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a donner au bœuf, en vue du remplacement par l’amende des condamnations au paiement d’un certain nombre de bœufs, prévues par la loi indigène.
$S 1. — Les piastres et l'argent coupé
Cependant les troupeaux étaient une monnaie assez encombrante, même pourles malgaches, et ne permettaient pas des transactions faciles soit pour les sommes minimes, soit dans les relations anciennes avec Îles navigateurs européens ou arabes. Aussi, dès le Xvr"° siècle, ceux-ci apportèrent des pièces d'argent se rapprochant de celles de 5 francs actuelles et appelées piastres par les premiers commerçants espagnols ; élles gardérent ce nom quelque soit leur origine ultérieure et les indigènes des campagnes continuent à appeler piastre la pièce de cinq francs qui reste leur monnaie de compte. Au début, les naturels préféraient aux piastres les chaînes d'argent, et fondaient les monnaies pour en faire des bracelets lourds et disgracieux appelés manille. Aucun minerai d’argent ou même de cuivre n'était, du reste, sérieusement connu et traité par les malgaches. Les castes nobles des bijoutierset ferblantiers, qui ont fourni u'térieurement des faux monnaveurs habiles, sont d'institution récente. Mais en raison de l'insécurité générale et de l’imprévoyance des indigènes, les piastres, comme les bijoux, étaient peu répandus. D'après un testament de 1842, nous voyons que la fortune mobilière d’un riche indigène de la ville de Tananarive tComprenait environ : 7o esclaves, 140 bœufs et 2.500 piastres. C'est à partir de 1850 que la pièce de 5 francs française fut introduite en quantités importantes, ct domisa dans la circulation. Le Code de 305 articles détermine, en son article 160, d'une façon détaillée et avec les
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expressions imagées qui prouvent le caractere trés observateur des indigènes, la liste vraiment éclectique des pièces admises en circulation en.1881. Nous en reproduisons le texte avec les explications données par M. Julien, traducteur de ce code :
ART. 160 : « Les piastres quelles qu'elles soient : « ngita (1), Tanamasoandro (2), tsangan’olona (3),
« tokazo (4), malamakely (5), behatoka (6), ou tom- « botsisina (7) doivent être acceptées au même taux « et échangées de même du moment qu'elles sont de « bon aloi. Si le change diminue pour l’une d'elles, (il diminuera également pour toutes, et il en sera de « même si le change monte ; ceux qui ne se confor- « meront pas à la présente loi seront punis d’une
(1) Ngita : ce mot signifie crépu, laineux, enchevêtré ; il servait à désigner les piastres espagnoles sur lesquellesles armes de ce pays sont représentées avec une richesse de détails qui constitue un véritable enchevêtrement.
(2) Tanamasoandro ou rayons de soleil : ce mot désignait les piastres mexicaines, sur lesquelles était représenté un bonnet phrygien avec la devise « Libertad » et une auréole de rayons de soleil.
(3) Tsangan'‘olona était le nom de nos pièces de 5 francs avec le groupe allégorique représentant la Liberté, l'Egalité et la Fraternité des 2me et 3me Républiques, de là le nom de Tsangana (debout), olona (personnes).
(4) Tokazo servait à désigner les piastres de la république bolivienne présentant d'un.côté le profil de Bolivar, de l'autre, un arbre, et deux lamas, d’où le mot tokazo, signifiant touffe d'arbres.
(5) Malamakely, de maiama (poli, usé, patiné) et kely (un peu, petit) ; ce terme désignait les piastres françaises de la 1'e République et de Napoléon ler, toutes remarquables par l'usure qui les caractérise et aussi leur peu d'épaisseur.
(6) Behatoka, be (gros, beaucoup) et hatoka (nuque) ; ce mot désignait les pièces de Louis XVIII et de Charles X, rois auxquels les Malgaches attribuaient, d’après l'effigie qu'ils en voyaient, une forte nuque.
(7) Tombotsisina, de tomboka (empreinte) et sisina (le bord) ; ce mot désignait toutes les piastres de l’Union latine, dont l’exergue était marqué en creux au lieu d'être en relief.
A cette liste on ajouta plus tard les piastres Mandrihavia, de mandry (couché), havia (sur le côté gauche) désignant les pièces de Louis-Philippe, lequel ne présente en effet que le côté droit du visage et parait par conséquent, couché sur l’autre ; de Napoléon III ou volamadio, de vola (piastre et madio (propre, net). Les pièces de Napoléon 111 portaient aussi le nom de Ampongabe (grosse caisse), les indigènes comparant à cet instrument de musique les armes de l'Empire qui étaient sur le côté pile de la pièce.
Enfin, les volavavy ou piastres à la femme désignaient les pièces représentant la tête de Ja République avec la couronne d’épis de blé et le bandeau à l'inscription « Concorde » qui furent frappées sous les 2me et 3me Républiques. Les pièces italiennes de Victor Emmanuel portaient le nom de tranom-pitaratra, maison de verre, parce que les armes de la maison de Savoie ressemblent à un panneau vitré.
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« amende d’un bœufet d’une piastre et s'ils ne peuvent « payer, mis en prison à raison d’un sikajy par jour «jusqu'à concurrence du montant de l’amende ».
A la suite d’un procès intéressant avec un anglais nommé Kingdon, qui essayait d'introduire des piastres mexicaines, un édit royal du 27 mars 1894 réglementa plus sévèrement cette circulation de pièces tres différentes de poids et de frai.et qui étaient fréquemment couvertes de marques apposées par les détenteurs successifs. Ce texte stipule que : « Les piastres dites, Malamakely, Behatoka, Tombotsisina ainsi que celles de bon aloi que ce soit des écus :ou de la monnaie coupée ont seules cours à Madagascar. Les autres pièces par contre notamment le Tanamasoandro(pièce mexicaine) et toutes celles semblables qui ont une valeur monétaire inférieure, ne seront plus désormais admises dans le territoire du royaume ».
Mais les piastres, même de poids et detitreuniforme, avaient un autre inconvénient, très sensible dans des pays pauvres et primitifs, c'était d’avoir une très . grosse valeur pour les échanges courants ; la piastre correspondait en effet à un demi bœuf. Aussi les malgaches prirent rapidement l'habitude de fractionner cette unité (piastre ariary) et avec une application simpliste à leurs besoins ils coupérent les piastres par moitié (loso), quart (kirobo), huitième. Le huitième de piastre appelé sikajy avait une valeur encore importante de 0,625, il se rattachait au système des poids minimes qui correspondent à des graines de céréales et'il valait 3 voamena c’est-à-dire 3 fèves, 3 fois 0,20. Mais les unités de valeur descendaient jusqu'au grain de riz (vary iray venty) ou ne de piastre (inférieur à notre centime).
Ces petits morceaux de piastre avaient une valeur
encore plus contestable que les divers écus dont ils provenaient. Aussi la balance était-elle très emplovée pour ces fractions monétaires, et sur les marchés, malgré la faible.cireulation métallique, on trouvait des changeurs qui opéraient la conversion des monnaies. Cependant ce système compliqué est entré dans les mœæurs des indigènes qui ont conservé ces unités concrètes de valeur pour désigner en des formules compliquées nos monnaies divisionnaires françaises, seules en circulation maintenant : c’est ainsi qu'ils appellent la nièce de 0,50, deux fèves et demi, la pièce
de 0,05 sept grains de riz. Mais la monnaie coupée fut,
en raison des fraudes qu'elle facilitait, combattue même par la monarchie hova qui lors de la conquête ne l’admettait plus en paiement des impôts.
Il est intéressant de signaler les quelques eflorts as par le gouvernement'hova après l'expédition de 1885 pour fabriquer enfin de la monnaie et même des piastres. L'anglais Kingdon s'étaitoffert à cette époque à émettre de la monnaie. Le projet de fabrication portant sur 250.000 francs de monnaies fut arrêté d'accord avec le premier ministre et n’échoua que sur
l’intervention de M. Le Mvre de Vilers, résident de
France. Des tractations furent alors poursuivies à partir de 1889 par un ingénieur français M. Rigaud.
Le contrat portait sur 2 millions de pièces d’argent.:
Des modeles d’efligies avaient été étabHs par le dessinateur de la Reine, Ramanankirahina, élève de l’école des Beaux-Arts de Paris, des D ee furent même frappés par la monnaie «le Paris. Une étude de M. Aujas dans le bulletin de l’Académie Malgache 11916-1917) donne des détails circonstanciés sur ce projet. Mais la
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