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vices de comptabilité et tous les encaissements et les paiements de leur place ; elles ont notamment à Diégo, à Tamatave et à Majunga à assurer des maniements de fonds de plusieurs millions par mois. Ces paieries ont remplacé les caisses d'avance, puis les préposats du trésor, qui jadis se bornaient à faire les opérations de caisse pour le compte du Trésorier-Payeur qui reprenait toutes les opérations dans sa comptabilité. Certaines caisses de préposés du Trésor ont été inaintenues dans les centres importants qui sont trop éloignés des chefs-lieux ; les chefs de district ont, en outre, des caisses d’avances ne dépassant pas en moyenne 5 à 10.000 francs. On compte actuellement une centaine de petites caisses dépendant du Trésor et réparties dans toute la colonie.
| TABLEAU 8 Composition de l’encaisse du Trésor en milliers de francs
ler janvier 1er janvier ler janvier is juillet 1910 1917 92h27 + 4:10 pihets ren 206 8 millions env,| 21.660 21.800 OR rEEN 64 2 Pièces de 5 fr.| 14.762 AP) 11.000 11er0 0 » de 2? » 1.585 ! 120 150 He 16n (U 450 350 UE ÎTO » = de 0;50 185 \ 210 170 » de O, 20 22 RDITION rer 70 p4 160: 90 20.056 [kmillionsenv.| 33.602 34.310
Le Trésor doit donc avoir des encaisses importantes au moins sur une trentaine de points du territôire ;
leur montant total s’est maintenu, en fait, sauf pendant le resserrement de numéraire constaté durant les
années 1915 et 1916, à un niveau très suffisant. Le -
tableau annexe n° 8 indique le montant de cette encaisse qui, avant la guerre, oscillait autour de 20 millions et paraît devoir se maintenir au chiffre actuel de 30 à 35 millions.
Les principaux mouvements de sortie de fonds du Trésor comportent actuellement (ces chiffres très approximatifs étant donnésseulement pour fixer l’ordre des grandeurs) :
Les paiements autitredu budgetcolonial 20 millions
Les paiements au titre du budget local étre Ses ANnexes re nb Re NE ONE
Les-traites de la-Marines a nn TRE) Les paiements pour le compte du Caissier-Payeur Central (coupons de rentes, pénsions'de PEtat Rs ere eee D Les éléments d’encaissement sont :
Les recettes du budget local et des ILE KES ANS VENT EN PR Se RE T 70 »
Les versements pour le com pte du Caissier-Payeur Central (recettes des divers
HMS TE LOB) EL IRARIS re RS nee 1 »
Les versements à la Caisse de Dépôts (caisses d'épargne, caisse de retraite)... 4 »
Le déséquilibre entre les recettes et les dépenses effectuées sur place au compte du budget local s’explique, comme nous l'avons déjà constaté, par le chiffre élevé des dépenses de la Colonie pour le paiement des intérêts de ses emprunts, de la solde de ses fonctionnaires en congé et pour des achats de matériel. Ces
paiements, en France, sont assurés par le Payeur- Central métropolitain sur les provisions qui lui sont ouvertes par la Colonie chaque mois et d'avance. En fin d’année la balance des provisions et des imputa- - tions réellement opérées, est arrêtée en écriture et l'excédent des provisions est remis à la disposition des finances locales. AT
Deux éléments importants s'ajoutent tantôt aux encaissements, tantôt aux paiements, ce sont les résultats de la balance des articles d'argent (mandats postaux) extérieurs et les virements de banque sur France. Nous allons étudier en détail les diverses opérations postales, mais nous indiquons ici que, dans les trois années 1916 à 1919, la moyenne des excédents de paiements de mandats métropolitains a dépassé 3 millions par as, entraînant un décaissement d’égale somme par le Trésor public local. ss
Pour les virements de France ou sur France, leur emploi par les banques est tres variable et suit l’équilibre non seulement de la balance commerciale mais encore de la balance générale des échanges Pour qu'il y ait virement sur France, il fautque lenuméraire local déposé en banque soit très abondant. Il faut, en outre, que le Trésor ait besoin des fonds que les banques désirent lui verser en vue de faire créditer leurs agences de France de ces sommes par simple avis télégraphique à la caisse centrale du ‘Trésor Public. En 1910 les virements venus de France atteignaient 10 millions de francs, en 1920 les virements envoyés sur France étaient de 462.000 fr., en 1921 ils étaient nuls, mais pour le seul premier semestre 1922 ils atteignaient 11 millions.
Le développement sans limite des virements extérieurs ou leur exécution répétée toujours dans le même
sens aurait pour effet soit d'appauvrir outre mesure l’encaisse locale, soit de la gonfler démesurément : les deux situations seraient défavorables aux finances locales puisque pour résoudre ces crises, il faudrait recourir à des transports de fonds de ou pour France dont les frais (intérêts des fonds immobilisés, prix d'envoi, taxe d'assurance) seraient élevés. Dans la situation actuelle, cette énorme encaisse de35 millions, qui représente le tiers du numéraire existant dans la Grande Ile sert de volant régulateur pour la circulation intérieure, comme pour l PA ou l'exportation du numéraire. /
Les billets circulant dans la Colonie étant les mêmes que ceux de la Métropole, on pourrait pourtant imaginer une utilisation plus large mais aussi plus dangereuse de l’organisation financière du Trésor. Si l'inflation fiduciaire arrivait à s'implanter dans la Métropole, celle-ci auraitintérêt à augmenter le champ d'achat de ses billets et à importer de très grosses quantités de numéraire billet pour régler ses acquisitions de matières premieres. Le Trésor local n'ayant plus à craindre une insuffisance d'encaisse pourrait effectuer sans limite les virements de ou sur France, aboutissant à la création d'une sorte de compte courant avec le trésor métropolitain, sans s'occuper du découvert possible. Mais en fait, cette hypothèse ne saurait se réaliser que si la politique financière métropolitaine s’écartait de la prudence et de la modération pratiquées jusqu'à ce jour. Nous retrouverons cependanten étudiant le projet d'organisation d'une Banque locale d'émission, les vœux éinis par les colons de Madagascar pour l'institution d’un compte courant avec le trésor métropolitain, non plus en faveur du
A": qu
Trésor a mais en faveur de Ja Banque d’ émission suivant l'exemple de l'Algérie et du Maroc.
Maisil semble que longtemps encore le fonctionne-
ment du Service du Trésorsera assuré, dans son ensem- ble suivant les règles actuellement en vigueur. Nous verrons plus loin que la création de chèques postaux et les facilités de règlement des recettes et dépenses
publiques par chèques, dont le principe vient d'être :
adopté par l'autorité métropolitaine (Décrets des 27 septembre et 7 novembre 1922) rendront plus efficace encore l'utilisation de l’encaisse du Trésor pour les transferts de fonds par les particuliers.
$ 2. — Le rôle de la Poste
Le Service des Postes joue à Madagascar, comme dans toutes les colonies, un rôle de premier plan pour le règlement des échanges. A l'intérieur de l'Ile les centres sont peu peuplés et séparés par de grandes distances ; les moyens de communication sont encore très insuffisants. Les courriers réguliers établis par l'Administration suppléent à ces difficultés ; sur les itinéraires importants, desservis par le chemin de fer, les autos et les navires annexes, ies bureaux de poste sont nombreux. En dehors des routes carrossables d’autres bureaux sont desservis parfois jusqu’à 200 et 300 kilomètres de distance par les tsimandoas (convoyeurs indigènes qui sont des coureurs rapides). Des lignes télégraphiques étendues permettent les transferts rapides de commandes et de règlements.
Au temps de la monarchie Hova, les coureurs ne portaient que les ordres royaux, quelques bureaux français existaient dans les ports de la côte, une ligne télégraphique, fréquemment interrompue, reliait depuis 1887 Tamatave à Tananarive. C’est le service de
la Trésorerieet des Postes aux Armées, accompagnant le corps d'occupation, qui créa un premier réseau de bureaux bien organisés et qui effectua le premier toutes les émissions et les paiements de mandats intérieurs et de mandats sur France, d’abord pour les militaires, puis pour les civils. L'Armée construisit quelques lignes télégraphiques et de nombreux postes de télégraphie ontique qui établissaient des liaisons faciles et indestructibles entre les blockaus éparpillés dans le pays peu sûr. Gelte organisation a laissé d'importants vestiges et l’on trouve encore, surtout dans le Nord, une vingtaine de postes optiques qui,du reste, ne salisfont plus aux exigences du trafic actuel.
L'Administration de la Colonie, tout en utilisant l'outillage du corps d'occupation, fit un tres gros effort pour organiser rapidement un service local des postes et télégraphes. Grâce aux disponibilités du premier emprunt de 1897, la construction de lignes télégraphiques fut effectuée entre Diégo-Tananarive-Fianarantsoa-Fort-Dauphin. Sur cette dorsale Nord-Sud, s’embranchèrent des fils vers Tuléar, vers Morondava et vers Majunga ; puis une ligne était établie le long de la Côte Est. En 1905 on comptait déjà 126 bureaux de poste et 5.000 kilomètres de lignes télégraphiques, en 1913 on arrivait à 163 bureaux et 7.653 kilomètres. En 1920 on comptait 182 bureaux dont 3% dits de plein exercice sont ouverts à toutes les opérations sur les valeurs d’argeut. Il est intéressant de comparer qu'à Ja même date l'A. O.F., infiniment plus vaste et plus peuplée, n'avait que 223 bureaux et la riche Indo- Chine 348. Actuellement le réseau assez complet de lignes télégraphiques ne s'accroît plus que lentement mais on le perfectionne sans cesse par l'installation de poteaux métalliques et le doublement des lignes acti-
ves. Un réseau téléphonique dessert les cinq centres urbains les plus importants de Tananarive, Tamatave, Diégo,Majunga et Fianarantsoa et les lignes télégraphiques les plus importantes peuvent être utilisées pour les conversations téléphoniques.
Quant aux relations extérieures elles ont été assurées dès notre occupation par deux cables français : l’un de Majunga à Mozambique, l’autre de Tamatave à la Réunion. Des deux côtés la Colonie est ainsi en jonction avec le réseau des câbles anglais ; mais cette liaison est fragile car les câbles locaux sont médiocres et continuellement interrompus. Des petits postes de radiotélégraphie sont ou vont être installés à Diégo, Majunga, Anjouan, Fulcar, la Grande-Comore et Tamatave, en vue de faciliter les relations cotières. Mais d'ici un an tout le grand trafic extérieur sera assuré d’une façon parfaite parle poste puissant de Tananarive, station du réseau intercolonial dont la construction, évaluée à 10 millions, estsupportée par le budget de l'Etat, et quicommuniquera directement avec Bordeaux et Lyon et plus tard avec Brazzaville et Saïgon.
Les services postaux sur l'extérieur n’ont malheureusement pas suivi ces perfectionnement et continuent à être assurés par les paquebots des Messageries Maritimes partant tous les quatorze jours de Marseille Les conventions intéressant la ligne de l'Océan Indien ont été remaniées fréquemment et observées plus ou - moins strictement. Actuellement, après une désorganisation complète de 1918 à 1921, le service a recouvré quelque régularité, mais sa vitesse est inférieure à celle pratiquée il y a 20 ans, et il faut en moyenne de 25 à 30 jonrs de traversée de Marseille à Tamatave.
Le service des postes et télégraphes ainsi organisé
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doit surtout retenir notre attention par ses opérations. sur les articles d'argent, qui sont un élément des plus actifs de la circulation des valeurs. Le chiffre des transferts effectués par ce service est en constant accroissement. Le montant des mandats intérieurs émis est en effet passé de 9.450.189 fr. en 1908 à 13.024.280 fr. en 1910, 61.372.650 francs en 1918 et a atteint son maximum avec 95.877.640 fr. en 1920. En 1921 le nombre des mandats postaux ettélégraphiques est de 128.762, correspondant à 284.000 fr. de droits perçus et à un total de 83.606.018 fr. A |
Cette circulation est soumise à une règlementation sensiblement analogue à celle de la Métropole.
Depuis le 1° janvier 1912, le droit à percevoir sur le montant des mandats extérieurs postaux est fixé au taux uniforme de 0 fr. 05 par 10 fr. ou fractions de 10 fr. qui, malgré sa simplicité, paraît trop élevé pour les grosses sommes. En effet, pour envoyer 10.000 fr. il n'est perçu que 11 fr. dans l’intérieur de la France, 32 fr. (en vingt mandats de 500 fr.) de Madagascar en France et 50 fr. dans l’intérieur de Madagascar.
Néanmoins le commerce local, se rendant compte de la difficulté du ravitaillement de certains bureaux en numéraire, n'a pas encore élevéde doléances contre ces taxes très favorables au Budget. Il apprécie au contraire les avantages de ce service des mandats, dont le maximum, fixé libéralement à 10.000 fr. permet des règlements assez importants.
L’Administration locale a en outre organisé ! un service de mandats télégraphiques et admet les lettres et boîtes de valeurs déclarees. Le montant de la déclaration est illimité, ce qui permet tous les transferts de fonds à un taux modéré. Dans chacune des années 1920 et 1921 le total des valeurs déclarées du service
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Les valeurs à recouvrer et les valeurs contre remboursement circulent de même à l’aide du service des postes. Les envois contre remboursement ont une-importance toute spéciale en raison du fait qu'ici l'Administration des Postes assure elle-même le service des
colis postaux. En 1920, le nombre des colis postaux
intérieurs atteignait 73.469 ; en 1921, en raison de la crise économique, il s'abaissait à 52.577.
Si le rôle de la poste est essentiel pour lé mouvement des valeurs'à l'intérieur de l'Ile, il n’est pas moins important pour les relations avec la Métropole. Nous venons de voir comment le service des mandats est depuis plus de 20 ans assuré par le service local et comment les tarifs franco-coloniaux et inter-coloniaux sont maintenant fixés par la loi du 29 mars 1920. Les chiffres desémissions de mandats sur France et les paiements de mandats français ontsubide grosses fluctuations depuis notre installation, non seulement du fait des variations de la balance commerciale, mais encore comme conséquence de l'effectif plus ou ioins élevé de militaires ou de fonctionnaires ayant à rapatrier leurs économies et de l'existence de moyens divers pour effectuer ces transports (traites sur le Trésor, virements de banque). La circulation de billets de la Banque de France a, depuis 1916, permis la réalisation des envois de sommes importantes par lettres chargées, beaucoup moins coûteuses. En ontre, nous allons voir que le maintien d’un maximun de 500 fr. prévu pour les mandats extérieurs interdit absolument l'emploi de ce mode de transferts aux Commerçants et aux gens d’affaires.