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CHAPITRE I

Les Transactions intérieures

--Awvectprès de 3:400: 000 habitants, répartis sur 600.000 kilomètres carrés, la Grande-lle de Madagascar constitue dans le Sud-Ouest de l'Océan Indien un véritable petit continent, qui, depuis les régions côtières tropicales jusqu’à la zone tempérée des hauts plateaux, contient une grande variélé de ressources.

Les diverses races indigènes forment une population

peu dense, indolente et rustique ; seuls les Hovas de l’Imerina et les Betsileos sont capables d’une évolution propre, mais jusqu’au xXIx° siècle ler méfiance envers les Européens était plus forte que leur désir de se perfectionner. Aussi avant notre occupation Île paysg gardait une organisation politique et Geonorqus très primitive.

Le traité du 1 octobre 1895 y a établi la paix française et avec celle-ci la civilisation européenne à pénétré rapidement. En 25 ans, l'indigène qui vivait pauvrément et ne pratiquait que le troc de quelques produits indispensables, a accru considérablement sa production et ses besoins ; il s'est familiarisé avec l'usage des -billets de banque et des effets de com-

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merce ; les relations avec l'extérieur sont passées de 27 millions à 500 millions de francs. | ; |

L'examen rapide de cette habile économique va élablir qu'elle est encore bien loin d’être terminée et que le volume des transactions intérieures et extérieures est susceptible d'un accroissement considérable.

S I - Organisation économique avant le 4 conquête

L'histoire établit que, depuis la date'de leur découverte en l'an 1500, les côtes de Madagascar ont été fréquemment visitées par les navigateurs parcourant l’ancienne route des Indes ; mais aucun établissement durable ne prospéra sur ces rivages dont les populations primitives ne se prêtaient à aucun commerce fructueux.

De Flacourt dans son importante « Relation de lle de Madagascar » (chap. 93), décrit ainsi le pays en 1661 :

« Toute l’île de Madagascar est peuplée d'habitants « qui ne s’adonnent à autre chose qu'a la culture de « la terre ou‘à s'entrefaire la guerre province contre « province. Cette nation n’a jamais su ce que c'est « que le trafic et ne se plaît point à amasser et recher- « cher dans le pays les choses qui peuvent y attirer « les étrangers. Mais ils se contentent seulement de « cultiver et ouvrager ce dont ils ont besoin pour « leur nourriture, leurs vêtements et leurs logements, « méprisant le surplus et estimant cette façon de « vivre plus commode et plus heureuse que l’abon- « dance supertlue de toute chose. Leur trafic ne se « fait entre eux que par échange. Ceux qui ont besoin « de coton en vont chercher où il y en a en abon-

SUR Lies « dance et pour les choses qu'ils portent ét condui- « sent avec eux comme bœufs, vaches, riz, fer et « racines d’igname, échangeant ce qu'ils ont en

« abondance pour celles qui leur manquent et les « autres en ‘ont de même.

« Afin que les habitants de cette ile se puissent

(€ accoutumer à un bon négoce et y prendre goût, il

« est besoin d'y établir diverses colonies de Fran- « çais.... Les habitants voyant de bonnes habitations « fondées et la façon que l’on vit dans l'Europe, dans « la politique et dans l'ordre qu’il y a dans les villes, «en la diversité des artisans et en l'utilité du com- « merce et du trafic, prendraient aussitôt goût à ce « genre de vivre et tâcheraient à imiter les chrétiens « et même à les surpasser en cela. »

Cette description et ces considérations tres judicieuses sur le développement possible des transactions étaient encore absolument exactes au début du XIx* siècle.

Seule, l'influence musulmane, implantée depuis le moyen-àge à Zanzibar et aux Comores, avait réussi à créer quelques courants d'échange sur la côte Nord- Ouest. |

Sur les hauts plateaux, les populations de races hova et betsileo, divisées en pelits royaumes, vivaient très pauvrement malgré leur intelligence éveillée. Mayeur les visita en 1777 et 1785 et déclare « que le « sol de tout ce plateau est ingrat et que les habi- « tanis peuvent y satisfaire à peines aux premiers « besoins de la vie. »

Dans le cours du x1x° siecle, une série de souverains habiles donnérent à l'Imerina use organisation politique solide et étendirent leur domination jusque

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sur la côte. Par leur action personnelle et leur con- , trainte, paternelle ou brutale ils assurérent le développement des cultures et donnèrent à leurs sujets

des habitudes d'activité qui les caractérisent aujourd'hui. Ils établirent un régime administratif et législatif d'une netteté remarquable, condensé principa-

lement dans les lois malgaches de 1868, l’Institution des Sakaizambohitra de 1878 et le Code des 305 arti-

cles de 1881.

Ils créèrent un embryon d’aristocralie, mais te: sérent la masse de leurs sujets étroitement encadrés dans la famille et le village (fokon’olona) qui constituaient des groupes économiques à peu près auto-

nomes. L'existence de castes, de privilèges, de grands

vassaux, de dotations foncières permet de comparer l'organisation hova à notre système féodal.

Si nous considérons le pays en 1895, nous constatons qu’à l'exception de l'Imerina l’organisation 6conomique restait des plus rudimentaires.

Dans les régions côtières au sol fertile et au climat

très chaud les populations très paresseuses subve-

naient à tous leurs besoins par la cueillette des produits de la forêt et le croît des troupeaux de bœuis, pâturant en quasi liberté. Des trafiquants indiens, arabes, venus en boutre avec les moussons et quelques

rares européens des Mascareignes essavaient d'obtenir -

* de Ia cire, des bestiaux et des peaux. en les troquant contre du sel, de l'alcool, des tissus et de la bimbeloterie.

Sur les plateaux au sol primaire, au climat plus rude, les groupements indigènes clairsemés dans les vallées devaient culliver les cuvettes, seules fertiles, pour obtenir le riz et les denrées alimentaires indispensables, tandis que sur les croupes herbeuses pais-

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