‹ La Circulation MonétaireChapitre 32 sur 64 · DAY · texte numérisé non relu

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Au début de la guerre, la circulation d’or restait done très faible à Madagascar comme dans tous les pays de l'Océan Indien. Les hostilités n’ont fait qu'augmenter cette carence puisque les particuliers furent invités à verser leur or pour la défense nationale et versèrent environ 220.000 francs. Il semble que de longtemps encore le métal jaune n’entrera pas dans les transactions de Madagascar soit intérieures soit extérieures. Pourtant dans un avenir lointain si l'Ile obtenait son autonomie financière et si des crises

- durables survenaient, la possession par la Grande Ile

d'importantes ressources en or brut que nous allons examiner aurait une influence favorable pour la situation monétaire de Madagascar.

Mais l'or joue dans la circulation intérieure de l’île, un rôle beaucoup moins important que la monnaie de billon. La modicité de la plupart des transactions locales, qui s'effectuent sur des produits à très bon marché, exige surtout des petites valeurs de numéraire. Nous avons vu comment sous le régime hova, aucuñe monnaie de billon n'existait; on arrivait à calculer par 1/720° de piastre et le sou actuel a encore, en 1922, une valeur d'achat appréciable en fruits, légumes et viande. La différenciation des fonctions économiques qui accompagne le développement de l'Ile et l’augmentation du nombre des petits marchands, dont l’étalage ne vaut souvent guère plus de 3 ou 4.francs, ont augmenté ce besoin de biHon.

Avant la conquête, dans les ports de Nossi-Bé, Sainte-Marie,et aux Comores on se servait de monnaies de billon d'origines très variées (annas des Indes, pièces de la Réunien): nous avons vu, en outre, qu'aux Comores le Sultan Saïd Ali fit frapper des

aie

Rae | monnaies en bronze. Mais d’une façon générale, au- . Cune importation sérieuse de billon étranger ne fut faite, car cette sorte de monnaie manque dans tout l'Océan Indien. Aussi l’approvisionnement du Frésor en monnaie de billon a été toujours tres insuffisant. Les envois des pièces de 0,05 et de 0,10 passèrent cependant de 25.000 francs en 1895 à 257.000 francs en 1899, mais se ralentirent beaucoup après cette date, si bien qu’en 1908, le total des importations effectuées par le Trésor atteignait 867.508 francs. En 1910, à la suite des doléances répétées du commerce local, un envoi de 200.000 francs était effectué.

Au début de la guerre, le stock était évalué à un million, chiffre très modique si on le compare au taux de 6 francs par tête d’habitant (y compris la population des Colonies) fixé par la convention monétaire du 23 décembre 1865. Aussi le Congrès de l'Afrique Orientale émit, en 1911, le vœu qu'un envoi de 2 mil lions de francs de pièces de 0,10 et de 0,05 soit fait par le Trésor. La guerre a empêché bien entendu que ce vœu soit suivi d'effet. Au contraire, on a vu peu à peu disparaître de la circulation 329.000 francs de pièces de 0,20 d'argent, très recherchées par les indigènes du Sud et qui facilitaient les transactions sur le billon. Nous allons voir comment seule l'émission de timbre-monnaie permit à la Colonie de résoudre cette crise de petite monnaie. Cependant depuis 1920, des envois de monnaies/de cuivre et de nickel ont été obtenus de la Métropole ; ils atteignaient un total de 220.000 francs au 1° juillet 1922.

$S4. — Le retrait de l'argent pendant la querre

Le stock de 50 millions de monnaie métallique ainsi constitué par le Trésor Public, et aborbé par les indi-

DURE à PRE

gènes a subi pendant la guerre la loi mondiale de retrait des espèces métalliques. Au lieu d’être en circulation vivifiante et active, ce numéraire est actuellement caché et thésaurisé sans de pour la collectivité et pour les détenteurs. |

Tout d’abord l'importation du numéraire a été presque complètement arrêtée. Durant les hostilités la Métropole cessa tout envoi métallique et couvrit ses grosses dépenses de recrutement et de ravitaillement par des billets de la Banque de France qui, nous le verrons plus loin, reçurent à ce moment seulement cours légal dans la Colonie. Le Comptoir, de son côté, importa, d’après les statistiques douanières, en 1914, 1.035.000 francs, en 1915, 350.000 francs, en 1916, 900.000 francs de monnaies d’argent, en 1916, en outre, 50.000 francs de monnaies d’or. Mais il introduisit surtout des quantités énormes de billets de banque en grosses coupures qu'il essaya de transformer en numéraire. |

En raison de l'effort fait pour intensifier la production des denrées nécessaires au ravitaillement et à la défense nationale, les indigènes recevaient de hauts salaires ou des prix très rémunérateurs ; ils furent bientôt à même de thésauriser plus activement que par le passé. En même temps ils virent apparaître à profusion des billets de banque qu'ils ignoraient encore et particulièrement le billet de 5 francs qu'ils étaient obligés de recevoir pour une piastre. Aussi, dès 1916, la bonne monnaie était chassée par la mauvaise, les piastres furent enfouies, la monnaie divisionnaire suivit bientôt le même sort. Les efforts de l'Administration pour éviter ce phénomène furent constants : tout le stock métallique du Trésor fut lancé dans la circulation et l’encaisse métallique qui

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