‹ La Circulation MonétaireChapitre 31 sur 64 · RER EE · texte numérisé non relu

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mauvaise volonté du gouvernement hova, absolumen démuni de stock métallique, empêcha la réalisation même restreinte d’une monnaie nationale malgache.

Pendant ce temps, sur la côte orientale d'Afrique et dans tous les ports fréquentés par les boutres arabes la monnaie de commerce la plus répandue était le thaler de Marie-Thérèse frappé jusqu'au xx"° siècle en quantités importantes par l'Autriche, au millésime théorique de 1780. À la Grande Comore le sultan, plus heureux que Ranavalona, fit frapper en 1890 eten 1901, à la monnaie de Paris, au mêmé titre et modele que les pièces françaises, 2.050 pièces de cinq francs, 150.200 de dix centimes, 210.020 de cinq centimes.

Dans nos élablissements de Mayotte et de Nossi-Bé, les roupies de l'Inde avaient longtemps été seules en circulation mais leur dépréciation infligeait au Trésor des pertes sensibles. La démonétisation en étant délicate, un décret du 14 mai 1880 en fixa d'abord la valeur à un taux très bas, à 2 fr.15 pour que le commerce n'ait pas intérêt à en introduire. Puis un décret du 27 août 1883 imposa le régime monétaire français dans ces iles avec autorisation d'émettre des bons de caisse.

C’est seulement à partir de l'expédition de 1895 que des stocks importants de pièces de cinq francs et de monnaies divisionnaires furent introduits. Mais suivant la loi de Gresham la mauvaise monnaie, Ja coupée, circulait intensivement. Il devenait indispensable de la retirer de la circulation. Dès 1898 la situation fut encore aggravée par les spéculateurs qui cssayaient d'acheter à vil prix toutes les pièces à démonétiser.

S 2. — La pièce de 5 fr. après 1897 ;

La monnaie diwisionnaire.

L'arrêté du 12 janvier 1900 intervint enfin après de longues conversalions entre la Colonie et le Ministre des Finances. Il prescrivait le retrait de la monnaie coupée à raison de 30 grammes par 5 francs. On retira sans difficulté 850.000 franes, soit 5.000 kilos de métal. On s’efforça, en procédant à cet échange, de répandre les monnaies divisionnaires et de billon; les dernières furent très bien accéptées, de même que la pièce-de 0,50: mais les pièces de L'ir. et-de 2 fn, restèrent longtemps en défaveur. En co qui concerne les piastres étrangères, elles furent éliminées rapidement ‘par les piastres françaises, qui déjà circulaient en abondance et sans intervention de l'Administration. Le développement de la bijouterie, favorisé par la sécurité et la prospérité générale et par l'installation de nombreux bijoutiers indiens, contribua à la disparition de toutes Iles monnaies non CARO au SVStème de l’union latine.

Les bijoux d'argent, fabriqués sur place malgré l'absence de toute production minière, proviennent ca effet pour la plus grande partie de monnaies fondues ; leur poids doit être très important si l'on considère l'essor continu des arts industriels qui, en1920, ont consommé plus de 166 kilos d'or pur valant pres d’un million 200.000 francs ; aucune donnée statistique n'existe sur la fabrication des bijoux d'argent.

Les piastres françaises existant en 1895 dans le pays ne dépassaient pas 2 millions. Ce chiffre était insuffisant pour assurer l'essor des transactions que nous avons précédemment étudié. Toute l'importation des pièces d'argent se fit par l'intermédiaire du Trésor et

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des paieries du corps expéditionnaire. Les apports personnels des particuliers (commerçants, fonction-

naires et officiers) ne peuvent pas être bien considé-

rables et sont compensés par les sommes d'argent emportées par ces mêmes personnes à leur retour vers

France. Jusqu'à la période de guerre le métal argent

circulait du reste en grande abondance dans tout l'Océan Indien, son cours très bas mettait la pièce de o francs à moins de 2 fr. 50 et ne permettait aucun

échange favorable. Au contraire, l'argent importé était

accepté très facilement par l'indigène et ne pouvait pratiquement sortir, à moins de pertes considérables, que sur France et sur la Réunion. Les envois sur ces destinations se faisaient à meilleur compte par mandat poste. Aussi peut-on affirmer que le stock d'argent importé est resté presqu'entièérement à Madagascar. L'Administration eut au contraire à intervenir pour empêcher l'introduction fructueuse et la circulation d’écus étrangers ou de piastres indochinoises. (Cireulaire du 25 mai 1903).

En 1905, le total du numéraire introduit par le Trésor depuis 1896 atteignait 47.115.950 francs, dont 1.751.950 fr. de billets, 93.000 d’or et 45.271.000 fr. d'argent ou de billon. Après 1905, ce mouvement se réduisit très notablement ; un gros effort fut fait pour développer l'usage de la monnaie divisionnaire qui élait d'autant plus insuffisante que l'indigène continuail à accepter sans enthousiasme les pièces de 1 fr. et de 2fr., probablement parce qu’elles ne correspondent pas à ses unités anciennes (sikajy, voamena). Par contre, les pièces de 0,50 et le billon étaient en quantité tout à fait insuffisante; assez abondantes dans les régions où il était nécessaire de payer des salaires (chantiers, plantations) elles faisaient défaut dans

beaucoup de provinces. Sur lesmarchés, deschangeurs indigènes prenaient de 2 à 5 °/, de change pour donner la monnaie d'un écu. Cependant, au 31 décembre 1909, l'encaisse du Trésor comprenait pour 14.762.000 francs d’éeus, 4.953.000 de monnaie blanche et 70.000 francs de billon ; jusqu’au début de la guerre l’Administration locale a constamment insisté à Paris pour obtenir l'envoi de stocks importants de monnaie divisionnaire. à

En plus du stock constitué par l'Etat, il faut tenir a compte des importations de monnaie d'argent qui furent effectuées par le Comptoir d’'Escompte de Paris à partir de 1904. C’est à compter de cette date que cette banque, alors la seule puissante à Madagascar, obtint l'autorisation de se mettre en compte avec Île Trésor pour effectuer des virements entre ses acences locales et pour effectuer des remises de France ou sur France. Les virements sur la Métropole furent particulièrement importants dans les années 1909 à 1914. Mais comme contre partie, la banque effectuait à ses frais l'importation de nombreuses pièces d'argent: c’est ainsi qu’en 1912; elle introduisait 3.050.000 francs d écus alors que le Trésor ne recevait que 316.019 fr. de numéraire. Le Comptoir s’efforçait de diminuer la crise de monpaie divisionnaire accentuée par le rapatriement en 190% de 450.000 francs et, en 1905, de 125.000 francs de pièces de 0,90 démonétisées, el par la disparition progressive de 329.000 francs de pièces de Ofr. 20 en argent introduites jusqu'en 1899. Au Congrès de l'\frique Orientale, le représentant du Comptoir faisait adopter le vœu que 600.000 francs de monnaie divisionnaire soitacheminés sur Madagascar. Ce vœu n'obtint du reste pas satisfaction.

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Mais ces opérations gardérent un caractère exceptionnel. Ainsi, avant la guerre, le stock métallique d'argent à Madagascar restait surtout constitué par les importations du Trésor et était évalué à 50 millions avec une exactitude suffisante.

$ 3. — Les monnaies d'or. — Le bullon

La monnaie d’or n’était pas utilisée au temps de la monarchie hova ; la production locale était absorbée par l'orfévrerie indigène qui, du reste, recevait son inspiration des bijoutiers indiens et arabes. Les commerçants étrangers ne se servaient jamais de monnaie d'or dans les pays de l'Océan Indien et de l'Extrême Orient, qui gardaient l'étalon d'argent et demandaient des roupies où des piastres.

Lorsque l’armée d'occupation fut constituée en 1895, le service du ‘Trésor emporta la monnaie adaptée aux mœurs locales, c’est-à-dire de l’argent. Pour les échanges extérieurs ou sur France, il était muni de billets de banque ; les envois faits à Ia Trésorerie en 1895 portent, en effet, pour un total de 7.444.000 fr., sur 969.000 francs de billets, 9.630.000 francs d’écus et à peine 15.000 francs d'or. L’or n’était nullement recherché sur place, alors qu'il avait déjà en France une forte prime sur l’argent ;: aussi les envois d'or pour les caisses publiques restèrent pratiquement nuls ; de 1895 à 1908 leur total atteignit 113.000 fr. seulement.

Pourtant, peu avant la guerre, le Comptoir d'Escompte envoya à ses agences quelques sommes importantes de métal jaune ; en 1912, il importait. ainsi . 863.000 francs de pièces d’or. On peut négliger les appoñts infimes des particuliers qui étaient largement compensés par les quelques pièces emportées ne les voyageurs allant en France,

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