KL TABLIER DES OPERATIONS POSTALES
; x Excédents des Encaissements sur les paiements des mandats postaux métropolitains
Années Années
Les signes — indiquent les excédents des paiements sur les encaissements. :
En 1908 14.036.000 fr. de mandats étaient émis à. Madagascar contre 617.000 fr. de mandats métropolitains pavés, en 1910 les émissions étaient ramenées à 7.663.000 fr. contre 1.226.000 fr. payés. Le tableau annexe n°9 ci-joint établit le résultat de cette balance qui s’est en général réglée par un gros excédent des émissions sur les paiements, les envois de fonds représentant surtout les bénéfices ou économies rapatriés en France. Pendant la guerre cette proportion s’est renversée et nous trouvons des chiffres négatifs c'est-à-dire un excédent des paiements sur place par rapport aux émissions et ceci est dû aux placements effectués dans la Colonie même et à l'augmentation du chiffre des paiements des acheteurs français. Depuis 1919, le total des émissions de mandats sur
France est en progression constante : 3.116.000fr. en 1919, 5.437.000 fr. en 1920 et 6.663.000 fr. en 1921 correspondant en cette dernière année à 39.334 mandats. Au contraire dans ces trois années le chiffre des mandats français payés se maintient autour de 6 millions, soit 6.284.000 fr. en 1919, 7.014.000 fr. en 1920 et 5.808.000 fr. en 1921 pour 24.917 mandats payés. :
Le règlement des différences de la balance de ces mandats est effectué mensuellement par un agent centralisateur des postes et est supporté par le Trésor, conformément à l'article 132 du décret financier du 30 décembre 1912 : les caisses publiques locales soldent l’excédent des paiements quand il y en a ; elles encaissent, au contraire, l'excédent des émissions qui est plus fréquemment constaté. L'ensemble est régl par des opérations de comptabilité entre le Trésorier- Payeur de Madagascar et ia caisse centrale du Trésor Public à Paris, sans aucun transfert de fonds spécialement pour le Service Postal. Un service d’échange de mandats télégraphiques organisé par décret du 16 octobre 1907 qui n’a été promulgué dans la Colonie qu'en 1913 permet Ia transmission des mandats-postes par cette voie rapide. Mais il est peu employé en raison du maximum insuffisant de 500 fr.
[1 faut ajouter à‘ce mouvement des mandats-postes avec la Métropole le mouvement des bons de poste, des valeurs à recouvrer et surtout celui des eolispostaux qui sont fréquemment en circulation contre remboursement. Ces colis sont, en effet, très fréquemMment employés par les particuliers et par les petits commerçants, européens comme indigènes, pour recevoir de France, notamment des grands magasins
de nouveauté, ou y envoyer des lingeries, broderies,
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dentelles, articles de mode, représentant une très importante valeur. Le procédé de l'envoi contre rem-, boursement permet aux acheteurs locaux de commander sans gros frais et sans immobiliser leur argent pendant les trois ou quatre mois qu séparent la commande de la réception. ù
L'emploi trop extensif de ce procédé a du reste entraîné des abus en temps de crise commerciale et de variations brusques des prix. Les commandes faites sur des catalogues déjà anciens et arrivant ® ou 6 moisaprès, alors qu’une baisse s'était produite, étaient refusées par les destinataires. Des valeurs représentant plusieurs centaines de mille francs ont été ainsi retournées pendant les années 1920 et 1921 etles expéditeurs ont pris la sage habitude d'exiger avec la commande une couverture d'un tiers ou du quart de son montant, qui les garantit de la mauvaise foi des destinataires. Le nombre des colis-postaux extérieurs se montre néanmoins très élevé. En 1910 on en comptait 7.000 au départ et 37.000 à l'arrivée. En 1919,
-15 000 colis, en 1920, 19.880, et en 1921, 15.600, ont été envoyés à l'extérieur, surtout en France, mais n’entrainent pas des remboursements appréciables. Aux mêmes dates, le nombre des colis reçus de l’extérieur s'élevait respectivement à 62.250, 74.800 et 74,200 et les sommes encaissées, au titre de ceux établis contre remboursement, se maintiennent en 1920 et 1921 au-dessus de 4 millions de franes. Il y a là un élément qui charge de façon très appréciable la balance des transactions de la Colonie.
Nous devons également mentionner quoi qu'il n'ait pas de répereussion sur l’encaisse du Trésor, le mouvement des lettres et boîtes avec déclaration de valeur qui a pris une très grande extension du fait
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de l’admission des billets français depuis la guerre, Leur envoi par les commerçants de ou sur France est un mode pratique et économique de règlement qui, nous l’avons vu, a provoqué un phénomène curieux, celui de la disparition des grosses coupures et de l'encombrement de la circulation locale avec les liasses de billets de 5 franes. Le montant des déclarations de valeurs expédiées sur France est passé de 2.400.000 en 1920 à 5.711.000 en 1921, en raison vraisemblablement de la balance déficitaire, car l'exportation, sensiblement constante, de pierres précieuses qui s’ef-. fectue de cette manière, parallèlement à celle des billéts, ne peut en effet justifier cet écart. Le montant . des valeurs reçues de l'extérieur, et comprenant sans
“doute pour au moins moitié de bijoux et objets précieux et pour le reste des billets de Banque, se maintient égal avec 4.539.000 en 1920 et 4.097.000 en 1921.
Quant aux opérations d'articles d’argent avec les: colonies françaises et avec les pays étrangers, elles n'atleignent pas un chiffre appréciable. C’est ainsi que le montant des mandats internationaux payés est de 782 francs en 1921, celui des mandats marocains de 3.570 francs, tunisiens 1.927 francs. Pourtant une réglementation tres précise a été promulguée dans la Colonie, particulièrement depuis 1912, pour donner toutes facilités au commerce international en faisant participer Madagascar au système de la Convention postale universelle signéeà Romele 26 Mai 1906 et de celle récemmerit signée à Madrid.
Le commerce local est en général satisfait du service des postes tel qu'il est organisé mais il demande une amélioration du service des articles d'argent avec la Métropole, et la suppression: de la limite de 500 francs imposée aux mandats-postes.
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Pour le Public, peu familiarisé avec les questions
de trésorerie, il semble peu logique qu'une taxe de change puisse être instituée entre Madagascar et la France et que seuls les envois minimes soient acceptés par la poste. Cependant l’article 10 de la Loi du 29 Mars 1920 a maintenu les dispositions de l'Art. 2 de la Loi du 4 Avril 1898 permettant l'établissement d'une taxe supplémentaire, représentant le change, entre la France et l'Algérie d’une part, et les colonies françaises d’autre part. Cette taxe n’est du reste pas pereue actuellement dans la Colonie ; mais elle a été parfois fixée à un taux élévé pour la Réunion et les Antilles au moment où la crise sucrière amenait une baisse considérable des exportations et l'impossibilité de régler les importations avec les ressources de la Colonie. La taxe de change avec la Métropole est donc une mesure de sauvegarde du numéraire des Colonies et non comme cela semble au premier abord, une recette fiscale. Nous verrons que seul l’établissement d’un compte-courant avec le Trésor, actuellement désiré par l'opinion publique malgache comme garantie de l'institution d’une banque locale d'émission, permettrait de supprimer le frein que constilue la taxe de change en période déficitaire. : S Cette taxe de change n’avant pas eu à fonctionner, le commerce s'attaque surtout à la deuxième entrave du système des mandats franco-coloniaux : la limitation du montant des mandats à 500 fe. et du droit de l’expéditeur à l'obtention dans une journée d’un seul mandat de cette valeur pour la même destination. Du fait de celte limitation pour envoyer une somme importante en France et inversement pour la recevoir, il faut, en fait, passer par l'intermédiaire des banques qui prélèvent un droit allant jusqu’à 1 et 2 °/, et qui
, est au moins égal, dans les circonstances les plus favorables, à la taxe de la poste. Le système de prendre des mandats chaque jour ou par des personnes interposées est en effet trop compliqué pour les gros envois. Du reste avec le taux de { fr. 60 par 500 fr.. la taxe reste tres élevée et on ne profite pas des tarifs réduits que le régime intérieur français prévoit pour les sommes importantes (6 fr. pour 10.000 fr.).
Les réclamations répétées des Chambres de Commerce ont été transmises ct fortement açpuyées par l'Administration locale : elles n’ont pas encore obtenu satisfaction ni pour les mandats postaux, ni pour Îles mandals télégraphiques. Cependant l'Afrique Occidentale Française vient, par un décret récent, d'obtenir l'élévation du maximum de 500 fr. à 5.000 fr. L'extension probable de celle mesure à Madagascar augmentera sans doute le rôle du Trésor comme régulateuür des échanges extérieurs, mais l'Administration possédant le moyen indirect de limiter ces transferts par la taxe de change, ce système mérite d’être adopté pour la plus grande commodité du commerce local et pour éviter les envois de billets de banque circulant dans les deux sens en lettres chargées avec beaucoup de risques et des frais d’immobilisation pendant des mois entiers.’
L'intérêt bien compris du Comptoir et des Banques est de voir adopter celte mesure qui permettra à ces banques mêmes de faire régulièrement leurs mouvements de fonds avec leur siège de Paris, sans avoir à s’immobiliser dans l’attente de virements parfois impossibles à réaliser avec le Trésor.
$3.- Les Agences du Comptoir d'Escompte de Paris
En 1886, à la suite de notre premiere expédition à Madagascar, ie Comptoir d'Escompte envoya à Ta-
An
nanarive, à la demande du Gouvernement Français, des délégués qui eurent à traiter d'un emprunt et de ses garanties. Le Gouvernement hova s'était engagé
à payer une indemnité de 10 millions et n'avait au-
cune disponibilité pour effectuer ce versement ; pour avoir une certaine élasticité de ressources il se décida à contracter un emprunt de 15 millions à6 °/, au pair. L'acte fut signé le 4 décembre 1886 ; un acte addi- __tionnel du 20 juin 1887 prévoyait le remboursement en 25 annuités.
Le service de l'emprunt soit 1.165.000 par. an était
garanti par les recettes des douanes de six ports (Famatave, Majunga, Vatomandry, Fénérive, Vohémar . et Mananjary), effectuées par les soins des employés hovas et des agents du comptoir ; les appointements de ces derniers étaient fixés au chiffre dérisoire de 40.000 fr. L'émission publique se fit en France en 1889 au pair et au taux de 6°/, sans procurer aucun profit au Comptoir. Le produit des douanes fut toujours inférieur au montant de l’annuité et varia de