QUATRIÈME PARTIE
Projets actuels pour l'amélioration de la droulation
| et du crédit
GHAPITRE"T
Avantages et inconvénients du régime actuel
Cette étude de la circulation monétaire et de l’organisation du crédit nous permet de conclure à l’insuffisance de ces formes de l'outillage économique dè
Madagascar. |
Nous allons envisager maintenant, non pas un plan théorique d'amélioration de la situation actuelle, mais simplement les projets élaborés officiellement en vue de la création d’une banque d'émission et d'institutions auxiliaires de crédit. Mais auparavant, il convient de signaler que l’on trouve dans l'administration métropolitaine et coloniale et dans l'opinion publique locale de nombreux partisans du statu quo : ils exposent qu'avec le système actuel Madagascar a prospéré et bénéficié en somime de relations très faciles avec la Métropole ; ils craignent que la création d’une monnale locale n’entraîne des charges pour le commerce | d'importation et que le crédit officiel soutienne seulement des entreprises peu viables.
Grâce au système actuel, le change avec la Métropole est insignifiant. Quelle est la portée de cet avantage ?
OO $ 1. — Absence de change sur la Métropole
Le système monétaire de Madagascar est le même que celui de la Mère patrie et est basé sur la valeur du franc en or et en argent. Théoriquement, si le choix ” d'un système était encore,possible, on pourrait hésiter entre le franc et la roupie indienne, unité monétaire d'argent qui domine dans tout l'Océan Indien et dont la valeur est liée étroitement depuis l’acte de 1899 à la livre sterling anglaise. Pendant la guerre la frappe intensive de roupies en argent (522 millions R en 1919) a accentué encore le caractère dominant de létalon d'argent dans cette partie du monde.
En 1900, dans leur ouvrage sur Madagascar et la Réunion, MM. Piolet et Noufflard ont exposé tout l'intérêt qu'aurait présenté à cette époque l’adoption de l’étalon d'argent et de la roupie. Ils indiquaient que les sucres et fécules de Bourbon produits en franc or, ne pouvaient lutter contre ceux des Indes ou de Singapour produits en valeurs argent.
« Cette question du change permet, disaient-ils, d'indiquer un des éléments les plus importants de [a prospérité des colonies d’Asie, dans lesquelles il serait facile, au point de vue économique, de faire rentrer la Réunion et Madagascar.
« Le planteur qui vend sa marchandise au cours de l'or a tout intérêt à payer sa main-d'œuvre en argent, monnaie dépréciée mais qui conserve sa faculté d'achat pour les opérations intérieures, sauf pour les Dinar dises d'importation.
«Ce système avantageux pour le planteur qui habite la colonie est au contraire onéreux pour les les fonctionnaires européens et tous ceux qui ont le désir de dépenser hors de chez eux le revenu de leurs propriétés,