‹ La cirrhose hypertrophique avec ictere chroniqueChapitre 11 sur 30 · Hasot et Schachmann. Archivas de physiologie · texte numérisé non relu

Hasot et Schachmann. Archivas de physiologie

2. CiiAHCOT et GoMBAULT. Arc/tivcs de physiologie, 1870, p. 272.

CIRRHOSE UYI'ERTROPlllQUE.

valent servir de mesure, de terme de comparaison pour les cas nouveaux et incertains : aussi l'exposé lumineux de la topographie des deux grandes variétés de cirrhose fut-il accueilli avec faveur, si hien même qu'au début on chercha bon gré mal gré à faire rentrer dans ce cadre nombre de faits qui y étaient complètement étrangers. Et cependant les auteurs, tout en admettant deux formes principales dans le groupe des hépatites interstitielles chroniques, reconnaissaient qu'il en existait d'autres encore mal définies au point de vue anatomique et dont l'histoire clinique restait presque entièrement à faire.

Ils avaient montré dans le premier mémoire que, sous l'influence d'une lésion irritative des voies biliaires, il se développe chez les animaux aussi bien que chez l'homme une sclérose hépatique d'une forme particulière et à laquelle on pourrait appliquer la dénomination de cirrhose biliaire par rétention. Ils s'efforcèrent de prouver dans le second que l'affection décrite sous le nom de cirrhose hypertrophique avec ictère présente avec la forme précédente les plus grandes analogies au point de vue anatomique ; que les notions précédemment acquises à propos de l'une peuvent servir' à éclairer la pathogénie de l'autre et l'histoire anatomique de son développement; qu'enfin il est légitime de classer cette dernière dans le même groupe avec la dénomination de cirrhose bihaire spontanée.

CIRRHOSE IIYPERTROPIIIQUE.

Après avoir fait un long parallèle entre les deux cirrhoses biliaires, voici les conclusions auxquelles croient pouvoir s'arrêter MM. Charcot et Gombault:

« Les affeclions inflammatoires des voies biliaires intra-hépatiques, lorsqu'elles se propagent au tissu conjonctif qui les entoure, déterminent dans le foie la production d'une cirrhose (cirrhose d'origine biliaire). Dans certains cas, la cause qui a produit l'angiocholite est palpalile, facile à dôler- . rainer (angiocholite par obstruction, angiocholile calculeuse, etc). Dans d'autres circonstances, au contraire, elle se développe sous l'influence de causes probablement plus générales , qu'il est encore impossible de préciser ; on peut la dire alors spontanée. Mais, quelle que soit l'origine de l'angiocholite, la cirrhose développée sous son influence se présente toujours, à part des difl'érences de degré, avec des caractèi'es identiques communs aux deux variétés que comporte le groupe des cirrhoses biliaires. Elle débute au niveau des espaces interlobulaires, aux dépens desquels elle forme tout d'abord des îlots scléreux {cirrhose en îlots, cirrhose insulaire). Dans tous les cas, elle est totale, c'est-à-dire que la lésion se disséminant d'emblée sur toute l'étendue de la glande hépatique, presque tous les espaces sont atteints à la fois, quoique à des degrés très différents ; chacun des lobules se trouve donc circonscrit dès le début par plusieurs îlots scléreux (cirrhose monolobulaire). Originairement extra-lobulaire , elle envahit le

CIRRHOSE HYPERTROPIIIQUE.

lobule de la périphérie au centre. Elle s'accompagne dans tous les cas, à son début du moins, de lésions très caractéristiques des voies biliaires.

« A côté des caractères communs, caractères fondamentaux d'où résulte l'homogénéité du groupe, les différences qui distinguent chacune des variétés, bien qu'elles soient d'ordre secondaire, méritent cependant d'être signalées.

« Dans l'une, les canaux volumineux sont toujours les premiers affectés; dans l'autre, au contraire, les fins canalicules sont, suivant toute vraisemblance, atteints d'emblée. En second lieu, dans l'angiocholite ordinaire, malgré la persistance de la cause productrice, la lésion paraît dans la plupart des cas s'arrêter en Chemin; on connaît la phase airophique de la cirrhose par rétention. Dans l'angiocholite spontanée, au contraire, la lésion scléreuse, d'ordinaire indéfiniment végétante, amène à sa suite un des phénomènes les plus caractéristiques de l'affection, l'hypertrophie du foie. L'aiïection décrite par M. Hanot sous le nom de cirrhose hyperlrophique avec ictère, à n'envisager que sescaraclères anatomiques, mérite, en conséquence, d'être rangée au nombre des cirrhoses d'origine biliaire. »

Et MM. Charcol et Gombault opposent cette cirrhose d'origine biliaire, insulaire et unilobulaire à la cirrhose airophique commune qui est une cirrhose porte, annulaire et mullilobulaire, et terminent leur mémoire en décrivant en quelques lignes

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la sclérose intcrcellulairc qu'on observe dans certains cas de syphilis infantile. Ils n'avaient entendu faire, comme ils le disent du reste, qu'une élude préliminaire que des investigations ultérieures conduites à l'aide des mêmes procédés, devaient venir compléter.

Réaction contre la systématisation.

École allemande. — Briecjer. — Lillen. — Kussner. — Thierfelder. — Ackermann. — Mangelsdorf. — Ziegler- Orllt. — Birsch-Hirschfeld.

École française. — Wanuebroucq et Kelsch. — Smre. — Dieulafoy et Guiter (cirrhoses mixtes).

Sabourin [anatomie topographique des cirrhoses).

Brieger* et Litten ^ s'élevèrent les premiers contre la systématisation qui venait d'être formulée.

Signalé par Frei ichs, Liebermeister, Rokitansky, l'envahissement du lobule par la sclérose n'avait été admis qu'à titre exceptionnel par MM. Charcot et Gombault. Ce n'était, suivant eux, qu'à la longue, à la période ultime du processus, que la végétation conjonctive pouvait pénétrer dans le lobule. Brieger eut l'occasion d'observer un fait qui ne cadrait pas

1. BniEGER. Virchow's Archiv, 1879. Bd. LXXV. S. 85. '2. LiTTEx. Charité Annalen. 1878, p. 153.

CIRRHOSE IIYPERTROPIIIQUE.

avec celte manière de voir : dans ce cas il existait autour de la veine centrale une plaque de sclérose d'où partaient des prolongements fibreux qui allaient à travers l'acinus rejoindre d'autres travées venues de la périphérie. Et Litten n'hésita pas à déclarer que « la division en sclérose annulaire ou nuiltilobulaire et insulaire ou unilobulaire est purement schématique et ne tient pas debout ; quand on examine un grand nombre de foies cirrhotiqiies, notamment de vieille date, on voit que le tissu conjonctif ne suit aucune règle dans sa distribution et ne s'hyperplasie pas toujours suivant les mêmes voies, en quantités égales ; on ne pourra admettre davantage une hyperplasie inter et intra-acineuse : le caractère donné par les auteurs français, notamment par MM. Charcot et Gombault et Surre (nulle part la sclérose de Laënnec n'est intra-lobulaire), comme absolu dans la cirrhose alcoolique, n'est au moins pas constant » .

De même que Brieger, Litten ne voulut point accepter la cirrhose hypertrophique comme une entité morbide spéciale. 11 s'appuie sur trois observations d'ictère avec atrophie du foie pour soutenir que la cirrhose dite d'origine biliaire ne diffère en rien de la cirrhose vulgaire et que l'hypertrophie n'est même pas un caractère constant de la forme dite hyperirophique. Il en conclut que les résultats terminaux des deux processus sont entièrement semblables et qu'un œil exercé ne pourra saisir aucune différence sensible entre deux foies atro-

CIRRHOSE IIYPERTRORIIIQUE.

pliiés par sclérose veineuse ou sclérose biliaire.

l'our Kiissner', il est très facile de se convaincre en examinant des coupes de cirrhose primitive que les altérations regardées comme constituant des différences spécifiques se retrouvent très souvent dans une seule et même préparation; enfin les observations actuelles ne démontrent pas avec une certitude suffisante l'existence de deux formes essentiellement distinctes. D'autre part, Thierfelder* donne bien un résumé des travaux français sur la cirrhose hyperirophique avec ictère chronique, mais il va jusqu'à dire, dans sa description de la cirrhose vulgaire, que le foie peut atteindre 5 000 grammes à la première période.

Bien qu'Ackermann'^ considère aussi comme appartenant à ce premier slade un foie sclérosé de 2520 grammes trouvé à l'autopsie d'un homme mort de pneumonie double, il est cependant le premier en Allemagne qui admette la cirrhose hyperirophique. A son avis « cette cirrhose et la cirrhose alrophique sont deux maladies tout à fait distinctes n'ayant ni au point de vue pathogénique ni au point de vue analomique aucun lien de parenté ». A la vérité les explications qu'il fournit diffèrent totalement de celles qui ont cours en France, puisqu'il regarde la première comme d'ori-

\. KiissNER. Sammlung kUmschcr Vorlrâgc, v. Volkmann, W 121, p. 10.

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