‹ La Circulation MonétaireChapitre 4 sur 64 · PE EP CE · texte numérisé non relu

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saient de grands troupeaux de bœufs. Mais déjà les cases étaient construites en terre pétrie, souvent avec, l'aide de tout le village, et dans chaque famille les fibres des plantes étaient habilement tressées en vêtements. |

La fortune immobilière était tres réduite, car la terre cultivée et même les maisons restèrent très longtemps partie du domaine royal; leur vente aux étrange ers resta toujours interdite. La fortune mobilière consistait en troupeaux de bœufs et surlout en esclaves ; on comptait, avant l'arrêté de 1897, 306.000 “esclaves en Emyrne, 100.000 en pays betsileo, 100.000 dans les régions côtières, soit environ le quart de la population. Fe

Avec une organisation aussi primitive nul courant d'échange intérieur ne pouvait s'établir. Pourtant quelques villes et surtout Tananarive, importante agglomération de villages au milieu de rizières fertiles, constituaient des centres où la vie sociale et économique commençait à se différencier. Une jeune aristocratie tendait à copier les européens au moins dans leurs vêtements : des artisans ingénieux, groupés 6n corporations privilégiées. exerçaient des indusiries élémentaires (charpentiers, tisserands, forgerons, orfevres). Ces aptitudes furent développées intelligemment dès le règne de Radama Il, grâèe à l’action personnelle de missionnaires tenaces et de colons hardis, particulièrement de MM. de Lastelle et Laborde : ce dernier, arrivé en 1831, adapta au pays quelques industries de transformation et, ayant une réelle influence personnelle sur les souverains hovas, réussit en 1840 à installer des hauts fourneaux et des industries mécaniques assez perfectionnées auxquelles travaillaient plus de 1,500 familles indi-

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gènes. Ces embryons d'industrie constituaient avec yes besoins croissants des centres de l’Imerina, particulièrement en tissus de coton, les seuls facteurs nota- bles de transactions.

Les relations commerciales et celles qui auraient pu s'établir entre les plateaux et la côte élaient entravées par l'insécurité qui régnait en dehors de l’Imerina et particulièrement parmi les populations guerrières de l'Ouest et du Sud qui n’admettaient guëre la domination hova même théorique.,Les voies de communication étaient systématiquement négligées et tous les transports se faisaient à dos d'hommes. Nous verrons plus loin qu'il n’existait pas de monnaie locale et il est curieux de remarquer que ce pays ignorait même tout système de poids et mesures. Le Code de 1881 reconnaissait bien l’usage des mesures anglaises de poids et de longueur, surtout pour les étoffles, mais l'ensemble de la population recourrait surtout pour les évaluations des choses à des images pittoresques, mais bien imprécises. C’est ainsi que les distances étaient calculées sur le temps nécessaire pour les franchir et les plus petites unités correspon-

daient au lemps nécessaire pour cuire une sauterelle, une crevelte, etc.

\ -Les poids correspondaient de même très objectivement à un grain de riz, à un pois, une fève, une piastre. La vata de riz était seule une mesure conventionnelle arbitraire, mais pratiquement elle variait suivant les régions.

S IT. - Eléments actuels du commerce intérieur

Tel était, en 18%, le stade d'évolution économique de ce pays qui, après quelques années de résistances

sourdes, puis de révoltes armées, est devenu rapidement une grande colonie française, riche et prospère.

Les esclaves furent affranchis, les castes suppriprimées, les terres laissées en toute propriété aux occupants, lPAdministration intervint activement pour développer l'instruction professionnelle et la prodüetion agricole. Le système métrique fut instauré, la législation civile et commerciale métropolitaine fut rendue applicable. Une masse importante de militaires, de fonctionnaires, de colons européens vinrent s'installer dans le pays et s’efforcèrent d’en exploiter les ressources. Routes, voitures, chemins de fer, canaux vinrent faciliter les transports des marchandises. D'après l’étude sur les Transports Terrestres, présentée en 1911 au Congrès de l'Afrique Orientale par M. Mot, le prix de transport d’une tonne de marchandise de Tamatave à Tananarive coûtait: en 1895, 1.200 fr. à dos d'homme ; en 1902, par la route et les pangalanes, 700 fr. ; en 1910, apres l'ouverture de la voie ferrée, 150 fr.

Cette circulation plus facile des produits permettait une amélioration des modes d'existence des indiœenes, un développement de leur bien-être et de leur production. Dans des instructions clairvovantes, paternelles mais énergiques, notamment en date des 19 novembre 1898 et 22 janvier 1899, le général Galliéni traçait le plan d'évolution économique de nos sujets. Une vaste documentation constituée principalement par les rapports d'ensemble du Gouverneur Général, insérés chaque année au Journal Offictel de la République Française permet de suivre pas à pas ce développement remarquable dont l'étude dépasse le cadre de ce travail.

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