Ladtii. Th. Paris
CIRRHOSE IlYI'ERTROPllIQUE. 47
C'est le résumé de ces recherches faites en commun avec M. Gilbert qui se trouve exposé clans noire mémoire « Sur les formes de la tuberculose hépatique' ». Nous reconnaissons volontiers qu'un srand nombre de nos tuberculeux étaient en même temps alcooliques à des degrés divers ; on pourrait donc nous objecter que les lésions hépatiques que nous avons constatées relèvent non pas de la tuberculose, mais de l'alcoolisme. Cette objection n'est pas valable puisque les mêmes altérations ont été notées chez des adolescents, qui ne pouvaient être suspects d'alcoolisme. En outre, dans plusieurs de nos observations, la tuberculose hépatique, avec les caractères cliniques et anatomiques que nous lui attribuons, s'est développée chez des malades qui depuis longtemps se soignaient sous nos yeux pour une tuberculose pulmonaire préexistante, à l'écart, comme on le-conçoit, de tout abus de boissons. Nous n'hésitons pas du reste à faire remarquer que des lésions presque identiques, mais non identiques à celles que nous décrivons, se rencontrent au cours de l'alcoolisme. Mais ce terme « identique »^ ne deviendrait exact que si l'on faisait abstraction non seulement des tubercules, mais encore des dissemblances histologiques et cliniques, qui ne sont pas sans valeur et sur lesquelles nous insisterons ultérieurement.
Quoi qu'il en soit, la cirrhose liypertrophiquc
1. IIanot et Gilbert. Archives de médecine, novembre ISSlt,. p. 515.
^iS CIRRHOSE IIYPERTROPIIIQUE.
graisseuse alcoolique et l'iiépatile graisseuse liypertroplîique tuberculeuse à forme aiguë ou subaiguë sont des modalités pathologiques bien définies aujourd'hui. Elles constituent des espèces distinctes ((ui, au même litre que la cirrhose irnpaludique, doivent à l ictère et à l'hypermégalie du foie d'avoir été longtemps confondues avec la cirrhose hypertrophique avec ictère chronique.
Ce n'est pas tout encore. Sans compter celles que l'avenir nous réserve peut-être, il en reste au moins deux que je n'ai pas encore signalées : je veux parler de la cirrhose hypertrophique pigmentaire dans le diabète sucré et de la cirrhose hypertrophique alcoolique. Sur la première que j'ai étudiée avec M. Chauffards je ne veux pas insister. Quant à la seconde, elle présente au point de vue qui m'occupe un intérêt particulier, car autant, sinon plus que la cirrhose hypertrophique graisseuse, elle a été l'origine de la confusion qui a régné bien longtemps en France et qui règne encore actuellement en Allemagne dans la plupart des esprits.
Il est entendu que nos voisins rejettent en général la cirrhose hypertrophique avec ictère chronique; peut-être n'ont-ils pas l'occasion de l'observer, car à part le cas d'Ackermann il n'y a dans leur littérature presque aucun exemple qui soit valable et qui se rapporte bien exactement à la