‹ La cirrhose hypertrophique avec ictere chroniqueChapitre 13 sur 30 · BiRscii-HinsciiFELD, Path. Anal · texte numérisé non relu

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CIRRHOSE IIYPERTROI'IUQUE.

d'il SOUS ce nom des exemples de cirrhose combinée avec la dégénérescence graisseuse. D'après les faits publiés jusqu'à ce jour, on est autorisé à dire que la cirrhose soi-disant hypertrophique n'est pas une maladie sui generis, mais une modification de la cirrhose commune. Cette modification tiendrait à la localisation même de la néoformation conjonctive autour des voies biliaires. L'affection catarrhale des canaux biliaires qui en résulte nous explique pourquoi l'ictère apparaît. En général, l'hypertrophie du foie qui précède l'atrophie évolue d'une manière latente; mais, si pour différentes raisons la jaunisse survient, l'attention est appelée sur la glande hépatique, qu'on trouve volumineuse. On fait ainsi le diagnostic de cirrhose hypertrophique avec ictère alors qu'il ne s'agit que de la période initiale de la cirrhose commune. « En résumé, il n'y a pas de caractères anatomo-pathologiques suffisants pour séparer la cirrhose hypertrophique de la cirrhose vulgaire. »

Quelques années après la publication de ma thèse et du mémoire de MM. Cliarcot et Gombault, parurent en France un certain nombre d'observations qui, soit au point de vue clinique, soit au point de vue anatomique. ne rentraient pas dans le cadre de la cirriiose atrophique ou de la cirrhose hypertrophique et s'écartaient tout au moins de la systématisation établie.

La première observation de la cirrhose hypertro-

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phiqiie avec ictère chronique qui fut alors relatée appartient à MM. Kelscli et Wannebroucq'. Pour ces auteurs il n'est pas possible de contester à cette affection la place qui lui est assignée dans la nosographie actuelle. Mais, parmi les témoignages invoqués en faveur de son individualité, tous n'ont pas une égale valeur : les caractères cliniques sont dans l'espèce décisifs; quant aux litres anatomiques, il y a lieu de les examiner à nouveau et de préciser davantage leur signification d'après les nouveaux faits acquis à l'histoire de l'hépatite chronique dans ces dernières années. La systématisation mise en avant précédemment pivotait autour du tissu conjonctif péri-veineux ou périlobulaire et ne réservait au parenchyme qu'un rôle absolument passif. Après M. Charcot (Leç. du Progrès médical, 1876), MM. Kiener et Kelsch relevèrent les éléments glandulaires du rôle si effacé qu'on leur prêtait. Ils en vinrent même à considérer l'hépatite paludéenne chronique comme un type de cirrhose épithéliale. Peu de temps après, c'est encore à ce type que MM. Wannebroucq, et Kelsch rapportèrent la cirrhose hypertrophique avec ictère.

Dans un second travail paru l'année suivante, MM. Kelsch et Wannebroucq^ citent deux nouveaux cas et, tout en développant leur manière de voir sur la pathogénie de la lésion, rappellent que ce

1. WANNEDnoucQCt Kelsc». Avcli. de phydologie , 1880, p. 830 'i. W.vsNEDnoucQ et KiiLscii. ^rc/j. de pkijswlogie, '1881,'p. 797.

CIRIUIOSE llYl'IiUTriOl'IlIQUK

soiil les iilloi'alions préLlominanLes du p;irenchyme qui donnent à la cirrhose hyperlrophique son cachet anatomique et caractéristique. Us ajoutent que les caractères hislologiqucs par lesquels on oppose l'une à l'autre les deux formes de cirrhose, hiliaire et veineuse, n'ont pas une valeur ahsolue, hien qu'ils méritent d'être conservés dans leur expression générale. C'est ainsi par exemple qu'on voit dans la cirrhose vulgaire et parfois dès le début les lobules envahis pénétrés plus ou moins profondément par le processus ; et qu'inversement, dans la cirrhose hypertrophique,la disposition annulaire est par places des plus nettes.

Telles sont les critiques qui, ainsi que le diseni MM. Wannebroucq et Kelsch, sans porter atteinte à la partie essentielle de l'œuvre de M. Charcot, s'adressent cependant à la systématisation anatomique des cirrhoses.

Au point de vue clinique les mêmes tendances s'accusent dans les travaux de Surre, de Cyr, du professeur Dieulafoy et de son élève Guitei".

Tout d'abord, au mois de janvier 1879, M. Hardy, dans une clinique de la Charité, rapporte le cas d'un individu de 55 ans qui, entré à l'hôpital avec des troubles digestifs (vomissements, diarrhée, douleur à l'épigastre), de l'ascite, de l'ictère et un affaiblissement considérable des forces, succomba trois mois après le début des accidents en pleine cachexie. « Je crois, professe M. Hardy, qu'il s'agit ici d'un de ces cas mixtes dans lesquels, je ne

CIRRHOSE IIYPERTROPIIIQUE.

saurais trop insister, les altérations de la cirrhose hypertrophique se confondent avec les lésions anatomiqucs de. la cirrhose ordinaire : c'est en un mot un do ces cas dans lesquels la clinique est loin d'être en concordance . parfaite avec ce que nous apprend la pathologie. » Or le foie pesait 1500 grammes au plus, avait une surface inégale et une consistance notablement augmentée. Le pancréas dur, augmenté de volume, paraissait comprimer les canaux biliaires qui étaient considérablement distendus. — Ne s'àgissait-il pas d'une cirrhose biliaire par obstruction due à un cancer de la tête du pancréas? L'histoire clinique rend cette hypothèse tout au moins admissible. — Quoi qu'il en soit, M. Hardy conclut en ces termes : « C'est donc un de ces faits dans lesquels les deux formes de la cirrhose se trouvent associées l'une à l'autre, un de ces cas mixtes qui se présentent de plus en plus fréquemment à l'observation du médecin.» C'est, si je ne me trompe, la première fois qu'il est question de cas mixtes en pathologie hépatique. Le mot fit fortune, comme on le verra par la suite.

La même année, Surre, dans sa thèse sur les diverses formes de la sclérose liépathique, distingue huit variétés de cirrhose ; trois d'entre elles lui servent à classer les cas qui lui paraissent ne pas pouvoir rentrer dans les formes déjà connues : ce sont a la forme anormale de la sclérose atrophique, b la sclérose atrophique mixte ou avec ictère chronique, c la sclérose hypertrophique mixte, sans ictère.

CIimirOSE UYPERTROPIIIQUE.

D'autre pari, M. Cyr* établit la statistique suivante, qui nous renseigne sur la fréquence de l'ascile et de l'ictère par rapport au volume du foie :

f ascite 41 cas. [ ascite 51 cas.

Foie \ ictère 7 cas. Foie ) ictère 22 cas.

petit. ) ictère et gras. ) ictère et

( ascite 51 cas. ( ascite 32 cas.

De ces chiffres il conclut que l'ictère n'est pas absolument lié au volume du foie, et que d'autre part l'ascite s'observe assez communément lorsque le foie est hypertrophié. Partant de ces données cliniques, il émet cette opinion, que dans toute cirrhose le fait fondamental est l'hyperplasie cellulaire, qu'elle ait pour point de départ les ramifications portées, l'artère ou les canalicules biliaires. Quant au mode d'évolution de cette hyperplasie, à son activité, son siège intra ou extralobulaire, aux lésions histologiques qui viendront s'y joindre (néoformation de canalicules biliaires, ètc), ce sont des phénomènes surajoutés et qui n'offrent pas une fixité suffisante pour caractériser une forme plutôt qu'une autre, le catarrhe angiocholitique pouvant à un moment donné compUquer la phlébite porte et inversement.

Enfin, la même année, M. Dieulafoy* publie dans la Gazette hebdomadaire le résumé de ses études

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