‹ La cirrhose hypertrophique avec ictere chroniqueChapitre 24 sur 30 · Ch. Leroux. Bulletins de la Soc. anal., p · texte numérisé non relu

Ch. Leroux. Bulletins de la Soc. anal., p

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et d'une poussée intense d'ictère. Elle entra dans UQ service de la Pitié. Elle avait alors un foie volumineux, mesurant 19 centimètres de liauloui- (ce diamètre atteignit plus tard 22 centimètres); la rate était également énorme; elle n'avait alors aucune ascite, aucun œdème. Le diagnostic porté fut : cirrhose hypertrophique. Elle sortit au bout de dix semaines à peu près dans le même état, présentant toujours une teinte ictérique assez foncée. Vers le mois de juin de la même année, enflure périmalléolaire, puis apparition de l'asciteà développement très rapide, ayant nécessité une ponction. Depuis plusieurs mois, disparition des règles, peu d'appétit, alternatives de diarrhée et de constipation.

Voici l'état de la malade, le 21 septembre 1877. — Amaigrissement considérable de toute la partie sus-diaphragmatique du corps contrastant avec l'énorme volume des membres inférieurs œdématiés et de l'abdomen distendu par une ascite considérable; peau sèche, écailleuse, de coloration jaune foncé, presque yerdâlre à la face, sclérotiques jaunes.

Les parois abdominales sont œdématiées; la circulation veineuse superficielle est très développée dans les deux tiers supérieurs de l'abdomen, moins visible dans le liiM'S inférieur. En haut, les veines sous-cutanées communiquent au niveau du sternum et des insertions du diaphragme avec les veines profondes et se gonflent dans les efforts de toux; une ponction abdominale permet de retirer

CIIIUIIOSE HYPERTROPllIQUE.

quelques litres de sérosité verdâlre. On sent alors fficilement le foie qui déborde de quatre travers de doigts le rebord des fausses côtes, occupe la région épigastrique et une partie de l'hypochondre gauche. Il est de consistance dure et paraît lisse à la palpation. La rate est difficilement isolée de la matilé hépatique, mais est certainement volumineuse. 11 reste après la ponction une assez grande quantité de liquide dans l'abdomen. — La respiration est gênée par le refoulement du diaphragme. Il n'y a ni diarrhée ni vomissements. Les organes Ihoraciques ne présentent aucun signe particulier. La cachexie est profonde.

En raison de l'augmentation énorme du volume du foie et de la rate, de l'ictère chronique de longue durée, de la marche de la maladie, on croit à l'existence d'une cirrhose hyperlrupliique. On ne trouve dans les antécédents ni alcoolisme, ni syphilis, ni fièvre intermittente. Les seuls phénomènes qui attirent l'attention sont les douleurs qui auraient à un moment donné été considérées comme des coliques hépatiques. Il n'y a pas d'antécédents arthritiques.

Les jours suivants, la dyspnée augmente causée par l'abondance de l'ascite et par un épanchement pleurétique. On fait à huit jours d'intervalle une ponction thoracique, puis une ponction abdominale . Au niveau de l'orifice de la ponction abdominale un érysipèle se déclare qui emporte le malade en quelques jours.

CIRRHOSE IlYPERTROPHIQUE.

A l'autopsie, on trouve un foie volumineux pesant '2 kilog. 170 grammes, complètement déformé. Le lobule de Spiegel et le lobe carré n'existent plus. Le lobe droit est réduit à une petite masse globuleuse, du volume des deux poings à peine. Le lobe gauche, au contraire, a considérablement augmenté de volume et constitue à lui seul les quatre cinquièmes du volume total. Ce lobe, complètement entouré d'une capsule fibreuse fort épaisse, témoignant d'une périhépatile de vieilli' date, offre sur la face inférieure trois grosses nodosités blanchâtres, dures, résistantes, d'apparencLfihro-caséeuse, du volume d'une noisette. La vésicule biliaire, ratatinée, contient à peine quelques grammes de mucosités verdàtres. On retrouve avec peine la veine porte, la veine ombilicale et la veine cave étranglée par le tissu fibreux périphérique, fort épais en ce point. Le parenchyme hépatique tout entier est cirrhosé et semé de nodosités gommeuses.

En somme, c'est un type de foie syphilitique : hépatite gommeuse et hépatite interstitielle; d'un côté, rétraction du tissu fibreux et atrophie du lobe droit; de l'autre, production exubérante de tissu fibreux et augmentation de volume du lobe gauche ; partout atrophie lente et dégénérescence granulograisseuse des cellules du foie, et infillralion de pigment biliaire. Gommes au niveau du hile comprimant ces vaisseaux biliaires et à la période ultime de la veine porte.

CIURIIOSE IIYPERTROPIIIQUE.

« A mon avis, dit M. Ch. Leroux qui rapporte cotte observation, c'est surtout au point de vue clinique que ce fait est intéressant. La syinptomatologie est analogue à celle de la cirrhose hypertrophique, telle que M. Ilanot l'a décrite dans sa thèse : poussées de péri-hépatite douloureuse, ictère chronique avec poussées de temps à autre, épistaxis, etc. Foie volumineux, trouvé lisse à la palpalion, rate volumineuse, absence d'ascite. Dans les derniers mois, ascite, circulation collatérale très développé, œdème, adynamie, cachexie lente. »

Le diagnostic, ainsi qu'il est facile d'en juger, présentait donc de très réelles difficultés. Fortheureusemenl il n'en est pas toujours ainsi. Dans la syphilis hépatique, l'ictère est rare, d'habitude peu marqué et de courte durée (Frerichs),à moins qu'il ne soit dû à une tuméfaction des glandes du hile, comme dans le cas précédent, ou à l'oblitération d'un canal biliaire volumineux par une cicatrice étendue située à la face inférieure du foie. L'ascite peut accompagner l'ictère, si les branches de la veine porte sont comprimées pour une cause quelconque (cicatrice ou adénopathie) . De plus, le foie est loin d'être toujours augmenté de volume, 6 fois sur 17 cas, d'après Frerichs, et présente souvent des déformations, des nodosités dures et douloureuses qui mettent sur la voie du diagnostic. On devra toujours scruter avec le plus grand soin les antécédents du malade, chercher du côté de la peau, des os, des viscères, s'il n'existe pas de trace d'une

CIIUUIOSE IIYPERTROI'IHQUE.

lésion syphilitique éleinle ou en voie d'évolution. En cas de doute, le traitement spécifique ne devra pas être négligé, car il a donné dans plusieurs cas avec la clef du problème une guérison inespérée. Cirrhose biliaire On peut rapprocher de l'observation précédente par réteniion. ^.^^ g^.^g j-^j^ biliaire consécutif à la compression du canal cholédoque par des ganglions lymphatiques volumineux. Il existe un certain nombre d'exemples de ce genre qui furent considérés comme des types de cirrhose hypertrophique avec ictère chronique. Je puis rappeler à ce sujet le fait suivant qui se trouve consigné dans les Liullelins de la Société anatomique'.

Il s'agit d'un jeune garçon de 14 ans, qui devint jaune subitement sans avoir souffert de douleurs hépatiques, sans avoir présenté des troubles digestifs. Depuis deux ans que son ictère durait, il avait eu quelques saignements de nez, avait perdu ses forces et s'était amaigri, bien qu'il eût conservé un assez bon appétit. Voici dans quel état il se trouvait au moment de son entrée à l'hôpital.

L'enlant, qui depuis ses premières années n'avait pas cessé d'avoir des accidenis strumeux, semblait n'avoir qu'une dizaine d'années était absolument cachectique, d'une maigreur extrême. Toute sa peau offrait une coloration jaune, -franchement ii-térique. Au niveau du cou, les ganglions sousmaxillaires et parotidiens faisaient saillie; quel-

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