes de saindoux, 2.000 tonnes de
mais, 15.100 tonnes de riz et 2.000 tonnes de légumes
secs, 11.000 tonnes;de sel et 150 tonnes de bois. L’ancienne colonie productrice d’un café réputé a dû acheter à sa jeune rivale 325 tonnes de café. l
Les mêmes conditions d'échange et les mêmes éléments de trafic se retrouvent entre Madagascar et l’ancienne île de France, Maurice, dont la population européenne est restée française de langue, de cœur et d'habitudes. Le chiffre actuel des transactions avec Maurice est presque identique à celui de la Réunion, l’île sœur, 10 millions de francs aux importations, 20 millions aux exportations. Les barrières douanières et les différences de change avec la roupie indienne. apportent cependant des entraves à ce commerce, qui aux importations comprend beaucoup de marchandises provenant d'Angleterre, d'Australie, de l’Inde et même du Cap. L’escale de Port-Louis est, en effet, un centre de navigation des plus importants de l'Océan Indien et le trafic de réexportation y est très déve-
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Après le groupe des Mascareignes, le centre d’affaires le plus important pour Madagascar est constitué par les Indes françaises et anglaises. Nos comptoirs et surtout Pondichéry sont en relations faciles avec
Madagascar, grâce au régime des moussons qui porte
sans danger les boutres d’un bord à l'autre de l'Océan.
Mais l’analogic des ressources entre les deux pays tous deux situés dans la zone tropicale humide limite la masse des échanges commerciaux, masse à laquelle il faut ajouter les relations personnelles et d’affaires maintenues par les indiens immigrés qui proviennent surtout de Bombay. Nous avons vu leur rôle dans le commerce intérieur ; la statistique de 1921 fixe leur’ nombre à 6.580. Un seul élément de transactions commerciales, les tissus, correspond aux importations qui se chiffrent par 16 millions provenant des Indes françaises, et 11 millions provenant des Indes anglaises : ce sont les colonnades écrues de là maison Savannah de Pondichérv (580 tonnes), les coltonnades teintées et les filés et sacs de jute de Bombay (970 tonnes). Ces marchandises sont produites à très bon compte par l'Inde, dont les facilités industrielles se développent constamment, Aussi malgréiles charges douanières ce commerce est susceptible d’un gros accroissement. Er échange, il est vrai, Madagascar ne peut offrir que peu de produits utilisables dans l'Inde. Si un service normal de navigation s'établissait, il est néanmoins certain qu'un trafic pourrait naître sur les cuirs, les viandes, les parfums. Il s’effectue du reste dans des proportions modestes par Zanzibar.
Le port de Zanzibar est, en effet, ua centre de navigation internationale comparable à Port-Louis : c’est l’entrepôt des marchandises à destination ou en pro-