‹ La Circulation MonétaireChapitre 45 sur 64 · ALT · texte numérisé non relu

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judieié aux affaires de la Banque et à sa réputation, car elle est ouvertement accusée de retirer des bénéfices excessifs des taux qu'elle applique, et la lumière exacte des bilans aurait peut-être laissé une impression moins défavorable. M. Martin distingue trois chapitres principaux : | |

1° Opérations résultant des importations de l'ile : 2° Opérations purement locales ; 3° Opérations alimentées par les exportations-de Madagascar.

1° Pour les opérations résultant des importations, le siège central du Comptoir National d'Escompte et ses agences de province ou de l'étranger escomptent ou reçoivent à l’encaissement le papier tiré sur Madagascar en contre-valeur des envois des marchandises et les dirigent ensuite sur la Grande Ile pour encaissement.

2 Les opérations locales peuvent se subdiviser en : a) Comptes de dépôts 0) Escompte local ; c) Avances diverses.

a) Comptes de dépôts. — Le Comptoir National d'Escompte reçoit à Madagascar, comme partout ailleurs, deux sortes de dépôts, à échéance fixe ou à vue. Les dépôts remboursables à échéance fixene peuvent être réemployés par le Comptoir dans la crainte de retrait inopiné des fonds ; aussi il bonitie un intérêt variant selon la durée du dépôt et l'époque de l’année à laquelle-le dépôt est fait. Les dépôts remboursables à vue, sont acceptés sans frais, mais ne comportent aucun intérêt ; le Comptoir National d'Escompte justifiait en 1911 cette absence de bonification d'intérêt par le fait qu’il était le seul établissement de crédit établi à Madagascar ; il n'avait près de Jui ni la Banque de France ni aucun concurrent qui lui permette,

en cas de besoin, de réescompter son portefeuille local et de renforcer sur place son encaisse. |

b) Escompte local. — Le papier présenté à l escompte à Madagascar esi soit souscrit par des Européens à des Européens, soit souscrit par des asiatiques ou des malgaches à des Européens, soit enfin souscrit par des Asiatiques à des Asiatiques. Nous verrons plus loin quel est l'emploi de ce mode de crédit par ces différentes catégories de commerçants.

c) Avances diverses. — Elles sont, consenties soit aux importateurs sur leurs marchandises, soit sur délégations aux fournisseurs de la colonie, entrepreneurs ou autres, qui ne sont jamais réglés immédiatement. Le Comptoir fait en outre des avances à découvert à des prospecteurs et colons offrant toute garantie d’'honnêteté et de compétence.

æ Les opérations alimentées par les exportations

comprennent principalement les ouvertures de crédit confirmé, l'escompte des traites documentaires, les contrats sur marchés à livrer.

En somme, dans toutes les branches de l’activité de Madagascar, le Comptoir fait sentir sa puissante influence financière. Il a su assurer pendant les périodes difficiles qui se sont écoulées de 1886 à 1905 un service d’une sûreté et d'une régularité parfaites. Il a fourni à tous les commerçants, même aux Indiens et aux Asiatiques, qui forment une clientèle difficile à surveiller et pourtant très intéressante pour le commerce de demi-gros et de détail, des facilités étendues. Sa trésorerie, gérée de façon prudente, a toujours fait face aisément aux nécessités locales. Pourtant, au début de la guerre, cette prudence a été excessive et a amené un resserrement monétaire,

De À EE

. Dans les projets de banque d'émission locale qui ont été envisagés, on a toujours prévu que le nouvel organisme devrait racheter les agences du Comptoir : en 1910, un contrat dans ce sens avait été conclu avec la Banque de l’A.O.F. pour la somme de 1.500.000. IL serait à souhaiter, que lorsque cette éventualité se réalisera,une partie de l’excellent personnel du Comptoir, rompu aux affaires locales, continue ses services à la. Colonie et que la Banque nouvelle reste unie financièrement, comme toutes les autres Banques coloniales, au siège social du Comptoir en France, dont la direction est particulièrement versée.dans les affaires du Commerce colonial et extérieur. |

S 4 — Les autres Banques et les Grandes Sociétés commerciales

Le Comptoir d'Escompte a exercé longtemps une sorte de monopole sur les opérations de Banque. Nous avons vu que lors de son installation en 1885, il avait rencontré une concurrence dans la « New-Oriental Bank », organe de l'influence anglaise : mais celte rivalité ne dura que quelques années et cette Banque étrangère dut liquider. va .

Une tentative de Banque locale fut tale. avant la guerre à Tamatave : la « Banque de Madagascar », ainsi constituée tenta de faire des opérations de prêts et d’escompte, mais elle ne put résister à l’'organisation puissante du Comptoir. BE

Ce n’est que depuis la guerre que se sont établies deux Banques solides malgré leur faible capital et la limitation de leur action à la Grande Ile. Mais ces sociétés ont des appuis puissants dans les milieux financiers et maritimes de la métropole et leur siège social à Paris est en relation avec les organisations

bancaires de la capitale.

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La première en date, la Compagnie de l'Océan Indien, s’est fondée en mars 1919, à Paris, avec un Capital de 5 millions de francs en 10.000 actions de 900 fr. entièrement libérées. Elle a fondé des agences à Tamatave, Diégo, Majunga, Nossi-Bé et plus récemment à Tananarive. On retrouve dans son Conseil d'Administration les membres dirigeants de la Compagnie Havraise Péninsulaire et, dans la Colonie, ses bureaux de Banque sont en étroite liaison avec les représentants de cette puissante et riche société de navigation. ï Pt LA

Son aclion se porle surtout vers les avances sur marchandises, lés consignations, les recouvrements, tirages et transferts. Nous verrons, en effet, en étudiant la circulation des papiers de commerce à Madagascar, l'importance particulière des warrants et des traites documentaires qui permettent au commerce d'exportation de mobiliser ses créances souvent éventuelles et toujours lointaines sur les acheteurs métropolitains. ; :

Le deuxième établissement bancaire fondé en 1919 (le 12 décembre), est le Crédit Foncier de Madagascar. Son capital est de-5.500.000 fr., représenté par 10.000 actions de 500 fr. libérées de 125 fr. et par 1.000 actions complètement libérées. Il a fondé à #Tananarive une direction et une agence trés active qui a de nombreux correspondants dans l’intérieur de l'Ile, Il vient d'ouvrir une agence à Tamatave.

Parallèlement à ce que nous venons d'observer pour ia Compagnie de l'Océan Indien, nous remarquons que celte Banque est en dépendance étroite des Messageries Maritimes, par la composition de son Conseil d'Administration et même par le local de son siège social.

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AR

Ce but principal du Crédit Foncier serait, "comme son nom l'indique, d'effectuer des prêts sur hypotheque et accessoirement des opérations de Banque. En

réalité, les opérations hypothécaires exigeant de lon-

gues immobilisations et arrêtant très vite l'activité du capital social, le Crédit Foncier se livre surtout à des opérations d’escompte et de Banque. Nous verrons qu'il a prêté un concours aclif au placement des emprunts communaux émis récemment dans la Colonie.

Une clause des statuts de cet établissement lui permet néanmoins de développer ses placements sur les

immeubles urbains et ruraux, car par.simple décision

du Conseil d'Administration, le capital peut être quadruplé et porté à 20 millions. La limite des placements à longue durée de cet établissement n’est donc pas près d’èlre atteinte. |

La création de ces deux banques a amené une concurrence, favorable aux commerçants et colons locaux et leur a permis d'obtenir de plus grandes facilités de crédit. Mais en dehors des agences du Coraptoir et des Banques ci-dessus, il convient de signaler le rôle essentiel joué dans la circulation des valeurs par les Grandes Sociétés commerciales de l'Ile.

En effet, la plus importante parlie du commerce extérieur est concentrée par quelques grosses maisons à succursales multiples et dont le siège social est généralement en France. Le tableau n° 10 ci-joint donne la liste des principales firmes, qui représentent à elles seules plus du tiers de l’activité extérieure de l'Ile. Nous les avons groupées sous les rubriques de Sociétés Commerciales, Agricoles, Industrielles ; mais cette répartition ne considère que le but principal de ces organisations, qui, en fait, exercent leur

Liste des principales Entreprises à succursales multiples

Sociétés ou Maisons

COMMERCE (Besson).

Cie Marseillaise de Madagascar ..

Cie Lyonnaise de Madagascar. ....

Société Générale de Commerce ex- TOOL Se Ma ee MR UMR LUE L Grands Bazars du Betsileo........

(x) Cie Générale d'Outre-Mer.

(x) Etablissements Gratry (tissus).

Société Industrielle Commerciale de MAdAgASCARET ETES, CURE SRE De 'Rianile RE IEEE Comptoir Français des Cuirs de Madagascar tr ee L RATE EC Cie Française de Madagascar tr Cie Commerciale d' Importations et d’ Exportations de Madagascar

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