‹ La Circulation MonétaireChapitre 40 sur 64 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les Organismes de la circulation Monétaire

Les instruments de la circalation consistent donc à

Madagascar en 40 millions de monnaies métalliques, et en 80 millions de monnaies fiduciaires: ils constituent un stock monétaire d'environ 30 fr. par tête d’habitant, qui correspond au quart du commerce cxlérieur de l'Ile, et qui dépasse à peine le total du budget et de ses annexes. Cette proportion est tres faible si l'on considère qu’en 1909, il circulait en France 6 milliards d’or, 2 milliards d'argent et 4 milliards de billets, soit un stock triple du budget français et représentant 300 fr. par tête d’habitant ; et, actuellement en France, le stock de numéraire caché

ou non est au moins de 8 milliards pour 35 milliards

de billets: il y a donc dans la Métropole une cireulation de 1.000 fr. par tête d'habitant, représentant près du double du budget de lPEtat et dépassant sensiblement le chiffre des transactions extérieures.

La modicité de la circulation à Madagascar paraîtra aussi considérable par rapport aux autres colonies françaises dont on ne peut guère évaluer axec exactitude le stock de monnaie métallique. En A. O. F. la circulation des billets locaux dépassait 195 millions en 1920, mais toute proportion mathématique est impossible à établir, car sur les 13 millions d'habitants, il n’y en a guëre de 5 ou 6 qui sont en contact normal avec le commerce européen. En Indo-Chine, 705 millions de francs de billets circulaient en 1920, correspondant à une somme de près de 50 fr. de billets par tête d’habitant, de plus la monnaie métallique est très abondante. Dans les vieilles colonies insulaires à monoculture, les chiffres sont évidemment beaucoup plus considérables : à la Réunion er 1920, da circulation des billets locaux correspondait à 150 fr. par habitant.

Aussi peut-on estimer qu'un minimum de 50 fr. par habitant, c’est-à-dire un total de 150 millions de billets est nécessaire à Madagascar en période de prospérité économique. Le chiffre de la circulation monétaire est done actuellement trop restreint et les grandes distances entre les centres économiques rendent encore plus délicate cette situation. Or, il est indispensable que, d'une part, le Trésor, avec ses ‘ol paieries (une par province), d'autre part, les indigènes et les commerçants européens, aient des disponibilités monétaires suffisantes pour effectuer sans gêne le règlement de leurs transactions.

Il ne suffit pas d’avoir un stock monétaire, il faut encore en organiser la circulation aisée, la rotation rapide pour intensifier son utilisation. La monnaie est un outil économique au même titre qu’une voie ferrée, elle peut sonmmeiller improductive et inutile

Page 1