ACTES
venance de la côte Orientale d'Afrique, et de puissantes maisons de transit généralement anglo-indiennes y sont installées ; c'est, avec Mascate, le centre le plus florissant de la navigation par boutres. Les longs courriers sur Madagascar v relâchent régulièrement, les annexes partant de Diégo y aboutissent après avoir desservi les quatre îles principales des Comores dont le régime social et économique ressemble du reste beaucoup plus à celui de Zanzibar qu’à celui de Madagascar. En 1920, Zanzibar a expédié ou réexpédié à Madagascar, 7 millions de produits, farines (100 tonnes), cotonnades (150 tonnes), et des produits manufacturés très divers pour les Comores. En échange, il a reçu un million et demi de francs de marchandises (viandes, coquillages, pignons d’Inde) et des bois (850 tonnes), provenant de la scierie installée à la Grande Comore par la Société Humblot.
Ce trafic très divers, sans courant dominant est dû aux relations de voisinage qui ne peuvent que se déve- -lopper. Ces caractéristiques se retrouvent dans les relations nouées avec la côte Orientale d'Afrique et le Mozambique portuguais. Les statistiques offrent, du reste, pour cette zone du Canal de Mozambique des renseignementsincomplets dû fait des opérations des boutres qui atterrissent en tous points de la côte, souvent même bien loin de leur but primitif, et qui y font des opérations commerciales de détail.
Tout autre est le dernier courant commercial qui nous reste à examiner dans l'Océan Indien, celui avec le Natal, basé sur des besoins réciproques, constants et considérables, de produits essentiels. Le trafic : est surtout concentré sur Durban, qui, avec Zanzibar et Port-Louis, forme un triangle de grands ports anglais encadrant Madagascar. Jusque vers 1900, les
relations étaient assurées par des navires réguliers qui venaient par la route du Cap. A la cessation de ce service une ligne annexe fut organisée au départ de Diégo, desservant la côte Ouest ; elle fonctionne encore en principe tous les trimestres. Fréquemment de gros navires de la Clan Line et des charbonniers renforcent celte liaison.
Dés 1900, les relations commerciales furent très importantes et portèrent surtout sur des bœufs, le Natal envoyant du charbon en écliange. Mais une épizootie dans le bétail malgache provoqua des mesures sévères des autorités britanniques. Néanmoins le courant commercial s'est maintenu vivace et la rareté des relations maritimes est le plus grand obstacle à son développement. En 1920, Madagascar a reçu du Natal pour 18.469.000 fr. de produits, parmi lesquels nous notons 630 tonnes de farines, 20.500 tonnes de houille, 560 tonnes de tissus de jute et une grande diversité d'ouvrages de ferronnerie et de quincaillerie. En échange la colonie à exporté sur Durban pour 6.256.000 francs, comprenant principalement 270 tonnes de conserves el graisses animales, 2.500 tonnes d'os et de cornes calcinés ou non, 625 tonnes de riz, 3.700 tonnes de pois du Cap et 2.300 tonnes de bois et traverses de chemin de fer. Toutes ces marchanüises sont susceptibles d’un débouché illimité et la distance très faible permettra à notre avis la création d’un courant commercial des plus importauts.
En résumé, le voisinage des ports de transit de Port-Louis et de Zanzibar, des centres de colonisation européenne du Cap et la proximité de notre Indo- Chine de l'empire indien el de l'Australie assurent à Madagascar de vastes possibilités d'extension de rela-
tions commerciales dans l'Océan Indien. Nous estimons que leur essor sera essentiellement favorable à la Colonie, et tout en la laissant unie étroitement à la mère-patrie, lui permettra d’avoir une activité économique autonome.