RES
atteignait 20 millions en 1910 était tombée au 31 décembre 1916 à 3.230.000 francs d’écus, 2.175.000 fr. de monnaie blanche et 54.000 francs de billon. Au lieu d'aider ces efforts, le Comptoir d'Escompte, qui s'était constitué une forte réserve d'argent, refusait, même à ses clients, les espèces métalliques et à cer-
taines périodes n'accepta de transformer en numé-.
raire les billets qui lui étaient présentés que-contre un change de 5 °/,.
Ce resserrement de la circulation métallique eut une fâcheuse influence sur les transactions intérieures. L'administration y rémédia en sanctionnant vis-à-vis des indigènes le cours forcé du billet de banque par les peines efficaces de l'indigénat. Au terme de l'arrêté du 15 septembre 1916 est passible des peines disciplinaires de l'indigénat, l’indigène : 4° qui refuse en paiement un billet de la Banque de France ; 2 qui vend sa marchandise à un prix différent suivant que le paiement est effectué en billets de la Banque de France et en'numéraire ; 3° qui fait trafic des billets en exigeant un change pour les transformer en numéraire ; 4° qui conserve par devers lui une quantité de monnaie divisionnaire ou de billon supérieure à ses besoins immédiats. Pour les européens, la loi du 12 février 1916, tendant à réprimer le trafic des monnaies et espèces nationales, était promulguée le 24 novembre 1916.
En outre, pour remédier à la pénurie de monnaie divisionnaire et de billon qui gênait particulièrement les marchés des villes, le Gouverneur Général par décision du 12 septembre 1916 autorisa les receveurs des postes à délivrer des timbres postes de 2 francs, 1 franc, 0,50 et 0,25 collés sur carton et valant comme monnaie d'appoint. Nous examinerons ultérieurement
Edit MAT A die él lÉRnEER PT ES RER A PEL dat
et
l'économie de ce système qui donna et donne encore une solution pratique à une crise qui a été commune à tous les pays touchés par la guerre.
Le montant de ces émissions de timbres-monnaie atteint 2.500.000 francs en 1922. |
Cependant, avec la prolongation de l’état de guerre, les questions de monnaie métallique cessèrent d’avoir un caractère intérieur. La hausse considérable du mélal argent, si employé dans l'Océan Indien, la baisse du change français au-dessous du point d'or, rendaient avantageuse l'exportation du numéraire argent vers les pays voisins étrangers. Aussi par décret du 3 septembre 1915, promulgué le 3 novembre | suivant, la sortie des monnaies d'argent fut prohibée ainsi que leur réexportation sous un régime douanier quelconque. Cette interdiction avait déjà été appliquée au billon et aux monnaies de nickel par un décret du 30 mars 1915. Pour la monnaie d’or la faible quantité en Circulation rendait peu importante l'interdiction d'exportation formulée par l'arrêté du 28 avril 1915 et par le décret du 1% mars 1915. |
Mais pour l'or brut, produit eu quantités importantes par la Colonie, des mesures très rigoureuses et très ellicaces furent prises. Le décret du 1* mai 1915 susvisé avait interdit en effet l'exportation de l’ôr en lingot, en poudre ou sous toute autre forme. Un arrêté du 11 mai suivant autorisa l'exportation de l’or sur la Métropole sans autorisation spéciale, mais l’envoi devait être fait directement sous pavillon français et une déclaration spéciale devait être faite au chef de district. Cependant certains étrangers asiatiques pra- : tiquaient des achats anormaux d’or en vue d’exportation frauduleuse sous forme de bijoux emportés sur eux à Bombay ou Zanzibar, exportation tres difficile
rep
| à empêcher malgré l’active surveillance douanière exercée sur les côtes. Un décret du 9 octobre 1915 mit fin à ces agissements en interdisant toute vente d’or en dehors de celles faites aux commerçants en or patentés à cet effet. Ces commerçants sont. en effet astreints, par le décret du 23 mai 1907 sur la circula.. tion de l'or dans la Colonie, à une comptabilité sérieuse et aisément contrôlable. Un arrêté du 27 novembre 1915 précisait les conditions très strictes auxquelles seraient soumises les autorisations spéciales de vente d'or en vue de fabriquer des bijoux. Le 19 juillet 1916 un arrêté venait encore renforcer la surveillance des bijoutiers en or et établissait le contrôle des vieux bijoux et des pièces démonétisées que ceux-ci pouvaient fondre.
… Ce système de surveillance retint le métal précieux mais il ne le mettait pas à la disposition de la Métropole qui s’efforçait d'augmenter son stock métallique. Les exportations effectuées sur la France par les particuliers ou même par les banques laissaient aux envoyeurs des frais de transport et d'assurance d'autant plus élevés que la guerre sous-marine s’intensifiait. La Colonie se substitua alors aux particuliers pour supporter tous ces risques, en même temps que par une pression administrative sur la main-d'œuvre, elle cherchait à intensifier la production aurifère. Un arrêté du 9 mars 1917 autorisa la Colonie : 1° à rece- -voir l’or des prospecteurs et exploitants en vue de sa réalisation dans la Métropole par la Banque de France pour le compte des commettants; 2° à consentir aux prospecteurs et exploitants des avances immédiates de 2 francs à 2 fr. 60 le gramme sur l'or ainsi confié ; 3 à acheter ferme les lots d'or de 100 grammes et moins aux prix de 2 fr. T5 et de 2 fr. 40. Huit centres
d'opérations de ce genre furent créés. Ce système ne donna cependant pas des résultats appréciables, car il élait basé sur la valeur standard de l'or monétaire. En 1917, l'Administration ne reçut que 50 kilos d'or dont 41 kllos provenant de la région de Mananjary. Dès 1918, la hausse du métal se produisit et la réalisa-
tion au taux légal devint désavantageuse. Pour main--
tenir des achats d'or aux producteurs il aurait fallu suivre les cours commerciaux, ce qui était difficilement réalisable par un organisme administratif. Aussi un arrêté du 23 juillet 1918 abrogea les mesures que
nous venons d'indiquer, le commerce libre fut seul à
effectuer les transports d'or de Madagascar en France. En fait, c’est le Comptoir d'Escompte qui par ses agences de Mananjary et de Tamatave intervient comme commissionnaire en or pour le compte de presque tous les exploitants, à l'exception des grosses sociétés minicres (Ci° Occidentale, Andavakoera,Syndicat Lyonnais). Nous verrons du reste que l’exploitation de l'or est en régression constante.
Après la cessalion des hostilités les mesures de répression du trafic des espèces et monnaies furent maintenues par l'arrêté du 20 décembre 1919. [’arrêté du 29 janvier 1920 assura de même la répression de la fonte des monnaies d’or et d'argent, dans les mêmes conditions que pour la Méropole.
En fait la population indigène tres docile et peu initiée aux questions complexes de change n’essava pas de réaliser le stock monétaire d'argent qu’elle avait pu mettre en réserve dans cette période de prospérité générale de la Colonie. Seuls les commerçants asiatiques grâce à l aversion des indigènes de la brousse pour le billet de banque et à la fréquence des relations par boutre sur les côtes du Canal de Mozam-
bique, purent se livrer à un trafic frauduleux d’or et. d’argent.On signala du reste dans la région de Tuléar, : lors de la récolte des pois du Cap désires que des indiens avaient payé 40 °/° de prime pour se procurer des piastres en échange de billets. Mais ces faits sont | restés exceptionnels et n'ont pudiminuer sérieusement le stock métallique de la Colonie.
Dès 1920, le Trésor métropolitain OC En l'envoi de monnaies divisionnaires, pour environ 100.000 fr. de pièces de 1 fr. et 0 fr. 50 et surtout de quantités importantes de monnaies de billon et de nickel pour une valeur totale de 220.000 fr. Les pièces de nickel, malgré leur aspect séduisant, ne furent pas très bien accueillies par la population de Tananarive et sont surtout exportées dans la brousse et spécialement sur les exploitations dirigées par les européens. Malgré tout, dès 1922 la circulation de l'argent et du billon devient assez fréquente. |
Le facteur principal du retour des stocks thésaurisés à la circulation active réside dans la crise économique commencée en 1922, A la fin dela guerre, les marchandises d'Europe purent arriver d’une façon a peu près normale et l’indigène, imprévoyant, se hâta de dépenser les billets économisés. La crise ayant fait baisser le prix de réalisation des produits et même le prix de la main-d'œuvre alors que les impôts étaient très fortement augmentés, les indigènes durent, dès 1921, déterrer leurs réserves. Dans des provinces entières qui ne peuvent vendre leurs bœufs du fait de l'arrêt des grandes usines de-conserves de viande, le Trésor reçoit la plus grosse part des impôts en pièces d'argent. Le montant des écus existant dans les caisses du Trésor est passé de 4.500.000 fr. au 1®% janvier 1921 à 11.750.000 fr. au 31 juillet 1922.
NE OT AE ER D or
On peut donc prévoir que d'ici un an ou deux, une
proportion normale de monnaie d'argent sera en cir-
culation et y restera sans danger d’ évasion, en raison de la difficulté des transferts vers les pays à étalon d'argent, et de la baisse considérable du métal argent sur le marché mondial, baisse qui tend à ramener les 25 grammes de notre écu à la valeur de 5 fr. en billet français. | |
$ 5. — Les Ressources Métalliques de Madagasc ar
De l exposé qui précède il résulte que la Grande Ile doit posséder encore un stock denuméraire métallique d'environ 950 millions qui tend à rentrer dans la circulation. Nous allons voir qu'il est complété par une cireulation fiduciaire constituée par environ 80 millions de billets de la Banque de France. AuCun rapport juridique n'existe entre les deux monnaies puisque, même si le cours forcé du billet était levé, les détenteurs ne pourraient pas obtenir l'échange de leur papier contre de l’or ou des écus, aueun bureau de la Banque de France n’existant à Madagascar ; ils devraient les faire présenter en France et rapatrier la monnaie obtenue en échange. L'opération entrainerait des charges considérables de transport, d'assurance et d'intérêt des sommes immobilisés.
La situation actuelle n’est pourtant qu’une improvisation de guerre dont l'adaptation aux conditions normales des échanges pourra être très délicate des la cessation encore bien hypothétique hélas du cours forcé. Dés que Madagascar essaiera d’avoir des billets
de banque locaux, la question de leur couverture se
posera immédiatement. Leur conversion en espèce ne pourra se faire qu’à l'aide des piastres et monnaies existant dans le pays. En cas de déséquilibre économi-