AuvERNEY. Société anatomique
CIRRHOSE IIYPERTROPIIIOUE.
qiies-uns avaient le volume d'une grosse noix. 11 existait une très notable augmentation de la malilé hépatique et splénique; sur la ligne mamelonnaire le foie mesurait io centimètres. L'ascite faisait défaut et l'examen des organes thoraciques ne révélait rien d'anormal. Le petit malade ne se plaignait d'aucune douleur, mangeait avec un peu d'appétit sans vomir jamais; mais il avait en général plusieurs selles par jour; il se plaignait surtout d'être excessivement faible. En présence de cet ictère chronique datant de deux ans, on pensa à une cirrhose hypertrophique. Le malade mourut bientôt après son entrée dans le service après avoir présenté des hémorrhagies par diverses voies, épistaxis, gencives saignantes, hémalémèses, mœlena.
L'autopsie prouva qu'on s'était trompé. Le foie était fort volumineux et pesait 2000 grammes. En examinant avec soin le bile, on trouva deux ganglions lymphatiques du volume d'une noix comprimant les voies biliaires. Il existait en outre de l'adénopathie bronchique. Quant au foie, il présentait une cirrhose porto-biliaire avec dilatation des canaux de la bile.
Chez un malade que j'ai observé dans le service Cancer noduiuir •lu D-- Bucquoy on songea à l'existence d'un cancer du foie. Les douleurs vives perçues dans la région de l'hypochondre droit, l'augmentation du volume du foie et l'irrégularité de sa surface, due comme on l'a vu plus tard à la péri-hépatite concomitante,
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l'état général mauvais, suggéraient une toile hypothèse. L'iclére même ne s'y opposait pas, car s'il manque dans le cancer massif et s'il est un symptôme tardif dans le cancer nodulaire il peut par exception marquer le déhut de cetle affection, ainsi ([lie le montrent les exemples suivants^ : Un malade dont l'observation a été communiquée par M. Routier à la Société anatomiqueS après avoir eu une pleurésie à droite dont il guérit complètement, fut pris de douleurs dans le côté droit et d'ictère accompagné de décoloration des matières fécales. Un médecin appelé fit appliquer six sangsues sur riiypochondre droit. A son entrée à l'hôpital, le malade présentait une teinte ictériqiie marquée et se plaignait de douleurs dans la région hépatique. 11 n'était pas amaigri, et au premier abord, l'on eût pu croire à un ictère simple. Le foie était considérablement hypertrophié. Plus tard, l'ictère diminua, puis disparut et les signes d'une cachexie à marche rapide précédèrent de quelques joui"s la terminaison fatale.
Un vieillard, dont l'histoire est rapportée par M. Dusaussay, fut atteint brusquement de jaunisse, à la suite d'une émotion morale. Cette jaunisse persista, sans douleur spontanée, sans trouble digestif et s'accompagna bientôt d'affaiblissement
1. Hanot et GiLBEnT. Éludes sur les maladies du foie. 1888. p. 90.
2. Routier. Cancer primitif du foie. Bull. Soc. Anat. 1876, p. 545.
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et d'émaciation. Quand le malade entra à l'iiôpilal, quatre mois après le début de son affection, l'ictère était très foncé, les matières fécales étaient décolorées, la cachexie était profonde, le foie volumineux et marronne. Ces symptômes persistèrent jusqu'à la mort du malade, qui fut précédée pendant quelques jours d'anorexie et de diarrhée.
Mais là encore le doute n'est possible que dans les premiers temps de la maladie, et le plus souvent en pareil cas, l'état général dans la cirrhose ne sera en rien comparable à la cachexie qu'entraîne rapidement le cancer du foie. Si la maladie en est à une période beaucoup plus avancée, la longue durée de l'affection suffira à elle seule pour faire écarter l'hypothèse d'un cancer. D'autre part, dans la sclérose hyper trophique avec ictère, d'une façon générale, l'ictère sera plus intense, l'hypertrophie de l'organe sera beaucoup plus considérable et plus lentement progressive, sa surface antérieure beaucoup moins irrégulière que dans le cancer nodulaire du foie.
J'en dirai autant du cancer secondaire, dont les Cancer symptômes ne diffèrent par aucun trait essentiel secondaire, du précédent et du cancer de la vésicule biliaire. .
Quant au cancer massif, il n'a de commun avec la cancer massif, cirrhose hypertrophique avec ictère que l'hypertrophie lisse du foie et l'absence d'ascite. Les troubles digestifs, la cachexie s'accusent dès le début, l'évolution est très rapide et, loin de compter l'ictère parmi ses symptômes, ce cancer s'accom-
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pagne ordinairement d'hypocliolic ou d'acholie comme en témoigne la décoloration fréquenle des selles.
Cancer delà C'est encore en se fondant sur l'évolution rapide
vésicule biliaire. , • i ^ i- • ■
Cancer de la des accidents, 1 amaigrissement énorme et la catête du pancréas, cliexie profonde, l'augmentation de volume d'ordinaire peu notable du foie et la dilatation delà vésicule biliaire, la décoloration des selles qu'on évitera de confondre malgré l'iclère l'épithélioma de l'ampoule de Va ter ou le cancer de la tète du pancréas avec la cirrhose hypertrophique avec ictère chronique. J'ajoute que le jeune âge des sujets dans cette dernière maladie serait encore un élément précieux de diagnostic si les autres signes n'étaient plus que suffisants pour écarter toute confusion.
Kyste hydalique. Il n'en est pas de même pour ce qui est des kystes hydatiques du foie.
Si le kyste siège à la partie superficielle de la face antérieure de l'organe, la fluctuation qui pourra être perçue indiquera tout de suite de quelle sorte de lésion il s'agit ; de plus, il n'y aura pas d'ictère, à moins qu'un second kyste ne siège au niveau de la face inférieure. Mais si le kyste s'est développé dans la profondeur de l'organe et assez loin de la face inférieure pour que la fluctuation ne puisse être perçue, s'il est situé de telle façon qu'il comprime un certain nombre de canaux biliaires, produisant ainsi un ictère chronique, il sera facile de se méprendre à un examen superficiel. Là aussi on
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aura sous les yeux une affection chronique caractérisée par un ictère permanent, une hypertrophie considérable du foie, sans déformation bien nette de sa forme, avec conservation pendant longtemps de la santé. L'erreur a été commise et les médecins les plus distingués ont pratiqué des ponctions capillaires croyant avoir affaire h un kyste hydatique. Le malade d'Ollivier, pour ne citer qu'un exemple, fut ponctionné par Bouley et H. Guillot.
Instruit par un fait du même genre, M. le professeur Jaccoud» met en garde contre les voussures limitées et saillantes qui donnent à la palpalion la sensation d'une mollesse fluctuante, encore bien qu'elles ne renferment pas de liquide. Voici la description qu'en donne l'éminent clinicien de la Pitié : « Sur la vaste surface de l'organe se détache entre l'appendice xiphoïde et l'ombilic, une protubérance en forme de dôme, qui est assez étendue soit en hauteur, soil en largeur, pour permettre la palpation des deux mains: à ce niveau la surface est lisse et unie comme dans tous les autres points, mais on perçoit une sensation de mollesse plus prononcée qui donne invinciblement l'idée d'une fluctuation véritable. »
La tumeur hydatique alvéolaire, si elle n'était exceptionnelle dans notre pays, pourrait prêter à l'erreur , comme l'indique le passage suivant de la thèse du Carrère : « Cette affection se présente sous
Pseudo-kysle épigastriquc.
Tumeur hydatique alvéolaire.