‹ La Circulation MonétaireChapitre 53 sur 64 · RUE · texte numérisé non relu

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de 66 millions. En octobre 1922, les remboursements dépassaient 55 millions.

La suppression des bons a provoqué de vives doléances du commerce local et il y aurait le plus grand intérêt à ce que ces placéments à court terme au Trésor français continuent à être offerts aux habitants des colonies. Ils constitueraient un stimulant précieux pour les capitaux disponibles dont l'abondance est une condition essentielle de la facilité et de la sécurité des transactions.

Le rétablissement de l'émission des Bof de la Défense ne devrait même pas être combattu par les Banques locales, car la diminution des dépôts de leurs clients qui en serait la conséquence dommageable serait compensée par l’avantage que ces Banques retireraient du placement en bons de leur excédent de disponibilités qui est actuellement très élevé.

Pour le Trésor français même il y a intérêt à garder une clientèle de prêteurs coloniaux à court terme qui apportent généralement lors de l'émission d'emprunts perpétuels des souscriptions appréciables.

On doit done espérer que suivant le vœu des habitants à Madagascar, ces émissions seront reprises et augmenteront les liens financiers avec la métropole.

S 3. — Les Empruntis locaux

Les deux courants d'emprunts de la colonie dans la métropole et de la métropole dans la colonie paraissent se contrarier et se compenser en partie. Les 30 millions d'emprunts d'Etat existant à Madagascar comportent en raison de leur taux élevé des annuités sensiblement égales à celles dues pour les 80 millions non encore LORDUNSeS à la métropole.

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L'existence de capitaux disponibles dans la colonie conduit naturellement à envisager leur emploi dans la Colonie même; on éviterait ainsi des sorties de bénéfices réalisées dans la Grande Ile. La situation de Madagascar offre à ce point de vue toute sécurité ‘pour les capitalistes qui y sont installés. En raison de la salubrité du climat les colons tendent à se fixer

ci, eten raison de l'éloignement de la métropole, de

la cherté des passages ils espacent leurs voyages en France. Aussi l’absentéisme qui gêne la constitution de capitaux dans les colonies sucrières et dans la plupart de nos possessions, n'est pas à craindre à Madagascar. Les européens comme les indigènes ont donc tout intérêt à souscrire à des emprunts locaux de préférence à ceux de la Métropole.

Il paraît actuellement possible d'envisager la constitution d’un marché financier autonome employant les disponibilités locales à des placements dans la Colonie. L'Indo-Chine a déjà donné l'exemple en réalisant dans des conditions particulièrement brillantes un emprunt de 6 millions de piastres. Plusieurs colo-

nies autonomes s'apprêtent à suivre cet exemple. A Madagascar, on vient de se livrer à quelques essais avec des emprunts communaux. Comme toujours dans cette colonie, cependant très jeune, l’administration et la colonisation ont procédé avec une prudence digne de nos plus vieilles institutions métropolitaines.

| : L'article 339 du décret financier de 1912 prévoyait que les communes peuvent être autorisées à émettre des emprunts dans la limite de 500.000 fr. par simple: arrêté du Gouverneur Général en Conseil d’Administration ; ainsi il a été possible de faire l'expérience d'émissions publiques sans avoir à suivre une procé-

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dure toujours très longue en vue d'obtenir l'adhésion de l'autorité métropolitaine. |

Tous les centres urbains importants de l'Ile sont organisés en commune d'aprés le régime libéral des décrets des 2 février 1899 et 9 octobre 1913 : ils ont à réaliser de grands travaux de voirie et notamment à créer dans la plupart des endroits l'éclairage électrique. Ces communes ont, en 1922, décidé de recourir à des émissions publiques pour se procurer les ressources nécessaires et ont obtenu l'autorisation de contracter des emprunts. «

Malgré la modicité des sommes demandées, il est intéressant d'étudier ces premières manifestations d'activité du crédit public local, dont le succès permet d'envisager des opérations de plüs grande envergure.

Par arrêté du 19 mai 1922, la commune de ‘Tamataveétait autorisée à emprunter la somme de 500.000fr. affectée à l'installation de l'éclairage électrique. L’emprunt est divisé en 1.000 obligations de 500 fr. émises par souscription publique à un taux d'intérêt de 9 °/, et remboursables dans un délai de 15 ans. L’emprunt est garanti par toutes les ressources de là commune qui assume la charge de tous les impôts présents et futurs.

L'emprunt était émis le-12 juin, et près de 1.000 souscripteurs se présentaient dans cetle seulé journée couvrant trois fois l'emprunt. On vit par là que le taux de9°/,, qui est cependant celui de l'intérêt légal dans la Colonie pouvait être abaissé.

La commune de Tananarive, qui fut autorisée le 19 juin à émettre dans des conditions analogues un emprunt de 500.000 fr. pour la construction d’un marché couvert, profita de l’expérience et réalisa son emprunt à 8 °/, avec un succès égal. L’emprunt fut

offert au public le 21 août et couvert deux fois et demi par plus de 700 souscripteurs. Pour ces deux émissions, le Crédit Foncier de Madagascar, aidé de ses correspondants, reçut les souscriptions et centralisa les fonds. ;

Le 25 juillet 1922, la commune de Majunga était autorisée à réaliser par voie d'emprunt la somme de 400.000 fr., affectée à l'installation de l'éclairage élec trique et amortissable en douze ans, et celle d'Antsirabé, la somme de 500.000 fr. amortissable en vingt ans, pour la captation et la canalisation d’eau potable et la construction d'une mairie. Le 30 septembre, la Chambre de Commerce de Tananarive était autorisée à emprunter 400.000 fr. pour la construction d’une Bourse de Commerce. Le taux maximum de ces emprunts est fixé à 8 '/,. L'émission publique aura lieu avant la fin de 1922.

Les villes de Diégo, Fianarantsoa, Tuléar et Nossi- Bé, et plusieurs Chambres de Commerce demanderont vraisemblablement à profiter des mêmes facilités.

Le succès de ces emprunts modestes, mais dont le total en six mois atteindra environ 3 millions, est d'autant plus remarquable que leur émission coïncide avec une période de crise économique particulièrement dure pour la Colonie. En outre, elle n’a été accompagnée d'aucune réclame officielle ou autre et les indigènes n'ont même pas été invitésofficiellement à y concourir. On peut done admettre qu’actuellement le marché local peut fournir aisément une dizaine de millions à un emprunt de la Colonie ou des collectivi: tés : Si l’évolution normale des exportations reprenait son cours, des sommes beaucoup plus importantes

pourraient être souscrites sur place, car l’épargne

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européenne a déjà une grande extension et celle des indigènes pourra être lentement développée grâce à la réalisation plus aisée des produits agricoles. Le seul reproche à faire aux emprunts locaux est leur taux plus onéreux que dans la métropole; mais cet inconvénient est compensé par l'absence de charges accessoires, impôts, abonnements, et par le bénéfice indirect que la Colonie retirerait de la constitution d’un marché financier local.

Nous pensons que la Coloiie a dès maintenant avantage à recourir à des emprunts locaux, placés par petites tranches de 5 à 10 millions, pour financer les constructions de travaux publics donnant lieu à des dépenses locales. Elle évitera ainsi l'exode des capitaux disponibles et les attachera étroitement à la mise en valeur du territoire colonial. En espaçant ces emprunts par deux ou trois ans, de façon à permettre le retour des fonds à la circulation productive et la reconstitution de nouvelles disponibilités, il semble possible d'obtenir sur place, dans le délai de quinze ans fixés pour la réalisation du grand programme de travaux, un total d’une cinquantaine de millions, représentant le sixième des dépenses prévues pour celte période.

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