‹ La Circulation MonétaireChapitre 44 sur 64 · fr. en 1887 à 815.000 fr. en 1891. Au milieu · texte numérisé non relu

fr. en 1887 à 815.000 fr. en 1891. Au milieu

de 1894 le service de l'emprunt fut interrompu et ne fut repris qu'aprés la pacification.

Tous les détails du fonctionnement de ce service sont donnés dans une étude remarquable de M. Charles Martin, inspecteur principal des agences coloniales étrangères du Comptoir, étude présentée au Congrès de l'Afrique Orientale organisé par l'Union Coloniale Française. Nous nous somimes du reste fréquemment inspiré des renseignements fournis par cette importante brochure de 30 pages, qui a traité la plupart des questions que nous envisageons ici.

En même temps que cetemprunt, dont nous verrons

ultérieurement la conversion par la Colonie, était

conclu, une organisation ROnÇEIEe était projetée.

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« Le Comptoir d'Escompte, dit M. Martin, sentant. « la nécessité d'organiser définitivement les finances

«de la Grande Ile, avait cherché à négocier, dès la

« fin de 1886, avec lé gouvernement hova, la conces-

-« sion d’une banqueprivilégiéed’émission. Cet établis-

«sement considérait en effet qu'une telle banque, entre «des mains françaises, ferait disparaitre toute com- «€ pétition étrangere d'ordre financier et serait Pinstru- « ment le plus apte à développer les ressources de la «Grande Ile. | ee

« Toutefois, devant les instances de M. Flourens, «Calors ministre des Affaires Etrangères, qui, sur la . «puissante sollicitation de M. le Myre de Vilers, « faisant remarquer au Comptoir que la prompte « installation de succursales de cet établissement faci- « literait et hâterait la concession dégrée, le Comptoir « d'Escompte s’inelina et, ajournant la réalisation de «son projet, décida, le 13 mars 1888, la création des « agences de Tananarive et de Tamatave ».

Ces deux agences eurent une influence heureuse sur le développement des transactions sur ces deux places qui cessérent d'être un lointain-marché nègre aux yeux des maisons françaises et étrangères pratiquant le commerce de gros.

Mais le Comptoir dut subir la concurrence acharnée d'une banque anglaise, la New Oriental Bank, qui installa en même temps doux agences à Tamatave et Tananarive. Bientôt cette banque dut liquider et le Comptoir resta maître des deux places dont l’activité était malheureusement entravée par la situation politique incertaine. Les tractations avec le Gouvernementhova pour l'organisation d’une banque d'émission échouërent devant la mauvaise volonté du premier ministre et de la cour royale. Entre temps, lagence

de Majunga était ouverte en 1894 pour faciliter les opéralions de trésorerie du corps de débarquement. Lors de la campagne de 1895 l'agence de Tananarive dut se refugier à Tamatave. Elle avait du reste escompté des papiers souscrits par des personnalités de l'aristocratie malgache qui se déroberent,soutenues par les tribunaux hova, et un procès intéressant fut engagé à ce sujet contre le gouvernement de la reine par M. Delhorbe, alors directeur de l’agence de la capitale. Après bien des procédures on vit du reste les juridictions françaises impuissantes à réparer la

- Spoliation subie par le Comptoir.

Dés la pacification, les opérations reprirent et les trois agences facilitèrent l'installation des nombreux commerçants et colons français accourus dans la nouvelle colonie. Denouvelles agences furentouvertes en 1902 à Mananjary, centre de colonisation et de prospection aurifère, en 1900 à Diégo-Suarez, créé point d'appui de la flotte, enfin à Tuléar (1904) et à Nossi-Bé (1908), où l'influence allemande se développait dangereusement.

L'ensemble des opérations des agences du Comptoir National d'Escompte à Madagascar a été décrit de façon tres détaillée par M. Martin dans son rapport au congrès de l’Afrique Orientale de 1911 déjà cité. Depuis cette date, la nature des opérations est restée la même, mais il reste impossible d’avoir un chiffre queleonque fixant l'importance des transactions. Ce secret gardé sur les opérations d’une banque privée est absolument légitime, mais il est très regrettable qu'il n'ait pas été un peu levé pour le public local ou tout au moins pour les corps constitués qui auraient pu ainsi connaitre les réels besoins bancaires du pays. Des déclarations très nettes n'auraient nullement pré-

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