Sabouiun. Arck. de physiologie, 1881, p
2. UuTixËL. France médicale, 1881, ir' 50, '>2, 54, 55 cl 57.
CIRRHOSE llYPERTROnilQUE.
arrivé plusieurs fois dans ces dernières années de rencontrer chez des malades tuberculeux des lésions scléreuses du foie, remarquables aussi bien par les manifestations cliniques qui avaient révélé leur existence que par les détails de l'examen histologique. Les sujets qui en étaient atteints avaient ordinairement fait un abus prolongé des boissons alcooliques : c'étaient des buveurs devenus poitrinaires; chez eux le foie s'était altéré sous la double influence de l'alcoolisme et de la déchéance tuberculeuse, et si la tuberculose avait imprimé sa marque à la lésion hépatique, celle-ci avait eu sur l'évolution de la phtisie une influence incontestable.
C'est chez les alcooliques devenus tuberculeux que nous avons rencontré le plus souvent cette cirrhose hypertrophique avec stéatose du foie. Est-ce à dire qu'elle soit propre aux phtisiques? Assurément non. La tuberculisation, processus secondaire, n'a pu jouer qu'un rôle accessoire; elle a sans doute contribué à la production de la stéatose, mais seule n'aurait pas provoqué la cirrhose. Ce qui le prouve c'est, d'une part, que des lésions semblables ont été observées chez des sujets non tuberculeux et, d'autre part, que les scléroses du foie qui peuvent se rencontrer chez les phtisiques sont bien loin de prendre toujours les caractères du foie gros cirrhotique. »
Les deux mémoires précédents suscitèrent plusieurs travaux où en général la plus grande part d'influence est accordée à l'alcool. Toutefois, M. Bel-
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langés sans nier le rôle de l'alcoolisme, considère comme prédominante l'aclion de la tuberculose. Mais il faut arriver à la thèse de mon ancien interne, M. LauthS pour voir la tuberculose prendre la place qui lui appartient en fait dans 1 etiologie des scléroses hépatiques.
« Nous ne croyons pas, dit M. Laulh, que l'étiologie des cirrhoses et- des cirrhoses gi'aisseuses en particulier puisse se résumer dans une seule cause, l'alcoolisme. L'allure rapide de ces affections, leurs nombreuses variétés cliniques, l'infiltration ou la dégénérescence graisseuse du foie qui ne paraît pas être une lésion fréquente de l'alcoolisme, la coexistence d'autres affections viscérales, nous font penser que l'essence même de ces maladies est à chercher autre part, et que si l'alcool intervient de quelque façon, ce n'est qu'en créant dans un organe préalablement irrité et par conséquent très susceptible un locus minoris resislentise. »
Voici l'une de ses conclusions :
« La forme anatomique ordinaire de la cirrhose tuberculeuse est celle qu'on connaît aujourd'hui sous le nom de cirrhose hypertrophique graisseuse, ou de cirrhose alcoolique graisseuse. »
Il n'est pas douteux, en effet, que la tuberculose, parasite figuré et produits solubles, puisse être une cause de cirrhose. Ma conviction est basée sur l'examen de quelques centaines d'observations.