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par le gros comme par le petit commerce: les facilités
qu'elle accorda à tous lui valurent des éloges officiels de l'Administration locale en 1902.
Les eflets de commerce ont une importance peut être plus grande dans le commerce colonial que dans la Métropole. Il est en effet impossible ici, à raison
des distances et de la lenteur des réalisations d'opérer
au comptant ; du reste la plupart des commerçants coloniaux, n’ont pas les disponibilités suffisantes. Les
importateurs vendaient avant la guerre à 3 mois, :
actuellement ils vendent plutôt à 1 mois et négocient pour la plupartimmédiatement leur papier en banque. Des prorogations.doivent être souvent accordées aux commerçants vu l'irrégularité des achats des indigenes, achats qui dépendent étroitemenf de la réalisation des récoltes. |
La circulation du papier de commerce entre européens ne donne lieu à aucune remarque particulière, mais une quantité très importanted’effets est souscrite en premier lieu par des asiatiques où des malgaches à des européens et, en second lieu, par des asiatiques à des asiasiques. :
M. Martin, inspecteur du Comptoir d'Escompte, décrit ainsi les circonstances spéciales qui conditionnent l’escompte dece papier : |
«Il y a à Madagescar deux sortes d’asiatiques : les
chinois, qui se sont plutôt spécialisés dans les affaires d'épicerie, et les indiens (Hindous où Musulmans), faisant le commerce en général.
« Les commerçants chinois étaient plus nombreux, il y a quelques années, qu'ils ne le sont actuellement (en 1911). Peu scrupuleux en général, des faillites nombreuses les ont peu à peu éliminés du marché, et si les plus solides ont résisté, ils n’en pavent pas moins
les fautes de leurs coréligionnaires et trouvent actuellement difficilement du crédit. à «Les indiens, par contre, grâce à leurs qualités commerciales incontestables, leur facilité de persuation et aussi leur peu de besoins, se sont fait à Madagascar une situation toute particulière. Vivant de la vie des indigènes, parlant leur langue, ils ont su s'en faire de véritables collaborateurs grâee auxquels ils ont nénétré rapidement dans l'intérieur, là certes où des Européens n’auraient trouvé aucun élément d'affaires. Aussi ont-ils pu organiser de nombreux postes où ils écoulent des quantités considérables de marchandises françaises, eton peut dire qu'ils ont été les véritables pionniers de notre commerce à Madagascar.
«Malheureusement tous n'ont pas eu la probité rigoureusement nécessaire en matière commerciale etcertainsindiens astucieux ont pu. à la faveur du crédit dont jouissaient leurs compatriotes, obtenir des facilités dont-ils ont abusé, provoquant souvent, par répercussion, la chute de leurs propres concitoyens et causant aux commerçants européens des pertes quelquefois considérables.
«Comme on le voit, la surveillance à exercer sur le papier souscrit par les indiens est très grande : d'autre part, il est impossible de l’éliminer, étant donnée l’activité incessante qu'ils déployent, et la part très importante qu'ils ont su prendre aux affaires.
« Quant au papier souscrit par des indiens en faveur d'autres indiens, si le Comptoir ne le refuse pas par principé, il apporte dans le choix de ces effets une circonspection très grande, vu la tendance qu'ont beaucoup de ces commerçants à créec du papier de trésorerie, C’est une quéstion de doigté de la part des
directeurs, etle peu de déchet que ces affaires ont donné jusqu'ici est une preuve de la parfaite connaissance que le Comptoir possède du pays.
Nous n'avons rien ou presque rien à dire du papier souscrit par des commerçants malgaches. Seule la place de Tananarive émet de ce papier. Toutefois l'indigène s'est toujours montré réfractaire à la prise d'engagements fermes et a une véritable répugnance à souscrire des effets. Il y vient cependant petit à petit, mais ces affaires n’ont pas encore toute l'ampleur qu’elles sont susceptibles de prendre plus tard, et ce, précisément parce qu'il s’est glissé un intermédiaire entre le malgache et l’européen : l'indien, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Il est certain que la civilisation aidant, les malgaches supprimeront de plus en plus tout intermédiaire et feront leurs affaires euxmêmes. Nous en avons déjà vu venir faire leurs leurs achats à Paris, nul doute que ces exceptions ne se généralisent dans l’avenir ».
Ces lignes écrites en 1911, sont encore absolument exactes même dans leurs prévisions. Le développement du commerce asiatique et malgache se produit très régulièrement et parallèlemeut à celui du commerce européen. À Tananarive on trouve déjà une centaine de commerçants indigènes formés à l’européenne et sachant traiter des opérations importantes même avec l'extérieur. Leurs maisons tiennent un rang honorable dans la place et donnent lieu à une circulation active de lettres de change et de billets à ordre, offrant toute garantie de régulariié et de solvabilité.
N 4, — Warrants et traites documentaires
L'utilisation des lettres de change par le commerce d'exportation et d'importation offre à Madagascar
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des particularités intéressantes, dues à la difficulté d'obtenir l'acceptation du tiré, généralement tres éloigné.
Les transactions à l'exportation sont basées sur l'ouverture de crédit en banque ; lorsqu'un commerçant de l'extérieur à réalisé un achat de marchandise, il se fait ouvrir à Madagascar par son banquier un
crédit libre ou confirmé. Dans le premier cas, la ban-.
que locale est avisée de l'ouverture de crédit à titre de renseignement et sans fixation précise de la valeur du marché :en cas de crédit confirmé, la banque ouvre un crédit fixe dont elle se porté garant et qui ne peut être modifiée sans consentement du vendeur. Ces crédits ouverts, la banque paiera au vendeur sur traite à vue ou à 30 jours de vue, la valeur des marchandises calculée FOB (rendues à bord du navire au départ) ou CAF (rendues au port d'arrivée), dès leur embarquement ; elle reçoit à ce moment les connaissements et la facture et les fait parvenir à l’ acheteur métropolitain qui, avisé par elle, retire les marchandises au port d'arrivée. Ainsi l’acceptation du tiré est fournie en quelque sorte d'avance et la banque se
substitue à l'acheteur trop éloigné pour effectuer le
paiement au vendeur.
Les crédits ainsi ouverts obligent la banque locale à décaisser des fonds dans la Colonie ; si celle-ci n’a pas sur place les disponibilités nécessaires elle doit faire venir des fonds de France ; aussi ces ouvertures de crédit donnent lieu à un change de 1 à 2 qe suivant l'abondance des ressources en numéraire
local ; en outre elle perçoit un intérêt d’escompte de-
puis le jour du paiement qu’elle a effectué à Madagascar jusqu'au jour du remboursement en France.
Le taux en est très variable. en général de 9 à 12 0/0,"
et peut descendre jusqu'à 6 °/..