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À l'importation les envois de marchandises à des commerçants coloniaux sont précédés de commandes généralement transmises par des représentants ou commissionnaires établis sur place. En même temps que les marchandises commandées sont acheminées sur Madagascar, l'expéditeur adresse une traite sur l’acheteur. Cette traite est généralement accompagnée des factures el connaissements qui permettront de retirer les marchandises à l’arrivée dans la Colonie. La Banque locale préseate.la traite, soit au paiement immédiat, soit à l’acceptation du tiré : dès que celui-ci a payé ou accepté à 30 ou 90 jours de vue, les docu- . ments lui sont remis et il peut prendre livraison des marchandises. Les traites sont payables à Madagascar généralement dans la monnaie du commerçant expéditeur (franc. livre) et une commission pour le transfert des fonds dans le pays de l'expéditeur est prélevée.
Par ce système de traites documentaires, la sécurité: du tireur cest pleinement assurée et on arrive malgré des retards d’un mois ou deux sur la date de l’expédition à réaliser en même temps la tradition et le paiement ou l'acceptation. |
Ces systèmes fonctionnent lorsque la vente est déjà conclue. Mais il est fréquent surtout à l’exportation que des produits prêts à la vente n'ont pas encore trouvé d’acheteur et doivent rester assez longtemps en entrepôt ou embarqués vers le port de vente. Aïnsi la vanille, la girofle, le sucre, sont en général envoyés de Madagascar sur France par les producteurs avant de connaitre quel sera leur acheteur et même quel sera le prix d'achat. Entre l'expédition et la vente peuvent s'écouler 2, 3 et même 4 mois et pendant ce temps le vendeur a besoin de crédit.
Il l'obtient par des traites spéciales tirées sur son consignataire en France el garanties, soit par un warrant si la marchandise est entreposée dans un magasin colonial ou métropolitain, soit par le connaissement sila marchandise est embarquée. Les Banques escomptent les traites ainsi établies et tant qu’elles ne sont pas pavées, elles conservent les documents qui seuls permettent de retirer les marchandises qe constituent une sorte de gage flottant.
A Madagascar, le Comptoir avance ainsi chaque année des sommes considérables sur nantissement de marchandises, qu’il reçoit dans ses propres magasins, annexés à ses agences ; dans certaines régions, ilconcentre ainsi presque toute la récolte de la vanille. À Tamatave, il a constitué une société spéciale (les Magasins Généraux) pour assurer ce service et il fait des avances sur les warrants délivrés par ces mag'a- Sins. Lorsque les marchandises sont expédiées (généralement sur Marseille), les avances sur nantissement ou Warrant sont remplacées par des avances sur connaissements. Le taux de ces avances, qui n'atteignent que les 2/3 de la valeur des marchandises, est généralement très élevé, 10 à 12 °/, et enlève au producteur une part importante de son bénéfice ; il est vrai qu'elles lui permettent d'obtenir rapidement de l'argent et le rendent indépendant des comptoirs puissants qui essaieraient d'acheter sa récolte à vil prix.
Ce mécanisme des ouvertures de crédits, des traites documentaires, des avances sur nantissement sur warrantou sur connaissement est d’une importance essentielle pour Madagascar comme pour toutes les colonies.
Il est à remarquer qu'il exige une étroite liaison entre les Banques et les Compagnies de navigation.
Aussi en pratique ces puissants organismes se soutiennent et nous avons vu que les deux Banques nouvelles de Madagascar, sont soutenues par les deux grandes Compagnies de: navigation (Messogeries et Havraise). Ces deux établissements en concurrence avec le Comptoir apporteront des facilités au commefrce local. La non publication des bilans des Banques privées empêche d'évaluer l'importance à Madagascar de ces sortes d'opérations bancaires et le taux auquel elles sont effectuées. Au contraire, les Banques des vieilles colonies se livrent à ces opérations surune grande échelle et avec le plus grand libéralisme. Il y aurait le plus grand intérêt pour les COMmerçants de Madagascar à ce que ces opérations soient effectuées à des taux constants et modérés, mais en raison du taux élevé des prêts et de la rareté des capitaux disponibles, seule la création d’une Banque locale d'émission, disposant de capitaux eréés à bon compte, permettra celte amélioration. î